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Corse : le maire de Sisco interdit le port du burkini après de violentes altercations intercommunautaires

Par Laurine Benjebria, France Bleu mardi 16 août 2016 à 10:57

Près de 500 personnes se sont rassemblées ce dimanche à Bastia, la police était présente pour ramener le calme
Près de 500 personnes se sont rassemblées ce dimanche à Bastia, la police était présente pour ramener le calme © Maxppp -

Le maire PS de Sisco en Haute-Corse a interdit ce lundi le port de burkini deux jours après des altercations sur fond de tensions intercommunautaires.

Le maire socialiste de Sisco, Ange-Pierre Vivoni, a pris un arrêté interdisant le burkini sur les plages de sa commune ce lundi pour "protéger la population". Cet arrêté survient après les affrontements de samedi entre des habitants de Sisco et trois familles du quartier populaire de Lupino de Bastia, d'origines maghrébines.

Des altercations sur fond de tensions intercommunautaires

Selon plusieurs témoins, les affrontements auraient commencé dans la crique du cap Corse alors que des femmes se baignant en burkini étaient prises en photo. L'intervention rapide de la gendarmerie a permis de maîtriser la situation et ramener le calme après cette rixe qui a fait cinq blessés. Selon les premiers éléments de l'enquête, les protagonistes se sont affrontés avec des jets de pierres, de bouteilles et des coups et trois véhicules appartenant aux familles d'origine maghrébines ont été incendiés lors de l'altercation.

Près de 500 personnes se sont rassemblées ce dimanche à Bastia avant d'être reçues à la préfecture de Haute-Corse. Un rassemblement dans une atmosphère tendue : la foule criant "aux armes, on va monter parce qu'on est chez nous". Se dirigeant vers le quartier de Lupino, les manifestants ont été rapidement bloqués par les gendarmes locaux. Une partie de la foule s'est alors redirigée vers l'hôpital où était hospitalisé un jeune homme d'origine maghrébine. Des CRS venus en renfort positionnés à proximité ont été pris pour cibles et ont donc fait l'usage de gaz lacrymogènes pour disperser la foule.

Une enquête pour "violence en réunion"

Le parquet de Bastia a ouvert une enquête en flagrance "pour violence en réunion" dont la section de recherches d'Ajaccio a été saisie. Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a fortement condamné ces altercations et précisé que "quatre personnes blessées, dont une femme enceinte, ont été évacuées vers le centre hospitalier de Bastia. Leur pronostic vital n’est pas engagé".

"Eviter que l'intégrisme ne se propage

Le maire socialiste corse s'appuie sur deux autres arrêtés pris par les mairies Les Républicains de Canne le 28 juillet et de Villeneuve-Loubet le 5 août. Ange-Pierre Vivoni est donc le premier maire de gauche à prendre un arrêté qui sera enregistré ce mardi en préfecture. Interrogé par L'Obs, le maire corse s'est exprimé sur sa décision, assurant ne pas l'avoir prise "contre la religion musulmane mais pour éviter que l'intégrisme ne se propage".

Un conseil municipal extraordinaire a par ailleurs été réuni dimanche, décidant d'annuler les festivités prévues le 15 août à Sisco.

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