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Coronavirus : la suspension des visites dans les Ehpad sépare et attriste un couple de retraités du Val-d'Oise

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Par , France Bleu Paris, France Bleu

Le gouvernement suspend toutes les visites de personnes extérieures dans les Ehpad en raison du coronavirus. Mireille ne peut plus aller voir son mari, Renato, qui loge dans la maison de retraite de Parmain, dans le Val-d'Oise. Elle s'inquiète pour la santé de son époux, qui risque de déprimer.

Le gouvernement suspend les visites dans les Ehpad à cause du coronavirus
Le gouvernement suspend les visites dans les Ehpad à cause du coronavirus © Maxppp - Vincent Isore

"Pour lui, ça va être terrible", s'attriste Mireille. Elle ne peut plus rendre visite à son mari, Renato, qui vit dans l'Ehpad de Parmain, dans le Val-d'Oise. Le gouvernement a décidé de suspendre toutes les visites de personnes extérieures dans les maisons de retraite, pour protéger les résidents du coronavirus. Une décision difficile à accepter pour ce couple, ensemble depuis 74 ans, et qui ne veut pas se séparer.

Plus de visite depuis quatre jours

"Déjà la semaine dernière, les visites étaient filtrées, ça ne l'enchantait pas de trop, il me réclamait, il avait la sensation d'être abandonné", raconte Mireille, 76 ans. La dernière fois qu'elle a vu son mari, 77 ans, c'était samedi dernier, le 7 mars, ensuite la maison de retraite a suspendu les visites avant même la décision du gouvernement.

Ils se sont eus au téléphone le lendemain, mais pas depuis. "Il n'est pas capable de faire un numéro et de prendre le téléphone tout seul", explique Mireille, car Renato souffre de la maladie de Parkinson et n'a pas toute l'agilité nécessaire. "Il faut qu'on lui passe le téléphone et qu'il puisse me parler, mais les services de l'Ehpad ont l'air d'être un petit peu débordés. Depuis dimanche je l'ai eu une fois, et autrement je ne l'ai pas eu parce que ce n'était pas possible, il y a toujours quelque chose qui empêche", regrette-t-elle.

Renato se sent abandonné

Renato a déjà dit à Mireille qu'il se sentait "mis au rencard". Il lui a dit "tu m'as mis au placard". Difficile à entendre pour cette épouse attentionnée, mais elle comprend qu'il se sente "délaissé"

Le septuagénaire est entré dans cet Ehpad il y a seulement quelques semaines, pour se remettre d'une opération après une chute et le temps que le couple déménage dans un appartement sans escalier, donc plus pratique. Aujourd'hui, "il croit qu'on lui a menti", regrette son épouse : la moitié des activités promises sont annulées car les intervenants venaient de l'extérieur, et surtout il ne peut plus la voir ni voir leurs enfants.

Vous savez, se séparer au bout de 74 ans, ce n'est pas évident. - Mireille

"Ça fait 74 ans qu'on est ensemble, confie Mireille, la voix tremblante. On est ensemble depuis l'école maternelle. On a fait toute notre scolarité ensemble. On a travaillé ensemble toute notre vie. Vous savez, se séparer au bout de 74 ans, ce n'est pas évident."

Mireille a peur qu'il déprime et "se laisse aller"

Mireille trouve que le gouvernement et les services sanitaires prennent trop en compte l'aspect médical et oublient le bien-être, les sentiments, l'amour, et la nécessité de garder un contact avec ses proches. "Chez des personnes âgées ou des personnes malades, il n'y a pas que le côté médical qui compte. Le fait de couper les visites pour lui, ce n'est pas bon du tout."

"Si le moral ne va pas, moi je le connais mon mari, je sais comment il est, il ne va plus manger, il ne va plus vouloir bouger, il va se mettre dans un fauteuil, il va se mettre en boule et il va se couper complètement du reste", s'émeut-elle.

"Est-ce qu'il n'aurait pas fallu donner aux Ehpad plus de protections pour les visiteurs, pour quand même continuer à avoir un contact ?", s'interroge Mireille avant de fondre en larmes : "Si le moral ne va pas et qu'il se laisse aller, il n'y a pas d'autre mot, alors là, bon, il ne mourra pas de l'épidémie mais comment on va le récupérer dans un ou deux mois ? Là, il sera peut-être complètement déboussolé."

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