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Coronavirus : pourquoi les doses de vaccins mettent-elles tant de temps à arriver en Europe ?

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Par , France Bleu

Les lenteurs d'approvisionnement en vaccins sont au coeur du sommet de l'Union européenne qui se tient ce jeudi. Le bras de fer est engagé entre l'UE et le Royaume-Uni, en désaccord sur la gestion des stocks des sérums AstraZeneca produits sur le continent. On vous explique pourquoi ça bloque.

Les 27 pays membres participent à un sommet européen ce jeudi pour discuter des lenteurs d'approvisionnement en vaccins
Les 27 pays membres participent à un sommet européen ce jeudi pour discuter des lenteurs d'approvisionnement en vaccins © Maxppp - Nicolas Landemard / Le Pictorium

Alors que l'épidémie de coronavirus connaît depuis quelques semaines un nouveau sursaut en Europe, les 27 pays membres de l'UE tiennent ce jeudi un sommet virtuel consacré essentiellement à l'épineux sujet des vaccins. Au coeur du débat : les difficultés d'approvisionnement et le désaccord entre l'UE et le Royaume-Uni, qui porte sur la gestion des stocks de vaccins produits sur le continent par AstraZeneca. 

Les problèmes des livraisons de doses par le groupe suédo-britannique et la lenteur des campagnes vaccinales qui en découle, nourrissent les frustrations et les tensions dans des pays contraints de durcir les restrictions pour faire face à la pandémie. Emmanuel Macron a d'ailleurs esquissé un mea culpa dans un entretien diffusé par la chaîne de télévision grecque ERT. "On a sans doute en quelque sorte moins rêvé aux étoiles que certains autres. Et je pense que ça doit être une leçon pour nous-mêmes. On a eu tort de manquer d'ambition, j'allais dire de folie, de dire 'c'est possible et on y va'. On est trop rationnel, peut-être" a dit le président français. 

Durcissement des contrôles des exportations de vaccins 

Pour tenter de répondre à cette problématique, la Commission européenne a renforcé le mécanisme de contrôle des exportations de vaccins mis en place en janvier. L'UE a désormais une plus grande latitude pour bloquer les livraisons destinées aux pays affichant un taux de vaccination plus élevé. Une démarche qui a suscité les critiques de Londres, premier destinataire des doses exportées par le continent. Les autorités britanniques défendent le succès de leur campagne vaccinale (plus de 28 millions de personnes déjà vaccinées) en affirmant avoir mieux négocié avec les laboratoires et mieux préparé leurs chaînes d'approvisionnement. 

Face à "une très grave situation épidémiologique", l'UE "continue d'exporter des volumes importants vers des pays" produisant leurs propres vaccins ou ayant déjà largement vacciné leur population, a regretté mercredi le vice-président de la Commission, Valdis Dombrovskis. Il faisait allusion au fait que l'UE a exporté quelque 10 millions de doses, tous vaccins confondus, vers le Royaume-Uni, mais n'a reçu en retour aucune dose produite outre-Manche. Alors que le contrat signé par AstraZeneca prévoyait la livraison de doses provenant de deux usines britanniques. Le groupe avait expliqué que son contrat avec Londres l'obligeait à honorer en priorité les commandes britanniques. 

"Il faut tout faire pour éviter" une guerre des vaccins a déclaré ce jeudi sur franceinfo l'eurodéputée LREM Véronique Trillet-Lenoir. Elle espère qu'une "coalition d'Etats" va se former à l'issue du sommet européen. Elle estime qu'il faudra "bloquer les exportations" quand un vaccin "fabriqué en Union européenne et prévu par contrat pour être délivré en UE ne s'y rend pas". 

Rééquilibrer la balance

L'Union européenne "exporte à grande échelle" mais ''les routes doivent être empruntées dans les deux sens" a averti Ursula von der Leyen, président de la Commission. De son côté, Boris Johnson, Premier ministre britannique, a mis en garde contre tout "blocus arbitraire" de vaccins anti-Covid. "Je pense que le blocus des vaccins ou des ingrédients pour vaccins constituent un sujet sensible" a insisté Boris Johnson, soulignant que les sérums étaient le fruit d'une "coopération internationale". 

Mercredi, l'UE et les autorités britanniques ont fait savoir qu'elles travaillaient à trouver une solution "mutuellement bénéfique" pour résoudre ces tensions. Mais les 27 ne sont pas tous unis sur ces projets de restrictions des exportations. 

Plusieurs pays, dont la Belgique, les Pays-Bas, l'Irlande, la Suède et le Danemark ont exprimé des réserves. "Si on besoin de ça parce qu'un fournisseur ne livre pas alors j'espère que c'est un bâton qu'on n'aura pas besoin d'utiliser parce que cela pourrait s'avérer perdant-perdant" a déclaré un diplomate européen. "Si nous entravons les chaînes d'approvisionnement, le risque est que nous nous retrouvions tous sans les vaccins dont nous avons désespérément besoin". 

Le calendrier de la vaccination en France 

Ces lenteurs d'approvisionnement en vaccins au niveau européen met sous pression les pays et leurs calendriers de campagne vaccinale. En France, Emmanuel Macron l'a répété mardi, "l'objectif est d'avoir vacciné mi-avril 10 millions de personnes". A partir de samedi, les personnes âgées de plus de 70 ans seront éligibles. Jusqu'à présent seules les personnes avec comorbidités pouvaient le faire, quelque soit leur âge. 

Le calendrier vaccinal en France
Le calendrier vaccinal en France © Visactu

Le gouvernement souhaite inclure les enseignants et les forces de l'ordre à la catégorie des professions jugées prioritaires à la vaccination. Les gendarmes et les policiers devraient pouvoir l'être dès avril, a annoncé mercredi Gérald Darmanin, ministre de l'Intérieur. Quant aux enseignants, ils devraient pouvoir se faire vacciner à la mi-fin avril. 

A partir de début avril, le gouvernement prévoit que les 65-59 ans qui ne présentent pas de facteur de risque pourront se faire vacciner. Puis mi-avril, ce devrait être au tour des 50-64 ans. Les 18-49 ans sans facteur de risque fermeront la marche et devraient pouvoir se faire vacciner dans le courant de l'été. 

Mercredi 24 mars, un peu plus de 6,6 millions de premières doses et 2,5 millions de deuxièmes doses avaient été injectées en France. 9,88% de la population française a au moins reçu une dose et 3,74% a reçu deux doses. 

En avril, le gouvernement s'attend à une forte hausse des livraisons prévues. Sauf contretemps, la France devrait recevoir plus de doses ce mois-ci que le lors trois premiers mois de l'année réunis. Pfizer/BioNTech est toujours le principal fournisseur de vaccin. Au total, 28 millions de doses sont attendues en avril, dont 17 millions de Pfizer, bien plus que AstraZeneca qui ne livrera que 7,4 millions de doses ou Moderna et ses 2,4 millions de doses.

Au mois d'avril, le vaccin américain Janssen de Johnson & Johnson devrait arriver en Hexagone avec une première livraison prévue de 400.000 doses. 

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