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Société

Corrèze : occitan et bourrée à l'honneur ce samedi jusqu'au bout de la nuit

dimanche 27 janvier 2019 à 6:04 Par Delphine-Marion Boulle, France Bleu Limousin

Dictada Occitana le matin, bourrée dansée jusqu'au petit matin, la culture limousine était à l'honneur ce samedi en Corrèze. Preuve, s'il en fallait que les traditions ne se perdent pas, bien au contraire, elles permettent de réunir toutes les générations.

Raphaël et son groupe, "Gravenoir" se sont produits jusqu'à tard ce samedi soir à Sainte-Féréole pour faire danser les amateurs de bourrée, la danse traditionnelle du Limousin.
Raphaël et son groupe, "Gravenoir" se sont produits jusqu'à tard ce samedi soir à Sainte-Féréole pour faire danser les amateurs de bourrée, la danse traditionnelle du Limousin. © Radio France - delphine-Marion Boulle

Brive-la-Gaillarde, France

Ce samedi la Corrèze a mis à l'honneur la culture limousine, et ce, jusqu'au bout de la nuit. Alors qu'à Sainte-Féréole se déroule la 5ème nuit de la bourrée ce samedi soir, un peu plus tôt à Brive, une douzaine de personnes ont relevé le défi de la dictada occitana, la dictée en occitan. La langue, parfois qualifiée de "patois" était encore parlée par nos parents et grands-parents. C'est d'ailleurs comme cela que Marcel l'a découverte, enfant. 

A la (re) découverte de l'occitan

"Je suis né à Orgnac sur Vézère, mes parents y tenaient un commerce et automatiquement j'entendais l'occitan par leurs clients" explique-t-il . "Je l'ai toujours entendu parler dans ma famille" confie Ghislaine, seulement deux fautes au compteur ce samedi matin. Le texte de la dictée est issu d'une nouvelle de Jean Pierre Lacombe "Daus vistons dins la nuech" (les yeux dans la nuit), c'est d'ailleurs lui qui joue les professeurs. Cette dictée c'est aussi l'occasion de réhabiliter la langue des troubadours, de la faire connaître au grand public. "C'est vrai que chez nous, bien que le terme soit affectif, on est encore à qualifier l'occitan de patois. C'est vrai que l'on a du mal à faire comprendre à certaines personnes que c'est une langue, que justement il y a une littérature, qu'on l'écrit" explique-t-il. 

Il observe un regain d'intérêt pour l'occitan et y voit aussi une forme de réaction _"On est de plus en plus éloigné de nous même par la culture dominante, par la mondialisation, on est vraiment écrasé par cela j'ai l'impression. Et vous savez, les gens, quand le balancier est parti trop loin d'un côté, il faut qu'il revienne de l'autre_. Donc on revient vers nous même tout simplement".

Pour Ghislaine, justement, ce patois, cette langue "fait partie de notre culture, de notre patrimoine, il faut la faire entendre !". Mais, elle reconnaît que la transmission n'est pas toujours simple. _"Peut être que la langue, elle, a du mal à se transmettre alors que par la danse et la musique la culture se transmet mieux"._Et justement, à Sainte Féréole l'heure est aux répétitions en ce début d'après midi. 

La bourrée jusqu'au bout de la nuit 

Ce samedi soir a lieu la 5ème édition de la nuit de la bourrée, du nom de cette danse traditionnelle limousine. Une douzaine de groupes vont se produire jusqu'au petit jour pour faire danser près de 400 à 500 personnes. Parmi les musiciens, Rapahël. Il partage le constat de son aînée "C'est vrai que c'est plus simple de transmettre la danse , mais il y a autre chose avec la langue occitane, c'est qu'on la chante très facilement. On n'est pas obligé de la comprendre complètement pour la chanter" explique le jeune homme.   

Pour Véronique Bugeat qui co-organise la soirée avec son association "Délires et des notes", que ce soit la dictada occitana ou la nuit de la bourrée, tout est bon pour mettre en avant la culture limousine et la faire découvrir au plus grand nombre. Elle reconnaît qu'une forme de retour a lieu concernant cette danse limousine.

 Ricet Gallet, du Centre Régional des musiques traditionnelles du Limousin, l'autre co-organisateur, abonde en son sens. L'an passé près de 450 personnes ont passé la nuit à danser sur les musiques traditionnelles, toutes générations confondues, si le public répond présent c'est qu'il y a une demande. "Ces publics ont besoin de sens, ils ont besoin de savoir d'où viennent ces musiques, ce qu'elles racontent. Ils ont aussi besoin d'espaces, de rencontres entre générations pour faire humanité ensemble, pour être ensemble."

Car dans un monde et une société toujours plus rapides, connectés,  mondialisés les traditions et la culture limousines deviennent de vrais points de repères pour toutes les générations.