Société

Côte-d'Or : quelles armes pour les policiers municipaux ?

Par Arnaud Racapé, France Bleu Bourgogne lundi 15 août 2016 à 6:00

La plupart des municipalités côte-d'oriennes refusent d'opter pour l'arme létale
La plupart des municipalités côte-d'oriennes refusent d'opter pour l'arme létale © Maxppp - Philippe RIEDINGER

Dans un communiqué, le président du département François Sauvadet s'émeut de l'attitude du maire socialiste de Besançon Jean-Louis Fousseret, opposé à l'armement de ses policiers municipaux. "Incompréhensible" dans un contexte de lutte antiterroriste commente-t-il.

Mais n'en déplaise à l'élu côte-d'orien, la tendance va très largement dans le sens du maire franc-comtois, et ce malgré la possibilité offerte aux municipalités volontaires par Bernard Cazeneuve le ministre de l'Intérieur de pouvoir bénéficier des armes de la police nationale.

Il n'y a qu'à voir dans l'agglomération dijonnaise : la plupart des communes ont fait le choix de s'en tenir à la loi, à savoir conserver une police de proximité, de tranquillité. Donc pas question d'envisager les armes létales. Le directeur général des services à la mairie socialiste de Quetigny Christian François :

Différencier les polices de répression et de tranquillité publique

"Il s'agit de bien différencier les rôles dévolus à la gendarmerie, puisque nous disposons sur notre territoire de 35 gendarmes, une police de prévention, de réaction et de répression, et la police municipale qui est plutôt conçue dans l'esprit du maire comme une police de proximité."

Et ce n'est pas qu'une histoire de couleur politique. A Beaune, le maire Les Républicains Alain Suguenot y est opposé lui aussi, tout comme son homologue de Chevigny-Saint-Sauveur Michel Rotger : "J'ai toujours dit que je ne voulais pas me retrouver derrière un corbillard pour mes employés municipaux, et a fortiori pour mes agents de la police municipale, et que c'est plutôt le rôle de notre police et de notre gendarmerie, qui font d'ailleurs très bien leur travail, de bien s'équiper au niveau de l'armement."

Eviter la surenchère

Aux accusations de laxisme de François Sauvadet, Thierry Falconnet le maire socialiste de Chenôve, lui aussi opposé aux armes létales, répond par le pragmatisme : "Il faut absolument éviter les positions idéologiques, et aujourd'hui je pense que la position du président du conseil départemental est une position avant idéologique, qui se place dans un contexte qui est celui de la campagne de la présidentielle 2017. Ma position et celle de la majorité municipale de Chenôve, c'est surtout de ne pas rentrer dans la surenchère, de travailler sur cette question avec les policiers municipaux. Et eux, aujourd'hui, ne sont pas favorables à l'armement létal."

A Longvic comme à Dijon, les policiers municipaux eux sont désormais équipés de Tasers, des pistolets électriques, et sont formés pour cela. La seule exception dans le département concerne Genlis, où deux agents portent le pistolet à la ceinture..