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Société

Creuse : 75 ans après leur meurtre, un hommage aux jeunes maquisards du bois du Thouraud

vendredi 7 septembre 2018 à 18:21 Par Simon De Faucompret, France Bleu Creuse

Ce vendredi, le 75ème anniversaire du massacre du bois du Thouraud a eu lieu à Maisonnisses. Une cérémonie d'hommage aux sept jeunes maquisards creusois tués par l'armée allemande, le 7 septembre 1943. Un événement symbolique et que les acteurs locaux veulent transmettre aux générations futures.

Des gerbes de fleurs ont été déposées au pied de la stèle par des élus et des représentants d'associations.
Des gerbes de fleurs ont été déposées au pied de la stèle par des élus et des représentants d'associations. © Radio France - Simon de Faucompret

Maisonnisses, France

Après une dizaine de minutes de marche au cœur du bois de Thouraud, une stèle apparaît soudain entre les arbres. Un monument de pierre sur lequel est inscrit la phrase suivante : "Ici, le 7 septembre 1943, les Allemands ont massacré des jeunes gens qui avaient pris le maquis pour ne pas les servir."

Sept jeunes maquisards creusois ont été tués ici par les nazis. Ils sont aujourd'hui un symbole de la Résistance dans le département. - Radio France
Sept jeunes maquisards creusois ont été tués ici par les nazis. Ils sont aujourd'hui un symbole de la Résistance dans le département. © Radio France - Simon de Faucompret

Entre les élus, les représentants d'associations et les riverains, environ 200 personnes étaient présentes pour la commémoration.

Le "premier drame" creusois de la Seconde Guerre Mondiale

Parmi eux, Jean-Pierre, un Creusois de 65 ans qui vient souvent dans le bois du Thouraud. "Rendez-vous compte de ce qu'il s'est passé ici", souffle-t-il, toujours intimidé par le monument et son caractère symbolique. "C'était quand même un drame, le premier drame de cette guerre vécu sur le terrain."

Un hommage militaire a été rendu aux sept jeunes maquisards assassinés ici, il y a 75 ans. - Radio France
Un hommage militaire a été rendu aux sept jeunes maquisards assassinés ici, il y a 75 ans. © Radio France - Simon de Faucompret

Un pan d'Histoire creusoise

Un drame qui est aujourd'hui un symbole historique dans le département. Il y a 75 ans, seize résistants creusois se sont réfugiés dans ce bois du Thouraud pour échapper au Service du travail obligatoire (STO), un système qui réquisitionnait les travailleurs français pour les mettre au service de l'effort de guerre allemand.

Après plusieurs opérations menées pendant le mois d'août 1943 contre des collaborateurs, ces jeunes maquisards ont été débusqués par une centaine de soldats allemands, le 7 septembre au matin.  Sept d'entre eux ont été tués, les autres faits prisonniers et déportés, d'abord en France, puis dans le camp d'Auschwitz en avril 1944. Seuls trois de ces résistants creusois en sont revenus vivants.

Un symbole de résistance

Jean-Pierre a toujours connu cette histoire. Elle se passe de père en fils, comme un symbole de résistance en Creuse. "Cette histoire a marqué ma famille, depuis mon enfance", confie-t-il. "Tous les gens dans un rayon de 10 kilomètres avaient entendu les tirs. Et on savait que quelque chose de très grave s'était passé." 

Cet hommage est aussi un devoir de transmission pour Elisabeth, membre de l'Association pour la mémoire des Victimes du Bois de Thouraud.  "Beaucoup de familles ont été endeuillées à la suite de cette affaire", confirme-t-elle. "C'est très important que pour les générations futures, ce soit commémoré chaque année."

"Des gens sont morts pour que nous soyons libres" - Pierre, élève de 3ème à Guéret

Les générations futures sont d'ailleurs bien représentées dans l'assemblée. Plusieurs enfants sont au pied du monument et entonnent la Marseillaise. Dans le public également, des collégiens assistent à l'événement. "Des gens qui ont à peine quatre ans de plus que moi sont morts ici", réalise Pierre, 14 ans, élève de 3ème au collège Jules Marouzeau de Guéret. "On se souvient. C'est important de ne pas oublier que des gens sont morts pour que nous soyons libres aujourd'hui."

C'est grâce à son professeur d'histoire que Pierre découvre la stèle. Une preuve que les enseignants creusois, eux aussi, militent pour qu'on n'oublie pas ces jeunes maquisards, 75 ans plus tard.