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Dossier : Coronavirus Covid-19

Coronavirus : parachutée dans un service Covid-19, cette soignante du CHU de Dijon témoigne

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Par , France Bleu Bourgogne, France Bleu

Depuis le début de l'épidémie de coronavirus, les soignants sont devenus nos "héros". Mais que se cache-t-il au quotidien derrière ces masques et ces blouses ? Après plus d'un mois, Rose, soignante au CHU de Dijon qui a été mobilisée d'office dans un service Covid-19, nous raconte cette période.

Des soignants d'autres services ont été mobilisés de force pour travailler en réanimation durant la crise sanitaire du coronavirus
Des soignants d'autres services ont été mobilisés de force pour travailler en réanimation durant la crise sanitaire du coronavirus © Radio France - Alexis Sciard / IP3

Le personnel hospitalier : tous ceux pour qui l'on applaudit chaque soir à 20 heures à nos fenêtres depuis le début de la crise sanitaire. Mais comment cela se passe-t-il vraiment au sein des services, puis à la maison ? Difficile de se mettre à la place de celles et ceux qui ont été parachutés dans un service Covid-19, et ont soudainement dû faire face à des patients gravement malades. En temps habituel, Rose* est assistance dentaire en consultation au CHU de Dijon. Au début de la crise, elle a été mobilisée d'office pour travailler au sein du service Covid-19. Plus d'un mois après, voici son témoignage. 

Changer ses habitudes, et faire face à la brutalité du virus

Du jour au lendemain, Rose a dû changer toutes ses habitudes. Après une heure de formation en urgence sur les règles d'hygiène, elle est arrivée dans une nouvelle équipe, mise en horaires de nuit. Dans ce service, des infirmières l'ont bien accueillie et accompagnée. 

"J'ai croisé un brancard avec un décès. Et là, cela m'a démoralisée pour tout le reste de mon poste" - Rose

Tout de suite, cela a été dur physiquement : pas le temps de souffler plus de dix minutes, elles n'étaient pas assez. Le CHU leur a amené un renfort supplémentaire, "la direction a été à l'écoute," estime la soignante. Bien sûr, cela a été dur moralement, Rose a été marquée par son premier jour : "quand je suis arrivée, j'ai croisé un brancard avec un décès dans sa housse. Et là... Cela m'a démoralisée pour tout le reste de mon poste. Je me suis dis 'ça commence bien !' Je n'avais plus l'habitude, c'était des patients très lourds : ils avaient tous des sondes, des tuyaux partout. Cela m'a vraiment détruite." Les jours se sont enchaînés ainsi et désormais, plus que jamais la fatigue, se fait sentir. 

Soutien et solidarité, les seuls remèdes pour tenir face à la pression

Heureusement sur ses jours de repos, Rose est dorlotée par sa famille : un mari qui l'aide beaucoup et ses enfants. À la maison, elle passe beaucoup de temps à dormir et pleurer. D'avoir tenu plus d'un mois sans tomber malade, elle se considère vraiment comme une guerrière. Les gestes de solidarité lui font du bien : "le grand couloir de 900 mètres de long à l'hôpital est rempli de dessins d'enfants des écoles, je les ai tous regardés. A chaque fois, tous ces encouragements me donnent les larmes aux yeux avant d'aller au travail. Pareil avec les applaudissements le soir ou les petits cadeaux de ma voisine, cela m'a beaucoup touchée."

Au sein du CHU, les soignants comme Rose ont pu participer à des sessions pour apprendre à gérer le stress dans de grosses situations. C'est un ancien militaire qui leur inculque des exercices de respiration afin de récupérer en peu de temps dans les moments difficiles. "Des sessions vraiment bienvenues et utiles", selon Rose.

L'inquiétude en pensant à l'avenir

Maintenant Rose se demande quand cela va s'arrêter. Elle s'inquiète de voir venir une deuxième vague de malades et rêve de repos cet été : "comme tout soignant, nous travaillons dur et espérons vraiment pouvoir partir en vacances. Nous avons besoin de nous dépayser à la mer et la montagne. Mon inquiétude, c'est que l'on puisse pas avoir nos congés, comme on est en plan blanc, ils sont en droit de les modifier."

"Mais combien de temps cela va durer ?" : écoutez les inquiétudes et désirs de cette soignante

Ensuite, Rose songe au retour à la normale, "il va falloir retourner dans nos services et retrouver nos habitudes d'avant, je me demande si je m'en souviens, mais oui c'est comme le vélo cela ne s'oublie pas!", plaisante-t-elle. "J'ai peur aussi qu'il y ait une deuxième vague, une troisième vague et je me dis : mais combien de temps cela va durer ? Aura-t-on la force et le courage de tenir, c'est ça mon inquiétude," conclue Rose.

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*Rose, le prénom de la personne a été modifié afin de préserver son anonymat

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