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Coronavirus : les pompes funèbres sous tension

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Par , France Bleu Paris
France

Parmi les secteurs très sollicités durant cette crise sanitaire, celui des pompes funèbres. Les opérateurs qui accompagnent les défunts contaminés ne sont pas toujours protégés. Ils risquent également de manquer de matières premières pour mener à bien leur activité.

Photo d'illustration
Photo d'illustration © Maxppp - Rémy Perrin

Richard Feret, directeur général de la confédération des pompes funèbres et de la marbrerie, était interviewé ce mardi matin sur l’antenne de France Bleu Paris par Mélodie Pépin.

Peut-on encore assister aux obsèques de nos proches ?

Oui, mais dans des conditions extrêmement restreintes. Jusqu'à nouvel ordre, les inhumations et crémations doivent se limiter au tout premier cercle familial, avec les ascendants et les descendants seulement. Et la règle est vingt personnes maximum lors des cérémonies, quelque soit le lieu où elles se déroulent (lieu de culte, cimetière, crématorium), sauf si l’établissement a pris des mesures drastiques. Il est parfois possible de trouver des solutions, en différent l’hommage par exemple.

L’objectif des opérateurs funéraires est de continuer à servir les familles avec humanité, dignité et respect. Ils sont chaque jour 25.000 femmes et hommes à effectuer ces métiers de l'ombre.

Il n’est plus possible de se rassembler lors de la cérémonie, de signer le registre, de s’embrasser ou de s’étreindre. Comment, dans ces conditions, faire son deuil ?

Les familles et les proches comprennent bien la situation globalement. Les gens ont bien pris la mesure des choses. Et notre devoir va être de les orienter ensuite vers des structures qui pourront les accompagner pour commencer ou continuer à faire ce travail de deuil*.

Comment les personnels des pompes funèbres qui sont en première ligne réagissent ? On entend dire que des agents refusent de remplir certaines de leurs missions...

Ces situations là sont très marginales. mais il faut reconnaître que cette situation nécessite pour nous une réorganisation. Il n’y avait pas de difficulté avant l’apparition du Covid 19, et la tension provient essentiellement d’une chose : sur les 50.000 obsèques réalisés en moyenne chaque mois, environ 15.000 se déroulent habituellement hors milieu médicalisés. Et nous manquons, comme beaucoup d’autres professions, d’équipements de protection individuelle, en particulier de masques. Ce qui stresse une partie de nos personnels qui exposés. Mais par chance nous sommes dans une période de mortalité plutôt faible. 

Existe-t'il un risque de contamination avéré après la mort ?

Nous avons interrogé le Haut conseil de la santé public. Personne ne sait répondre à cette question pour l’instant. La contagiosité semble faible mais elle peut exister. Charge à nous de justement nous prémunir à travers la mise dans une house étanche, à travers le port d'équipements de protection pour garantir la sécurité de nos personnels. Mais ils nous font défaut.

Dans ces circonstances là, comment préparez-vous le défunt ? 

Les thanatopracteurs ne peuvent plus faire de toilettes ni de soins de conservation, sur les défunts décédés du Covid 19, en France.

Cette situation pose-t'elle problème par ôter les prothèses qui fonctionnent à pile, comme les pacemakers, et que vous retirez pour ne pas polluer les sols ?

C’est effectivement l’une de nos difficultés actuelles. Il faut que l’on procède autrement. Nous en discutons avec nos autorités de tutelle. Car effectivement,  une fois que le défunt atteint du Coronavirus est placé dans une housse, nous devons la rouvrir. Cela suppose une coordination des moyens difficile à mettre en œuvre. Mais on se doit de retirer toutes les prothèses fonctionnant avec des piles.

Vous devez faire face à un autre type de problème : celui de continuer l'activité alors que vos fournisseurs sont à l'arrêt. Cela vous inquiète-t'il ?

Cela fait plus que nous inquiéter. Les centrales à béton, les fabricants de caveau sont malheureusement fermés, ainsi que les magasins distributeurs d’outillages et de matériaux. Il nous reste encore un peu de stock mais il arrive à termes et nous allons avoir une vraie difficulté pour les travaux dans les cimetières.

* Ces nouvelles règle, en période de confinement, perturbent l'indispensable travail de deuil au point de risquer d'entraîner un choc durable, selon des psychologues.

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