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Dossier : Coronavirus

Coronavirus : le récit d'un Béarnais expatrié en Chine, entre Wuhan et Shanghai

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Par , France Bleu Béarn

Fabien Dupuy, béarnais installé en Chine depuis près de 10 ans, raconte comment il a vécu ces derniers mois, depuis l'apparition du covid-19.

Fabien Dupuy, expatrié béarnais en Chine, raconte comment la vie sur place s'est organisée différement.
Fabien Dupuy, expatrié béarnais en Chine, raconte comment la vie sur place s'est organisée différement. - © Fabien Dupuy

Fabien Dupuy n'est pas encore tout à fait rassuré. "Il y a toujours une appréhension, décrit-t-il, les restaurants ont rouvert, j'ai lancé la boutade aux collègues chinois en demandant si on y allait, ils m'ont dit : « Houlà, on va encore attendre un peu ! »"

Fabien Dupuy raconte la propagation du covid-19 en Chine

« Je ne tiens pas à mourir ici »

Ce Béarnais installé en Chine a vécu tous les épisodes de la crise du coronavirus, des débuts peu alarmants, à la prise de conscience, les déplacements anxiogènes, le confinement et la débrouille. "Ça a démarré par de simples nouvelles qui se sont aggravées fortement pendant que nous fêtions le Nouvel An Chinois là où vit mon épouse dans la province du Sichuan", se remémore Fabien Dupuy, chef de projet pour une société chinoise basée dans la province de Anhui, à mi-chemin entre Wuhan, l'épicentre de l'épidémie, et Shanghai. Et puis tout s'est très vite enchaîné : "Tout s'est arrêté net, ça a été la grosse cata, tout a commencé à être bloqué", raconte l'expatrié. 

Le début du confinement de Wuhan a déclenché une réaction en chaîne explique Fabien Dupuy : "Pour parler franchement, c'était plutôt angoissant, je me suis même dit : « Je ne tiens pas à mourir ici », je voulais absolument rentrer... mais pour rentrer il fallait que je prenne le train et l'avion, et donc croiser des gens potentiellement infectés asymptomatiques. Avec mon épouse on s'est finalement dit que c'était peut-être mieux que je reste. On n'a pas quitté l'appartement pendant un mois et on est passé entre les gouttes".

Pour la Saint-Valentin, même les bouquets étaient garnis en masques !
Pour la Saint-Valentin, même les bouquets étaient garnis en masques ! - © Fabien Dupuy

Confinement et débrouille

Les règles qui s'appliquent alors sont très strictes : interdiction de sortir à plus d'une personne par famille, tous les deux jours, et uniquement pour se ravitailler au marché le plus proche. Fabien Dupuy se dit aujourd'hui "effaré" de la manière dont les premiers jours de la crise ont été gérés en Europe et en France : "Quand j'ai lu que le match Lyon-Juventus avait été autorisé ! Si on avait voulu disséminer le virus... Je pense que l'exemple de la Chine, un confinement brutal, même si c'est extrême, c'est la meilleure option".

Fabien Dupuy : "On s'est retrouvés sans masques !"

En Chine comme en France, la question des équipements de protection s'est posée, et le Béarnais a dû faire avec les moyens du bord : "Ça a été la panique totale, quand les mesures se sont durcies, plus moyen de trouver de masques... Le e-commerce est très à la mode en Chine, et des gens ont commandé des milliers de masques, donc quand vous passiez commande, la date de livraison était très incertaine. Pendant une semaine ou deux on a dû faire avec des écharpes ou des foulards, après on en a eu grâce à des connaissances. Et puis, même avec le masque, dans la rue tout le monde instinctivement s'évite, au-delà du mètre réglementaire".

Une commande de masques pour Oloron

Début mars, Fabien Dupuy a fait huit heures de train pour retourner sur son lieu de travail. "Pas plus d'un passager par rangée, masque, gants et gel hydroalcoolique pour tout le monde, on nous prenait la température à l'entrée, mais je n'étais pas plus rassuré que ça" raconte l'Oloronais.

Dans les trains, pas plus d'une personne par rangée, et tout le monde bien protégé.
Dans les trains, pas plus d'une personne par rangée, et tout le monde bien protégé. - © Fabien Dupuy

Et puis, par un groupe de discussion d'expatriés français, la solidarité se met en place pour tenter de faire parvenir des masques en France. Ainsi, Fabien Dupuy a joué les intermédiaires pour la ville d'Oloron-Sainte-Marie. La commune attend ses masques dans les prochains jours, mais son maire ne veut pas se réjouir trop tôt, échaudé par les récentes annonces de masques détournés par les États-Unis.

Fabien Dupuy : "On fait un peu la passerelle"

En Chine, l'activité reprend peu à peu normalement, Fabien Dupuy continue de suivre la construction d'une usine de fabrication de pièces mécaniques par la métallurgie des poudres. Tout se fait avec les équipements de protection obligatoires, et l'obligation de surveiller sa température encore deux fois par jour. "Même si le pic de la vague semble être passé, les gens sont encore loin d'être tranquilles" assure l'expatrié.

En Chine, "l'après" a déjà commencé, mais se fait toujours sous protection.
En Chine, "l'après" a déjà commencé, mais se fait toujours sous protection. - © Fabien Dupuy
Masque de protection obligatoire, et relevé de températures deux fois par jour.
Masque de protection obligatoire, et relevé de températures deux fois par jour. - © Fabien Dupuy
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