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Dossier : Coronavirus Covid-19

Coronavirus : le Covid-19 est plus dangereux qu'une grippe

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Par , France Bleu Maine
Le Mans, France

Le docteur Joël Pannetier est référent pour les situations sanitaires exceptionnelles au centre hospitalier du Mans. Ce médecin urgentiste est catégorique. Non le gouvernement n'en fait pas trop pour lutter contre le coronavirus.

Des ambulances (SAMU, pompiers, ambulances privés) devant les urgences du centre hospitalier du Mans (Sarthe) le 14 février 2020.
Des ambulances (SAMU, pompiers, ambulances privés) devant les urgences du centre hospitalier du Mans (Sarthe) le 14 février 2020. © Radio France - Alexandre Chassignon

Il est l'un des experts qui a été consulté par le ministère de la santé pour lutter contre le coronavirus, le docteur Joël Pannetier est médecin urgentiste à l'hôpital du Mans. Il est aussi un des référents pour faire face aux situations sanitaires exceptionnelles. Alors que beaucoup de Français et de Sarthois se demandent si les mesures prises pour lutter contre l'épidémie ne sont pas excessives, Joël Pannetier est catégorique. "Je ne pense pas qu'on en fasse trop. On est face à une épidémie que l'on ne connaît pas, face à un virus que l'on ne connaît pas et cela change tout".  Alors que beaucoup de gens tentent de comparer le coronavirus à la grippe, le médecin urgentiste rappelle que " pour la grippe il y a un vaccin" contrairement au Covid-19 où il faudra au moins un an et demi pour élaborer un remède. "Malgré ce vaccin qui protège les personnes les plus fragiles, la grippe tue en France 8000 à 10 000 personnes chaque année. Or le coronavirus, pour ce que l'on sait aujourd'hui, est deux à trois fois plus contagieux que la grippe et qu'il est à peu près deux fois plus dangereux en terme de mortalité que la grippe. Ce qui laisse des perspectives qui peuvent être préoccupantes". 

Le docteur Pannetier, Joël Pannetier rappelle que le Covid-19 est plus dangereux que la grippe

Plus contagieux et plus dangereux que la grippe   

Joël Pannetier avance le chiffre d'un taux de mortalité de 1 % pour ce coronavirus contre 0.1% pour la grippe. Alors si pour l'instant, selon un dernier bilan, 48 personnes sont mortes du Covid-19, "la question est de savoir combien de personnes seront touchées ? 1% de mortalité de combien ? Et c'est pour cela qu'il faut qu'on mette en place toutes les mesures possibles pour ralentir l'épidémie puisqu'on sait qu'en ralentissant on diminue l'importance, le volume de personnes atteintes et donc la mortalité au final". Il faut aussi gagner du temps pour éviter d'encombrer les urgences de l'hôpital du Mans.

Des unités spéciales coronavirus créées à l'hôpital du Mans 

Pour le moment les urgences de l'hôpital du Mans ne sont pas saturées selon le docteur Pannetier. "Il y a même une diminution de l'activité pour les pathologies courantes car les gens se présentent moins à l'hôpital et tant mieux car cela nous permet de dégager un peu de temps pour prendre en charge tous ces patients". Ces patients, dit "cas possibles", qui sont suspectés d'être contaminés par le coronavirus et pour lesquels il faut mettre en place des mesures de protections extrêmement importantes. "Systématiquement ces malades doivent être dans une chambre seule. Rien que cela aux urgences, c'est extrêmement lourd. On a du complètement modifier l'architecture des urgences. On crée une zone identifiée spécifique pour ces cas possibles avec des personnels dédiés en plus des personnels habituels, avec des tenues de protection différentes et des procédures en terme de prélèvements biologiques qui sont complètement différentes". Plusieurs unités spécifiques au coronavirus ont été mises en place depuis un mois à l'hôpital du Mans. "Nous avons créé un centre ambulatoire de consultation de coronavirus ce qui nous a permis de dépister les gens sans les faire rentrer dans le système hospitalier. On les rappelle seulement quand le résultat est positif pour les faire revenir à l'hôpital sinon ils restent chez eux. Ce qui permet de diminuer la charge. On a crée une unité spéciale pour les patients diagnostiqués positifs". 

L'hôpital du Mans a créé plusieurs unités spéciales coronavirus

Anticiper ce qui peut arriver 

Le docteur Pannetier n'exclut pas que les urgences soient à un moment débordées par l'épidémie comme en Italie. "Cela fait partie des hypothèses très probables. Donc on se prépare à cela. On cherche à freiner l'épidémie pour diminuer l'impact mais on travaille aussi en amont le plan d'après... on imagine comment restructurer notre hôpital. On se sert des données de l'Italie, de la Chine, de la Corée, de Singapour". 

Une épidémie qui va durer 4 mois

Selon Joël Pannetier, cette épidémie pourrait durer quatre mois.  Les appels au Samu-centre 15 ont augmenté de "30 à 40% avec des appels qui sont beaucoup plus longs que d'habitude parce que parfois il faut faire des vraies enquêtes autour du cas, programmer des consultations. Tout cela prend beaucoup de temps et beaucoup de personnes".  Pour l'instant, l'hôpital fait face. Il y a des masques et des gels hydroalcooliques en suffisance mais " on est sur un fil. Pour l'instant on est équipé. Par contre, les stocks sont suivis au jour le jour". Le médecin urgentiste se prépare aussi au passage à la phase 3 du plan. " Les patients atteints qui vont bien car je rappelle que 85 % des personnes contaminées vont très bien. Elles pourront rentrer chez elles et peut être qu'on arrêtera de les prélever ce qui allégera la prise en charge". 

Se laver les mains en attendant le vaccin

En attendant l'élaboration d'un vaccin qui ne sera pas disponible sans doute avant "un an et demi" selon le docteur Pannetier, d'autres solutions sont testées. "On sait que contre la grippe par exemple, pour les malades les plus graves, on a des traitements curatifs qui diminuent la mortalité de ceux qui sont en réanimation. Il y a une trentaine d'études sérieuses en cours sur des molécules pour le coronavirus, certaines sont déjà testées dans les services de réanimation en France. On a de bons espoirs mais nous sommes encore qu'en phase d'essais cliniques. Le plus important est de respecter des mesures simples comme se laver les mains " car c'est le principal vecteur de contamination. On sait que le virus peut rester de 3 heures à 9 jours sur une surface plane. On ait aussi que nous nous touchons le visage une fois par minute en moyenne. Donc les mains sont le principal vecteur de communication du virus. C'est pour cela qu'il est important de se laver les mains plusieurs fois par jour. D'arrêter de se serrer la main, de s'embrasser et de tousser dans son coude. Des mesures "barrière" contre l'épidémie. C'est la transmission du virus qui est la base de l'épidémie". 

Les mains sont le principal vecteur de transmission du virus

L'interview complète du docteur Joël Pannetier est à retrouver ici 

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