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Coronavirus : pourquoi de nouveaux clusters apparaissent dans les Ehpad, malgré la vaccination ?

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Par , France Bleu
France

Deux mois après le début de la campagne vaccinale, la quasi-totalité des résidents d'Ehpad volontaires ont reçu leur première dose. Pourtant, même si la situation s'améliore pour les résidents selon certains médecins, cela n'empêche pas la formation de clusters dans les établissements.

Une résidente d'Ehpad vaccinée. Image d'illustration
Une résidente d'Ehpad vaccinée. Image d'illustration © Radio France - Guillaume Bonnefont

Ils ont été les premiers vaccinés : les résidents des Ehpad. Au lancement de la campagne vaccinale française le 27 décembre dernier, le gouvernement a d'abord mis le vaccin Pfizer-BioNTech - le premier validé dans l'Union européenne - au service des plus âgés et des plus fragiles. Car si l'on regarde les chiffres, les plus de 80 ans représentent près de la moitié des personnes hospitalisées et environ 65% des décès.

A ce jour, quasiment tous les résidents en Ehpad qui le souhaitent ont été vaccinés.
A ce jour, quasiment tous les résidents en Ehpad qui le souhaitent ont été vaccinés. © Radio France - franceinfo

Aujourd'hui, presque deux mois plus tard, où en est-on ? Au 16 février dernier, la Direction générale de la Santé (DGS), affirmait que 74% des volontaires dans les Ehpad avaient reçu leur première dose et que 32% avaient eu les deux doses et étaient donc totalement vaccinés.

Selon Olivier Guérin, membre du Conseil scientifique et professeur de gériatrie au CHU de Nice, invité ce mardi matin sur franceinfo : "Plus des trois quarts des résidents d'Ehpad qui sont éligibles à la vaccination l'ont été [...] Nous avons une couverture vaccinale qui est de grande qualité dans les Ehpad. Le sentiment sur le terrain c'est que _nous commençons à avoir moins de résidents touchés_. Il y a moins de clusters dans les Ehpad que ce que nous avons connu ces derniers mois."

Un vaccin qui n'empêche pas les clusters

Pourtant, cette campagne de vaccination menée prioritairement dans les Ehpad n'empêche pas la formation de nouveaux clusters. Vendredi dernier, le 19 février, France Bleu Breizh Izel rapportait que dans le Finistère, quatre maisons de retraite avaient été confrontées à une recrudescence de cas d'infection au coronavirus. Dans toute la Bretagne, ce sont même 30 clusters qui ont été découverts en Ehpad, d'après l'Agence régionale de Santé (ARS).

Une situation qui ne surprend pas les professionnels de santé. Olivier Véran, le ministre de la Santé, déclarait en janvier que "le vaccin protège des formes graves pulmonaires mais ça ne veut pas dire qu’il protège de la forme nasale ou de la forme oropharyngée". Pour Pascal Crepey, enseignant-chercheur en épidémiologie à l'École des Hautes Études en Santé Publique (EHESP) de Rennes : "Un vaccin quel qu'il soit ne protège jamais à 100%." Dans une chronique diffusée sur franceinfo, la spécialiste santé Anne-Laure Barral rappelle que le vaccin empêche de faire des formes graves du virus, mais il n'y a pas de certitude concernant le fait de pouvoir toujours attraper le virus voire de le transmettre.

Et quand ce n'est pas la formation de nouveaux clusters issus de la forme classique du coronavirus, c'est l'arrivée du variant britannique qui est signalée. C'est le cas dans le Puy-de-Dôme et dans la Loire où de nombreux cas détectés de variant anglais, plus virulent, ont été répertoriés dans certains établissements. D'après France Bleu Pays d'Auvergne, au sein de l'Ehpad "L'Ombelle de Maringues", 50 résidents et 20 agents ont déjà été détectés positifs au variant en quelques jours et trois patients sont décédés depuis le 15 février. Même constat à Saint-Just-en-Chevalet dans la Loire, où selon France Bleu Saint-Etienne Loire, l'Ehpad recense 83 cas de contamination et huit décès liés à ce variant en trois semaines. 

Une situation qui pose la question d'une éventuelle perte d'efficacité des vaccins face à ce variant. Car même si les scientifiques se veulent rassurants et affirment que les vaccins actuellement utilisés semblent efficaces contre les variants, ils n'excluent aucune hypothèse et continuent la recherche pour améliorer les vaccins et anticiper l'apparition d'éventuelles nouveaux variants.

Maintenir les gestes barrières

Face à ce constat, Romain Gizolme, directeur de l'Association des directeurs au service de personnes âgées (AD-PA), affirmait le 7 février dernier que malgré la vaccination, il allait "falloir maintenir les gestes barrières encore pendant quelques mois." 

Mais heureusement, tous les Ehpad ne connaissent pas les mêmes situations. Dans certains, les choses se passent bien et puisque la campagne vaccinale touche à son terme chez les plus âgés et les plus fragiles, l'AD-PA a également lancé un appel sur franceinfo le 12 février dernier pour donner "plus de libertés" aux personnes âgées une fois qu'elles ont été vaccinées. Car le protocole sanitaire est encore fort dans certains établissements et commence à devenir lourd pour les seniors surtout s'ils sont désormais vaccinés. "Les plus âgés doivent pouvoir retrouver une vie quasiment normale", poursuit Pascal Champvert, président de l'ADP-PA. "Maintenant que tous ceux qui le souhaitaient ont été vaccinés en établissement parmi les résidents, il faut qu'ils puissent à nouveau sortir librement, retourner dans leur famille, recevoir leurs enfants, leurs petits-enfants... Il faut qu'ils puissent déjeuner avec leurs amis résidents et ne plus être dans cette situation d'avoir un mètre voire deux mètres, ce qui est insupportable pour les personnes ayant des problèmes d'audition."

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