Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Société

Coupe du monde féminine : à Reims, des matchs en audiodescription pour les malvoyants

-
Par , France Bleu Champagne-Ardenne

Ils vont être les yeux des aveugles et des malvoyants. A Reims, huit personnes sont spécifiquement formées pour commenter les matchs de football de la Coupe du monde féminine à ceux, présents au stade, qui ne peuvent pas la voir.

Les stagiaires étaient formés dans les loges du stade Auguste-Delaune de Reims, mardi.
Les stagiaires étaient formés dans les loges du stade Auguste-Delaune de Reims, mardi. © Radio France - Thomas Coignac

Reims, France

"Le ballon est en zone 4". Au tableau, des images apprenant à enrichir son vocabulaire, rappelant les concepts qu'il faut décrire, quadrillant le terrain en zones : autant de concepts que les huit stagiaires rémois ont appris, à quelques semaines de la Coupe du monde féminine. 

Ils vont s'installer, à chacun des six matchs de la coupe du monde féminine, dans la tribune de presse du stade Auguste-Delaune, comme cela se fera dans les autres villes hôtes de la Coupe du monde. Cela permettra à des aveugles ou à des malvoyants, installés dans le stade, et munis d'écouteurs, de suivre ce qui se passe sur le terrain

Un peu, finalement, comme des commentateurs radio, "mais la différence, c'est qu'il faut être beaucoup plus descriptif", souligne Charly Simo, cadre technique à la fédération française du handisport, et membre de l'association ASA (All Services Access). Par exemple, décrire de quelle manière le joueur a contrôlé le ballon, de quel pied...". Autre exemple, au niveau de la position du ballon sur le terrain, divisé en quatre zones, que les commentateurs devront toujours citer lors de leurs interventions. 

Cela existe déjà sur quatre stades de Ligue 1

Au total, sur les trois stades (Reims, Lyon et Grenoble), 400 à 500 personnes pourraient bénéficier de ce dispositif. Elles étaient 800 lors de l'Euro 2016 en France, où l'expérience avait été tentée pour la première fois. Et, en Ligue 1, les supporters malvoyants qui se rendent au stade Pierre-Mauroy de Lille, au Parc des Princes de Paris ou au stade Vélodrome de Marseille, peuvent déjà profiter de ce service, à chaque match à domicile. 

Cela peut paraître flagrant, mais on y a pas accès

Pour animer la formation des volontaires, Yvan Wouandji a été invité. Aveugle depuis ses 10 ans, il joue désormais pour l'équipe de France de cécifoot, avec laquelle il a été médaillé d'argent aux Jeux paralympiques de Londres 2012. Et c'est un habitués des tribunes du Parc des Princes, où il se rend régulièrement pour suivre le PSG. 

Avant 2016, il suivait la rencontre à la radio, "avec un seul écouteur, pour profiter de l'ambiance", ou avec les descriptions de son frère, qui venait s'asseoir à côté de lui. Depuis, il profite de audiodescription. "Ce qui est important, c'est d'abord que les journalistes aient une bonne analyse footballistique, comme pour le grand public, mais avec davantage de précisions. Notamment celles auxquelles on ne pense pas, par exemple, la couleur des équipes. Cela peut paraître flagrant, mais on y a pas accès. Pour autant, il ne faut pas que cela prenne le pas sur l'analyse du football."

Qu'attend Yvan Wouandji d'un audio-descripteur ?

A Reims, ils sont donc huit audio-descripteurs à effectuer le stage, uniquement des hommes. Ils ont été sélectionnés sur CV, et seuls les "meilleurs" seront sélectionnés pour commenter les rencontres. Ils sont pour la plupart étudiants en communication, en sciences politiques, ou même habitués des émissions radio. "On va commenter pour 15, 20, 30 personnes, ça reste un public relativement limité, mais la Coupe du monde, c'est un vrai enjeu un vrai poids, ça met de la pression, explique Quentin Pithois, étudiant à Sciences Po. Et puis, en fait, peu importe le match, le fait de rendre service à une personne, ça met la pression". 

"Bien choisir ses mots" était l'un des ateliers thématiques proposés. - Radio France
"Bien choisir ses mots" était l'un des ateliers thématiques proposés. © Radio France - Thomas Coignac

Ce sont des duos qui commenteront les rencontres, l'un étant chargé de commenter les actions sur le terrain, l'autre, l'ambiance dans les tribunes. Et l'idée, pourquoi pas, c'est qu'ils restent, après la Coupe du monde, pour que les matchs du Stade de Reims soient aussi disponibles en audiodescription.