Société

Cyberattaque : les gendarmes vosgiens appellent à la plus grande vigilance

Par Marie Roussel, France Bleu Sud Lorraine vendredi 19 mai 2017 à 10:09

Une entreprise vosgienne a porté plainte après la cyberattaque Wannacry.
Une entreprise vosgienne a porté plainte après la cyberattaque Wannacry. © Maxppp - Alexandre Marchi

La cyberattaque mondiale continue de faire des ravages. Dans les Vosges une entreprise industrielle a porté plainte, les gendarmes d’Épinal s'attendent à voir d'autres victimes se manifester dans les jours qui viennent. Pour limiter les dégâts, ils misent donc sur l'information et la prévention.

La cyberattaque mondiale Wannacry de la semaine dernière continue de sévir, au total plus de 200 000 à 300 000 entreprises ont été touchées dans 150 pays. Dans les Vosges, une entreprise industrielle a déjà porté plainte et les gendarmes d’Épinal s'attendent à en avoir d'autres dans les prochains jours. "Ce n'est que le début", annonce cet officier.

Cinq cas de rançongiciels dans les Vosges depuis 2015

Dans le département 88, deux gendarmes sont spécialisés dans les technologies numériques. "Mon travail se limite à faire de l'analyse de support numérique, me déplacer sur les lieux dans le cadre de procédure pour porter assistance à mes collègues en cas de perquisitions", détaille l'adjudant-chef Laurent Chape à la gendarmerie d’Épinal.

L'adjudant-chef Laurent Chape exerce à la gendarmerie d'Epinal. Avec un autre enquêteur numérique, c'est lui qui travaille sur les plaintes de cyberattaques dans le département.  - Radio France
L'adjudant-chef Laurent Chape exerce à la gendarmerie d'Epinal. Avec un autre enquêteur numérique, c'est lui qui travaille sur les plaintes de cyberattaques dans le département. © Radio France - Marie Roussel

Avec ses sept ordinateurs il doit être "en capacité d'extraire l'ensemble des données, visibles ou effacées, pour donner des éléments de preuves dans la procédure".

Dans les Vosges, cinq cas de cyberattaques avec vol de données et demande de rançon ont été répertoriées ces deux dernières années. Il y en a peut-être même plus. "Le problème, c'est qu'il y a des entreprises qui ne veulent pas nous informer des attaques parce qu'elles pensent qu'elles seront plus crédibles auprès de leurs interlocuteurs", regrette un officier.

La vulnérabilité des petites entreprises

Les gendarmes insistent aussi sur le fait que les rançongiciels ne concernent pas seulement les grandes entreprises. Bien au contraire :

La cible privilégiée au niveau de ce type de virus ce sont les petites structures puisqu'elles n'intègrent pas dans leur politique de sécurité le côté cyber. Il sera plus compréhensible pour une petite entreprise de protéger physiquement son site par un système d'alarme, des caméras et autres par peur d'avoir un vol par effraction mais n'aura pas forcément conscience de l'aspect virtuel du vol de données", Laurent Chape.

Face à une tendance à la hausse du nombre de cyberattaques, même dans les Vosges, la gendarmerie ne compte pas pour autant mobiliser davantage de moyens. Elle mise plutôt sur la prévention et l'information :

"Il faut se prémunir bien sûr d'un antivirus, qui doit être systématiquement mis à jour. Avoir un système d'information viable avec des mises à jour automatiques", explique l'enquêteur numérique d’Épinal.

L'adjudant-chef Laurent Chape donne quelques conseils en matière de cybersécurité.

"Il faut éviter, sur des ordinateurs professionnels ou sur son lieu de travail de brancher des périphériques de type clé USB ou téléphones portables parce que cela va créer une faille dans le système."

En début de semaine, une nouvelle cyberattaque de grande ampleur a touché déjà plusieurs milliers d'ordinateurs, partout dans le monde, et a coûté plusieurs milliards de dollars à ses victimes.