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Dossier : Coronavirus Covid-19

Coronavirus : une étude explique pourquoi la Seine-Saint-Denis est particulièrement touchée

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Par , France Bleu Paris

La Seine-Saint-Denis a connu une hausse de la mortalité de plus de 118% au mois de mars par rapport à l'an dernier. Des morts liés au coronavirus que l'Observatoire régional de santé expliquent par les conditions de vies de certains habitants du département.

L’hôpital Avicenne de Bobigny
L’hôpital Avicenne de Bobigny © Maxppp - Claire Guedon

Dans les départements franciliens, notamment en Seine-Saint-Denis, les disparités pré-existantes ont servi de terreau à l'expansion de l'épidémie de coronavirus, engendrant une surmortalité exponentielle, révèle une étude publiée ce lundi par l'Observatoire régional de santé (ORS) d'Île-de-France. "Au cours du mois de mars 2020 et durant les premiers jours d'avril, la Seine-Saint-Denis a connu la plus forte évolution de mortalité d'Ile-de-France en nombre de décès", par rapport à la même période l'année précédente, soit "+ 118,4% entre le 1er mars et le 10 avril", souligne cette étude qui s'appuie sur des données de l'Insee.

Des logements souvent trop petits

La partie nord de ce département d'1,6 million d'habitants, le plus pauvre de métropole, est particulièrement touchée, pointe-t-elle. "Les populations les plus vulnérables socialement sont celles qui habitent dans les grands ensembles collectifs, avec des parties communes fréquentées, plus d'enfants de bas-âge et des surfaces par mètre carré qui sont moins importantes" qu'ailleurs, explique à l'AFP Isabelle Grémy, directrice de l'ORS. L'étude montre notamment que "plus de 570.000 personnes vivent dans un ménage comptant moins d'une pièce par personne en Seine-Saint-Denis", ce qui rend les gestes barrière plus difficiles à respecter.  

De nombreux travailleurs en première ligne

L'épidémie s'est également répandue avec les nombreux "travailleurs-clés", jusqu'à 12% des actifs dans le 93, selon cette étude. Sans possibilité de télétravailler, ils ont dû continuer leur activité malgré les risques de contamination, en particulier dans les transports en commun.   

Une santé plus fragile

Enfin, la santé des habitants des quartiers populaires franciliens, plus souvent sujets à l'obésité et au diabète, souligne le handicap avec lequel certains affrontent la crise sanitaire. "C'est exactement la double peine : ils ont plus de chance de se faire contaminer de par leurs conditions de vie, de par leur travail, et ils ont plus de chance de faire des formes graves" liées au Covid-19, insiste Mme Grémy, qui précise toutefois que des différences existent aussi à l'échelle d'une ville ou d'un quartier.

Mais la surmortalité est également marquée dans les autres départements denses de la métropole du Grand Paris: +101,5% dans les Hauts-de-Seine, +94,1% dans le Val-de-Marne et +92,6% à Paris. La hausse est moins forte en grande couronne, hormis le Val-d'Oise qui se démarque avec une surmortalité d'environ 90,1%, selon les résultats de l'étude.

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