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Dossier : Coronavirus Covid-19

Coronavirus : un directeur d'EHPAD strasbourgeois témoigne sur la gestion de crise

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Par , France Bleu Alsace, France Bleu Elsass, France Bleu

Les autorités font état de 38 morts dans les maisons de retraite du Bas-Rhin, depuis le début de la pandémie de coronavirus. Pour les responsables des EHPAD, la situation est particulièrement difficile à gérer. Le directeur de la résidence Bartischgut à Strasbourg témoigne.

Les 129 pensionnaires de l'EHPAD Bartischgut à Strasbourg sont confinés dans leurs chambres
Les 129 pensionnaires de l'EHPAD Bartischgut à Strasbourg sont confinés dans leurs chambres © AFP - Loïc Venance

Fondé en 1981, l’EHPAD Bartischgut à la Meinau accueille des personnes âgées dépendantes qui présentent des déficiences visuelles. La direction a dû prendre des mesures drastiques pour éviter la propagation du coronavirus à l’intérieur de son établissement, après qu’une soignante a été détectée positive au virus. Deux autres salariés présentent également des symptômes. Des tests ont aussi été effectués sur trois pensionnaires qui ont de la fièvre. Les résultats seront connus prochainement.

Un confinement dans les chambres

Pour empêcher le coronavirus de pénétrer dans l’établissement, chacun des 129 résidents est confiné à l’intérieur de sa chambre. "Tous les repas sont apportés dans les chambres, explique le directeur de l’EHPAD Didier Fuchs. Pour les cas suspects, seul le personnel médical rentre, pour éviter qu’on colporte le virus pour les autres résidents, s’il est avéré qu’il est à l’intérieur." Pour les pensionnaires non-voyants ou mal-voyants, la probabilité de contracter le virus est encore plus forte, car ils touchent beaucoup plus d’objets, notamment pour se déplacer. L’objectif est surtout d’éviter un scénario dramatique comme à l’EHPAD de Cornimont dans les Vosges, où une vingtaine de décès seraient en lien possible avec le Covid - 19.

Le directeur de l'EHPAD Didier Fuchs sur la difficulté d'empêcher la propagation du coronavirus au sein de l'établissement

Un confinement qui rappelle la guerre

Ce confinement est souvent plus dur à vivre pour les familles des pensionnaires, que pour les résidents de la maison de retraite eux-mêmes. "Beaucoup ont connu la guerre, le confinement ça leur rappelle des mauvais souvenirs, raconte Didier Fuchs. Mais certains comprennent la nécessité et nous font confiance. Même si c’est difficile, car il y en a qui ont vraiment envie de sortir."

Ce confinement rappelle des souvenirs de la guerre à de nombreux pensionnaires

La quête de masques

Le directeur de l’EHPAD Bartischgut est aussi confronté à une autre problématique, le manque de masques de protection. Il n’en avait plus assez à disposition, il a dû se débrouiller pour en dégoter. "On a acheté des masques lundi à une société, on a réussi à en récupérer 3.000, alors qu’on en consomme 120 à 150 par jour. Ça nous a coûté 8.500 euros. On a la chance d’avoir la trésorerie pour pouvoir résister à cette crise. On gère la pénurie et à la fin de la crise, on verra avec l’ARS pour combler les éventuels déficits qu’on fera." L’Agence régionale de santé vient aussi de mettre à disposition 600 masques chirurgicaux qui protègent les résidents, mais pas le personnel.

Le directeur de l'EHPAD Didier Fuchs se bat pour trouver des masques de protection

Dans cette période tendue, Didier Fuchs note "une cohésion d’équipe qu’on n’a jamais en temps normal." Le personnel alimente aussi une page Facebook pour informer au mieux les familles.

Des conséquences négatives de cette inactivité

"On verra l’efficacité de nos mesures dans quelques mois, quand l’épidémie sera passée, conclut Didier Fuchs. Pour moi, il y a un risque de comorbidité derrière, l’éventuelle grabatisation des résidents par le fait qu’ils bougent moins. Ils n’auront pas la même activité qu’avant. Ma crainte, c’est d’avoir une augmentation de la mortalité, liée à cette période de crise."

Le directeur de l'EHPAD Didier Fuchs redoute des conséquences du confinement sur la mortalité

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