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Dossier : Coronavirus Covid-19

Coronavirus : l'inquiétude grandit chez les enseignants en vue de la rentrée scolaire

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Par , France Bleu

Alors que le nombre de cas de coronavirus repart à la hausse depuis plusieurs semaines, le monde de l'éducation s'inquiète des conditions dans lesquelles la rentrée scolaire va se faire. Le dernier protocole sanitaire définissant les règles dans les établissements scolaires date en effet de juillet.

Le protocole sanitaire daté de juillet ne rend plus obligatoire le port du masque pour les personnels des écoles maternelles, notamment.
Le protocole sanitaire daté de juillet ne rend plus obligatoire le port du masque pour les personnels des écoles maternelles, notamment. © Maxppp - Rémi DUGNE

De plus en plus de voix s'élèvent pour exprimer l'inquiétude des enseignants, qui s'interrogent sur les conditions dans lesquelles va se dérouler la rentrée scolaire, à partir du 1er septembre. Alors que les contaminations au coronavirus repartent à la hausse, le dernier protocole, établi en juillet, allège les mesures sanitaires en classe.

Disparition des jauges et assouplissement des règles de port du masque

En plein cœur de l'été, les règles de distanciation physique et de brassage ont en effet été nettement assouplies en juillet, permettant à tous les élèves de pouvoir revenir en classe. La mesure de distanciation physique dans les espaces extérieurs n'est plus appliquée ; dans les espaces clos (salles de classe, bibliothèques, cantines...), celle-ci n'est plus obligatoire "lorsqu'elle n'est pas matériellement possible" ou "qu'elle ne permet pas d'accueillir la totalité des élèves".

Assouplissement également en ce qui concerne le port du masque. Ce dernier n'est plus obligatoire pour les personnels de l'école maternelle, ni pour les enseignants se tenant à plus d'un mètre des élèves, en élémentaire, collège et lycée. Les élèves de plus de 11 ans doivent en revanche le porter, dans les espaces clos et extérieurs lorsqu'une distanciation d'un mètre ne peut être garantie.

Un protocole "hors sol"

"À l'école, et en particulier au collège et au lycée, on ne pourra pas faire moins que dans le reste de la société," s'étonne Stéphane Crochet, secrétaire général du syndicat d'enseignants SE-Unsa, au lendemain de l'annonce de la ministre du Travail Elisabeth Borne rendant obligatoire le port du masque en entreprises.

On ne pourra faire moins que dans le reste de la société - Stéphane Crochet, SE-UNSA

"Les rebonds de l'été amènent à se poser un certain nombre de questions", s'interroge de son côté Philippe Vincent, du SNPDEN, premier syndicat des chefs d'établissements, qui note que le protocole de juillet a été "publié à une époque où on était plutôt en phase descendante de l'épidémie".

"On a un peu l'impression que le ministère fait comme si la rentrée était ordinaire", affirme, "préoccupée", Guislaine David, du SNuipp-FSU, premier syndicat du primaire. "Or l'école n'est pas hors sol. La possibilité d'avoir de nouveaux clusters et de refermer éventuellement les écoles, c'est inquiétant pour les collègues". 

Des mesures précises pour les personnels et élèves fragiles - Sophie Vénétitay, Snes-FSU

"Il faut des ajustements très précis et très conjoncturels", ajoute Sophie Vénétitay, du Snes-FSU, premier syndicat enseignant dans le second degré. Elle voudrait ainsi que soit "renforcée la règle s'agissant du port du masque", réclame davantage d'aération des salles de classes, des mesures précises pour "les personnels et les élèves fragiles", et des détails concernant les enseignements spécifiques. Comment faut-il manipuler le matériel en cours de sciences ? Faut-il continuer à pratiquer la chorale en musique ? Dans quelles conditions maintenir l'exercice de sports collectifs ?

Le ministère ouvre un dialogue avec les syndicats

Des questionnements et une inquiétude également soulevée par des soignants. Un collectif de médecins a réclamé, dans une tribune publiée dans Libération, de "rendre obligatoire le port du masque dans tous les espaces clos", y compris "dans toutes les salles de classe et amphithéâtres, et aussi d'encourager (...) les cours à distance et la réorganisation de classes avec des effectifs moins nombreux". 

Dans le journal Le Monde daté ce mercredi, sept sociétés savantes de pédiatrie ont réclamé "le recours à des tests plus rapides que les PCR et des règles plus claires face aux suspicions de cas en collectivité", estimant que la réapparition des traditionnels virus de l'automne va rendre encore plus difficile l'identification des cas de coronavirus. 

Interrogé, le ministère de l'Education a souligné que le protocole pouvait s'"adapter aux réalités du terrain à travers les échanges, au plan local, entre les préfets, les recteurs, les agences régionales de santé et les collectivités territoriales". Des syndicats ont d'ores et déjà demandé le report de la rentrée scolaire, comme par exemple dans la Vienne, et demandé des rendez-vous dont certains sont calés en début de semaine prochaine. À ce stade, le ministre Jean-Michel Blanquer doit s'exprimer lors de la conférence de rentrée le 26 août.

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