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Société

Côte-d'Or : la vie n'est pas rose lorsqu'on n'a plus d'Auxiliaire de Vie Scolaire et qu'on est handicapé

jeudi 27 décembre 2018 à 20:42 Par Thomas Nougaillon, France Bleu Bourgogne

Elle se nomme Rose, elle a 14 ans, elle souffre d'importants troubles du langage. Pourtant grâce à son AVS, avec 15 de moyenne, cette collégienne de Côte-d'Or brillait dans ses études l'an passé en 4e. Mais voilà depuis septembre dernier son Assistante de Vie Scolaire lui a été retirée.

Depuis le mois de septembre dernier, Rose, n'a plus d'Auxiliaire de Vie Scolaire pour l'aider en classe (illustration)
Depuis le mois de septembre dernier, Rose, n'a plus d'Auxiliaire de Vie Scolaire pour l'aider en classe (illustration) © Maxppp - Marlene Awaad

Dijon - France

Elle s'appelle Rose, cette ado de 14 ans, presque comme les autres, est en 3e dans un collège de Côte-d'Or. "Presque comme les autres" parce que Rose est dysphasique. C'est à dire qu'elle souffre de retards de langage, de difficultés à se concentrer et de "fatigabilité extrême". Son taux d'invalidité reconnue est compris entre 50 et 80%. Pourtant -secondée par Stéphanie, l'Auxiliaire de Vie Scolaire qui la suivait depuis le CM1 et- grâce à un travail acharné, sa scolarité -sans aucun redoublement- était exemplaire. La preuve, l'an passé en 2017, en 4e Rose tournait à 15 de moyenne. 

"Aucune explication"

Mais depuis la rentrée de septembre, "sans aucune explication" déplore son entourage, son AVS lui a été retirée. Sa moyenne a chuté à 10. Aujourd'hui cette collégienne dit avoir "la haine". Son rêve d'obtenir le brevet et de suivre une scolarité "la plus normale possible" est peut-être en train de s'envoler. La jeune fille très émotive et très touchée par ce qu'elle considère comme une injustice a du mal à verbaliser sa rancoeur. Rose s'inquiète surtout pour son avenir. "Je me dis que je ne vais pas y arriver, que je ne suis pas comme les autres." 

Philippe Choulot de la FSU

"Désormais les professeurs sont obligés de tout lui réexpliquer"

Rose explique à demi-mots avoir besoin de son AVS. Stéphanie, c'est son nom, l'aidait en répétant les consignes des enseignants, en lui permettant de s'en imprégner. Maëlys, 14 ans, est en classe avec Rose. "Elle essayait de lui faire comprendre les exercices quand Rose ne les comprenait pas. Elle écrivait aussi des mots que Rose devait relire le soir à la maison." Maëlys sent bien la différence depuis que l'Auxiliaire de Vie Scolaire n'est plus là. "Elle a beaucoup plus de mal à comprendre les consignes. Quand on est en classe les professeurs sont obligés de tout lui réexpliquer."

Notre reporter a rencontré Rose et Maëlys, l'une de ses camarades de classe, témoignages

"J'ai envie de montrer aux autres qu'on peut réussir même quand on a une dysphasie"

Décrite comme "travailleuse" et "volontaire", Rose, veut pourtant atteindre le but qu'elle s'est fixée: obtenir le Brevet au printemps prochain pour poursuivre pourquoi pas plus tard une carrière dans la mode. "J'ai envie de montrer aux autres -même si j'ai une dysphasie- que je peux y arriver quand même". 

Que dit la loi? Réponse de notre reporter.

"Pas de réponses ou des réponses pas adaptées"

Aux côtés du syndicat enseignant FSU 21, la mère de Rose désespérée, a multiplié les recours auprès du collège, du rectorat, elle a même saisit le défenseur des droits des enfants pour obtenir le retour de l'AVS. Pour l'instant elle n'aurait obtenu aucune réponse. Seul le défenseur des droits a renvoyé un courrier dans lequel "il demande quelques éléments supplémentaires" explique Philippe Choulot de la FSU. Le collège -quant à lui- propose une solution "non adaptée" selon le syndicaliste. "La seule réponse du collège a été de proposer la mise en place de deux jeunes en service civique pour aider Rose. Or, c'est exactement le contraire de ce qu'il faut faire. Rose a besoin d'une seule personne référente. Avec deux personnes qui ne connaissent pas du tout les difficultés de cette jeune fille ça va être très compliqué de pouvoir l'aider". 

Philippe Choulot de la FSU 21 - Radio France
Philippe Choulot de la FSU 21 © Radio France - Thomas Nougaillon

"Des dizaines d'autres enfants" seraient concernés 

Selon le syndicat enseignant il y aurait "des dizaines d'autres enfants dans la même situation, dans l'indifférence générale". Le rectorat de Dijon, sollicité pour une interview, devrait nous répondre aux alentours du 7 janvier nous a t-on dit.  

Philippe Choulot, A LA UNE de France Bleu Bourgogne

  • Ce vendredi 28 décembre 2018, Philippe Choulot, est à la Une de France Bleu Bourgogne. Vous entendrez ses explications, en longueur, à 8h11 sur le 98.3 ou le 103.7. Interview à écouter ou réécouter en cliquant sur le lien ci dessus.