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Coronavirus : le projet d'application StopCovid critiqué par plusieurs chercheurs nancéiens

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Alors qu'un débat et un vote sont prévus à l'Assemblée Nationale la semaine prochaine, une quinzaine de chercheurs en cryptologie dont cinq nancéiens publient un article dans lequel ils décrivent les failles potentielles de l'application StopCovid en cours de conception, pour freiner l'épidémie.

Illustration de l'application StopCovid Illustration de l'application StopCovid
Illustration de l'application StopCovid © Maxppp - Bruno Levesque

Ils mettent en garde avant la possible mise en place de l’application mobile StopCovid sur laquelle travaillent de nombreux scientifiques en France et en Europe. Une application qui permettrait de vous indiquer si vous avez été en contact avec un malade du coronavirus, via votre smartphone. Quinze chercheurs en cryptologie dont cinq de Nancy (Inria Nancy, Loria, CNRS) expriment leurs doutes dans un long article publié sur internet et titré : "Le traçage anonyme, dangereux oyxmore" . Pour eux, l’anonymat des utilisateurs ne peut pas être totalement garanti et le recours au bluetooth peut exposer à des cyber-attaques.

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De nombreux mauvais usages possibles

Une application comme celle là ne serait pas sans risque concernant notre vie privée, explique Emmanuel Thomé, directeur de recherche à l’INRIA Nancy (institut national de recherche en sciences et technologies du numérique) et signataire de cet article : 

"Il y a un aspect d'oxymore dans la démarche en voulant à la fois tracer et préserver la vie privée de tout un chacun. Notre démarche est motivée par le fait de vouloir montrer ce que peuvent être de mauvais usages de ce genre de techniques. Le débat doit avoir lieu en mettant en balance ce que nous illustrons avec nos compétences d'une part, et les bénéfices supposés sur le plan épidémiologique, mais ça c'est un domaine sur lequel on ne se prononce pas."

Selon ces chercheurs, il est impossible de garantir la protection de la vie privée sans aucune faille. Les limites du système seraient même nombreuses à en croire ces spécialistes qui ont imaginé quinze scénarios.

Rien n’empêcherait un hypocondriaque, par exemple, de déposer un téléphone avec l’application dans le hall de son immeuble pour être prévenu dès qu’un habitant du bâtiment est infecté. Pas d’obstacle non plus à ce qu’un recruteur active l’application sur un téléphone dédié lors d’un entretien d’embauche et fasse son choix de candidat en fonction de leur état de santé.
Sans parler des failles de sécurité du système Bluetooth lui même qui a montré par le passé qu’une personne malveillante pouvait prendre le contrôle de votre appareil.

Le gouvernement se veut rassurant

Il n’y a pas forcément besoin d’y connaitre grand chose pour contourner le système selon ses chercheurs qui appellent à ce que le débat ait lieu . Le gouvernement se veut rassurant sur la question de la protection des données. Selon le secrétaire d'Etat chargé du numérique, Cédric O, l'application StopCovid respectera toutes les règles concernant les libertés publiques et son utilisation se fera sur la base du volontariat.

La CNIL, la commission nationale informatique et libertés, doit rendre un avis avant le débat à l’Assemblée Nationale les 28 et 29 avril. Débat suivi d'un vote des députés.

Dans une tribune publiée le 18 avril, le PDG de l'Inria, Bruno Sportisse , expliquait les grandes lignes du fonctionnement de cette application, sur laquelle l'institut travaille. Il expliquait que ce projet n'était pas terminé et devait être "challengé", "soumis à la critique de ses pairs" comme tout projet scientifique. Bruno Sportisse qui notait également que la mise en application de StopCovid ne se ferait pas sans les concepteurs de système d'exploitation que sont Google et Apple notamment, qui devront autoriser le fonctionnement du bluetooth en permanence, ce qui n'est pas le cas

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