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Dossier : Coronavirus

Coronavirus : la presse régionale garde le lien avec ses lecteurs, mais les ventes chutent

En cette période de confinement, la presse s’est réorganisée pour continuer à informer ses lecteurs. Mais le journal a du mal à être distribué, la publicité fait défaut, ce qui met certains titres en difficulté.

Des clients attendent avant même l'ouverture du marchand de journaux
Des clients attendent avant même l'ouverture du marchand de journaux © Radio France

La crise du coronavirus est loin d’être une aubaine pour la presse écrite et pour les marchands de journaux. Dans les jours qui ont précédé l’entrée en vigueur du confinement, les journaux se sont arrachés, mais depuis que chacun doit rester chez soi, les ventes sont en chute libre. 

Du journal papier au numérique

Certains marchands de journaux qui figurent sur la liste des « commerces indispensables » autorisés à rester ouverts ont dû réduire leurs horaires d’ouverture face à la raréfaction de la clientèle.

Il y a pourtant des exceptions. En milieu rural notamment. « La presse se vend bien, ils y tiennent à leur journal » témoigne Hervé Gristi, il tient un bureau de tabac presse multi service à Saint-Nicolas-de-la-Grave, village de 2000 habitants dans le Tarn-et-Garonne. « Il y a certaines personnes qui ne viennent plus, elles nous demandent de mettre « la Dépêche » de côté, on va leur livrer avec le pain. Les gens veulent quand même leur journal tous les matins. Par ces temps de confinement, ils aiment bien savoir ce qui se passe. _Ils veulent des informations autre que la télé_, parce que les chaines, elles tournent en boucle, on y parle de la capitale, de Strasbourg. On a beau dire internet, ceci, cela, mais bon pour les personnes âgées, et même pour des personnes plus jeunes, le journal c’est important. Ils sont à la maison, ils veulent des nouvelles locales. »

Hervé Gristi, buraliste marchand de journaux à Saint-Nicolas-de-la-Grave

Le "Journal d'Ici" garde le lien avec ses lecteurs

Depuis l’annonce du confinement, les rédactions des journaux ont du se réorganiser et s’adapter pour maintenir le lien avec leurs lecteurs. 

« Nos journalistes et nos correspondants locaux se sont mis en télétravail. Mais nous devons encore rencontrer des gens, prendre des photos, des équipes continuent donc d’aller sur le terrain, même si nous avons appris à travailler à distance. Nous avons été dans l’obligation de revoir notre pagination à la baisse, puisque _les recettes publicitaires des journaux ont chuté_. Il a fallu réorganiser notre chaîne de production de l’imprimerie aux points de ventes » explique Pierre Archet, le directeur du « Journal d’Ici » distribué à 10 000 exemplaires sur le Tarn et le Lauragais. 

Le journal continue à être distribué dans les 250 points de vente habituels qui restent majoritairement ouverts, mais en raison du confinement, les ventes sont en chute libre. « Les gens qui sont confinés ne sortent pas et n’achètent pas le journal, c’est pourquoi nous proposons aux lecteurs d’acheter la version numérique de notre hebdomadaire sur notre site internet. Nous allons proposer un abonnement spécial à 6 € sur notre version numérique pour la durée du confinement. » ajoute le directeur du « Journal d’Ici ». « Nous espérons pourvoir retrouver tous ces lecteurs dès que la crise sanitaire sera levée. »

Pierre Archet - directeur du "Journal d'Ici"

Le formulaire d'attestation de déplacement à découper

Le Journal d’Ici a adapté la ligne éditoriale à cette nouvelle situation. « Nous avons pris le parti pris de sortir du discours anxiogène _de la crise sanitaire actuelle dans la plupart des médias, en mettant en avant les aspects positifs, parce qu’il y en a. Cette crise inédite resserre les liens amicaux et familiaux, elle forge les solidarités. Le rôle d’un hebdomadaire local comme le nôtre est de relayer les initiatives qui s’organisent pendant ce confinement. C’est aussi être au service de nos lecteurs_. Nous publions dans le journal les fameux formulaires d’attestation de déplacement que parfois les gens ne peuvent pas imprimer chez eux. Nous développons aussi des conseils de vie quotidienne dans le journal , mais aussi dans la version numérique. Dès la semaine prochaine, nous enverrons une newsletter trois par semaine à nos abonnés , avec des conseils et des vidéos, pour réussir un plat en famille, des conseils de lecture, de coaching en activités physiques…nous publions également six pages spéciales de jeux à faire à la maison. »

« Aujourd’hui, l’important est de garder le contact avec nos concitoyens qui attendent d’un média local, une information de qualité dans la proximité, de savoir ce qui se passe autour de chez eux pendant cette crise. » ajoute le directeur du « Journal d’Ici » qui s’inquiète de la parution de son journal qui est distribué normalement le Jeudi. La Poste étant aux abonnés absents certains jours, il sera sans doute distribué avec un jour de retard.

"La Poste annonce qu’elle ne distribuera la presse que trois jours par semaine, pour nous hebdo c’est un peu moins problématique, pour les quotidiens, c’est une catastrophe."

Le PDG de la Dépêche menace de saisir la justice

Invité de France Bleu ce Jeudi matin, Jean-Michel Baylet, le patron du groupe de presse La Dépêche (La Dépêche du midi, Midi Libre, Centre Presse, L’Indépendant), annonce  vouloir saisir la justice contre La Poste qui a décidé de réduire ses tournées en pleine crise du coronavirus.

"La Poste a décidé unilatéralement de ne plus livrer que trois jours par semaine", dit Jean-Michel Baylet qui dénonce cette décision qui va encore plus pénaliser la presse écrite. Les ventes du groupe ont baissé d'environ 15% depuis le début du confinement.

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