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Dossier : Coronavirus Covid-19

Coronavirus : une Toulousaine veut porter plainte contre un Ehpad d'Amiens après la mort de son grand-père

Une avocate toulousaine annonce préparer une plainte contre l'Ehpad Marie-Marthe, à Amiens, où son grand-père est décédé suite à une suspicion de coronavirus comme 16 autres résidents. Elle dénonce des manquements. D'autres familles disent que la direction a fait tout ce qu'elle a pu.

L'Ehpad Marie-Marthe, dans le centre-ville d'Amiens.
L'Ehpad Marie-Marthe, dans le centre-ville d'Amiens. - Google Street VIew

"Mon grand-père, il est parti en 15 jours, vous n'imaginez pas la brutalité que c'est. Et on ne sait pas comment il est décédé. On n'a jamais eu la moindre information", s'insurge Aurélie Joly. Cette avocate toulousaine a perdu son grand-père de 91 ans, décédé du coronavirus à l'Ehpad Marie-Marthe d'Amiens au mois d'avril. "Une semaine avant qu'il ne meure, au téléphone, on nous a dit de nous rassurer. Je vous laisse imaginer le choc" pour sa grand-mère de 89 ans, qui habite à Longueau, dans l'agglomération d'Amiens.

Elle a décidé d'attaquer en justice la direction de l'Ehpad. La plainte sera déposée la semaine prochaine auprès du parquet d'Amiens selon Pierre Debuisson, l'avocat parisien qui la représente, pour "homicide involontaire", "mise en danger de la vie d'autrui", et "non-assistance à personne en danger". 17 des 116 résidents de l'établissement sont morts avec l'épidémie de coronavirus. 11 sont des cas de Covid-19 confirmés par des tests. Les autres sont suspectés d'être liés au virus. 

"A aucun moment, ils n'ont pris la peine de nous appeler"

Aurélie Joly accuse la direction de la maison de retraite de manquements dans la gestion de l'épidémie. Elle reproche surtout que sa famille n'ait pas été mise au courant : "A aucun moment, ils n'ont pris la peine de nous appeler pour nous expliquer la situation. Sachant que sur 116 résidents, 106 avaient de la fièvre, nous a dit un des infirmiers. Quand ma mère a demandé à parler à un médecin, c'était impossible, l'infirmier lui a expliqué que la moitié du personnel soignant était malade. Si les gestes barrières ont été respectés, pourquoi y a-t-il eu autant de malades ?"

Selon elle, les visites ont été interdites trop tard dans l'établissement, le 6 mars, "alors qu'Olivier Véran avait demandé l'application des gestes barrière dès le 28 février". A ce moment-là pourtant, aucune réglementation ou directive ne recommande aux Ehpad d'interdire les visites, sauf dans les zones alors considérées comme "clusters" de l'épidémie, l'Oise et la Haute-Savoie. L'Ehpad les a proscrites le jour du déclenchement par le gouvernement du plan bleu, équivalent pour les maisons de retraites du plan blanc des hôpitaux.

D'autres familles défendent la direction

L'avocate toulousaine reproche également à la direction un manque de respect vis-à-vis de son grand-père : "Une personne des pompes funèbres nous a dit avoir été choqué quand il est arrivé dans l'Ehpad. La chambre de mon grand-père était dans un désordre complet, il avait toujours son masque respiratoire sur le visage plusieurs heures après sa mort. Et l'Ehpad n'avait même pas de housse mortuaire, ce sont les pompes funèbres qui ont du l'apporter", explique Aurélie Joly. 

Pour le moment, elle est la seule parente de résident à envisager une action en justice. D'autres familles ne soutiennent pas sa démarche. Ancien représentant des familles de résidents au conseil de la vie sociale de l'Ehpad, Eugène Morel a perdu son père avec l'épidémie. L'homme de 94 ans est mort, très probablement du coronavirus, dans l'Ehpad. Mais son fils, ancien médecin réanimateur du CHU d'Amiens, et ancien médecin-chef des pompiers de la Somme, estime que les soignants comme la direction ont fait tout ce qu'ils ont pu.

"Les soignants ont fait tout ce qu'ils ont pu"

"Cette dame a vu les choses depuis Toulouse, à 600 km d'Amiens. Moi je suis allé sur place voir mon père le 2 mars [quatre jours avant l'interdiction des visites], j'ai vu ce qui se passait sur place", explique Engène Morel : "Les soignants avaient des masques, des gants, et des surblouses. L'employée à l'accueil obligeait les visiteurs à se nettoyer les mains au gel hydro-alcoolique à l'entrée, et des masques étaient disponibles à chaque étage pour les visiteurs avant d'entrer dans la chambre des résidents", assure-t-il. 

Pour cet ancien médecin réanimateur, "les soignants avaient le matériel adéquat", et "le virus malheureusement, ne se voit pas. Il a pu être amené par des visiteurs ou par des soignants. Il s'est abattu sur la résidence, c'est la faute à pas de chance, c'est tout. Les soignants ont fait tout ce qu'ils ont pu dans l'exercice de leur art". Contactée, la direction de l'Ehpad Marie-Marthe se refuse à tout commentaire pour le moment. La plaignante toulousaine, elle, compte monter un collectif de famille de victimes d'un peu partout en France. "Pas pour l'argent", dit-elle, elle ne demandera qu'un euro symbolique si l'action juridique va à son terme, "mais pour avoir des explications".

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