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Société

Créteil : 20 avocats donnent leur sang pour "se faire saigner utilement" et non par la réforme des retraites

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Par , France Bleu Paris

Les avocats du barreau du Val-de-Marne ont trouvé une nouvelle façon de montrer leur opposition à la réforme des retraites. Ce lundi, une vingtaine a donné son sang, pour "se faire saigner utilement", et non par le projet du gouvernement.

Pascale Taelman, avocate dans le Val-de-Marne, donne son sang pour "saigner utile" et contre la réforme des retraites
Pascale Taelman, avocate dans le Val-de-Marne, donne son sang pour "saigner utile" et contre la réforme des retraites © Radio France - Armêl Balogog

Créteil, France

Vingt avocats du barreau du Val-de-Marne se sont suivis, tour à tour, dans l'établissement français du sang de Créteil pour "se faire saigner", comme ils disent. "Je donne mon sang parce que je préfère me faire saigner utilement plutôt que de le faire inutilement comme nous le propose le gouvernement", explique l'avocate Pascale Taelman, allongée, une seringue piquée dans le bras. Les avocats ont repris l'idée d'autres barreaux, dans d'autres départements français, pour montrer d'une nouvelle façon leur opposition à la réforme des retraites.

Donner son sang, pour prouver sa solidarité

Ainsi, les avocats veulent prouver qu'ils sont bien solidaires, même s'ils se battent pour la préservation de leur régime autonome de retraites. "Je pense que la solidarité des avocats n'est plus à démontrer et c'est un peu dommage qu'on l'oublie aussi souvent", continue l'ancienne bâtonnière du barreau.

Son successeur, Olivier Tournillon estime que "les avocats sont habitués à donner d'eux-mêmes", parfois littéralement comme lors de cette opération, mais il rappelle aussi que la caisse de retraite des avocats verse "entre 80 et 100 millions d'euros par an au régime général pour éviter qu'il y ait des trous encore plus importants qu'ils ne sont".

Pourtant, cette caisse de retraite est un régime autonome, totalement indépendant des autres régimes, général ou spéciaux. Seuls les avocats y cotisent, seuls les avocats en perçoivent les allocations. Ce serait presque un système en vase clos s'il n'y avait pas ce versement annuel. "Ça peut sembler une goutte d'eau mais nous sommes déjà habitués à la solidarité. Quand on entend le gouvernement nous dire 'vous avez manqué de solidarité, vous n'êtes pas solidaires', c'est faux. C'est tout simplement faux", assène le bâtonnier.

Des avocats du Val-de-Marne donnent leur sang contre la réforme des retraites - Radio France
Des avocats du Val-de-Marne donnent leur sang contre la réforme des retraites © Radio France - Armêl Balogog

Les pensions minimum vont baisser et les charges augmenter

Les avocats se battent aussi contre une mesure "inacceptable, injustifiée, infondée", selon les mots de Pascale Torgemen. Si le projet de réforme des retraites est adopté, les avocats passeront au régime universel, ce qui signifie que le montant de leur pension minimum de retraite sera de 1.000 euros, comme les autres professions. Or, ce minimum est actuellement de 1.416 euros précisément.

Avec le système autonome actuel, "celui qui n'a pas eu la chance de beaucoup cotiser aura la même retraite de base que celui qui a cotisé à taux plein et maximum de tout ce qu'il pouvait cotiser dans le régime de retraite", explique Olivier Tournillon, alors qu'avec le projet du gouvernement "on perd un tiers de notre rémunération de base, quels que soient les accidents de la vie professionnelle que les avocats aient pu connaître".

Je ne vois pas où est le progrès social. - Olivier Tournillon, bâtonnier du Val-de-Marne

"Moi, ce qui me fait pleurer, c'est qu'on a la perception des avocats comme des gens qui sont des nantis, qui sont des privilégiés, mais on est très très loin d'une profession richissime", commente Mathieu Baronet. L'avocat rappelle les chiffres : dans le Val-de-Marne, la moyenne des revenus des avocats s'élève à 2.300 euros par mois. "C'est une moyenne, ce n'est pas le revenu le plus bas."

L'autre conséquence qui inquiète les avocats est l'augmentation éventuelle de leurs cotisations sociales, qui passeront de 14% à 28%. "Si vous connaissez une entreprise qui peut survivre avec une hausse de 100% de ses charges, montrez-la moi", lance le bâtonnier. "Comme ça fait des années qu'on augmente ces charges, au bout d'un moment on ne peut plus. Il faut que le gouvernement comprenne que ça n'est plus possible de faire poser ces charges supplémentaires sur nos épaules", ajoute une avocate.

La mobilisation reconduite pour au moins une semaine

Lundi, le Conseil national des barreaux a été reçu par la ministre de la Justice Nicole Belloubet. Il estime avoir été "entendu", mais en l'absence de toute avancée concrète, il a appelé à continuer la mobilisation contre la réforme des retraites. Le barreau du Val-de-Marne l'a suivi. Les actions vont continuer pendant au moins une semaine, jusqu'au lundi 20 janvier. 

"Nous ferons en sorte d'être encore plus incisifs pour que les audiences soient renvoyées, et pour que la France voit qu'elle a besoin d'avocats et que sans avocat le système judiciaire fonctionne moins bien", prévient le bâtonnier.

Les avocats multiplient les autres actions. Manifestations, don du sang - 20 donneurs, "60 vies sauvées", nous précise-t-on - ou encore la rédaction d'une chanson à l'attention du gouvernement, à chanter sur l'air des "Copains d'abord". "Non il n'y a pas que les cheminots qui font peur à la place Beauvau, les robes noires sont dehors, toutes sont dehors. Macron au font de son plumard, ne pige pas qu'on en a marre. Qu'il pense à ses copains d'abord, ses copains d'abord."

La chanson des avocats du Val-de-Marne contre la réforme des retraites

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