Société

Cybersexisme - "Pour libérer la parole, il ne faut pas diaboliser les outils du numérique" : Aurélie Latourès

Par Martine Bréson, France Bleu Paris Région mercredi 28 septembre 2016 à 9:15

Aurélie Latourès
Aurélie Latourès © Radio France - Martine Bréson

Aurélie Latourès, chargée d’étude au Centre francilien femmes-hommes. Elle a coordonné l’étude sur le cybersexisme menée dans douze collèges et lycées franciliens. Elle explique ce qu'est le cybersexisme et comment protéger les jeunes de ces violences.

Aurélie Latourès chargée d’étude au Centre francilien femmes-hommes était l'invitée de France Bleu à 8h10. Elle a coordonné l’étude sur le cybersexisme menée dans douze collèges et lycées franciliens. Elle était l'invitée de France Bleu à 8h10. Elle a d'abord donné la définition du cybersexisme et elle a expliqué comment la diffusion de photos intimes, sans l'accord de ceux qui sont sur les images, pouvait être traumatisante. Pour Aurélie Latourès, si on veut que les jeunes en parlent et dénoncent ce cybersexisme, il ne faut pas diaboliser internet ou les réseaux sociaux. Elle a aussi indiqué qu'un ado sur quatre qui avait été victime de cybersexisme n'en avait jamais parlé souvent par honte. Une loi devrait bientôt passer. Elle permettra de sanctionner la diffusion de ces photos intimes de deux ans de prison et 60.000 euros d'amende.

Ecoutez l'interview d'Aurélie Latourès à la fin de cet article.

A retenir

C'est quoi le cybersexisme ?

Le cybersexisme, c'est un ensemble de violences qui sont déployées via internet, via aussi les Smartphones, qui s'expriment à travers des insultes, des humiliations mais aussi des rumeurs et ces violences ont la particularité à réduire les filles à leur apparence physique mais aussi de survaloriser la virilité et la sexualité des garçons.

Les violences , insultes, rumeurs, " à travers les outils numériques trouvent un moyen de s'amplifier, de se diffuser. En un seul clic on peut très facilement avoir des insultes qui se diffusent à des centaines d'élèves avec des effets durables et des conséquences importantes.

Il y a des formes de violences spécifiques créées par les outils numériques et notamment à travers le partage de photos et de vidéos à caractère intime ... elles vont être diffusées, partagées, commentées sans qu'il n'y ait plus de contrôle de la part de la jeune fille en particulier... Ce qu'on constate dans l’étude, c'est que les jeunes filles sont invitées à s'exposer encore plus que les garçons... il y a une forte pression à être présent sur les réseaux sociaux... mais le retour de bâton, c’est que si elles le font de manière qui peut les exposer trop, on va les juger comme n'étant pas respectables...les filles sont souvent culpabilisées par la circulation de ces photos qu'elles n'ont pas choisie.

Que peuvent faire les adultes ?

Un ado sur quatre n'a jamais parlé de ces violences... par honte face aux violences qu'ils ont subies mais aussi parce qu'ils ont eu peur d'être jugés pour leur comportement.. on parle aussi de situation qui se passe dans une période de découverte autour de la sexualité... Les adultes ont beaucoup de mal à observer ces phénomènes là... comme ça se passe sur les réseaux sociaux, ça échappe à leur contrôle... on peut voir des signaux faibles... on peut être insulté sur internet, on peut avoir des photos qui circulent avec des commentaires très humiliants et ensuite en classe, au moment où on prend la parole, avoir du chahut qui se fait ou du coup être harcelé dans la cour.

Les jeunes ont peur d'être sanctionnés pour leur comportement...pour que la parole se libère et prévenir ces formes de violences, il ne faut pas diaboliser les outils du numérique.

La loi existe, il est possible de porter plainte.

Normalement le projet de loi numérique devrait finalement être adopté avec un article qui va pénaliser pour la première fois la diffusion d'images à caractère sexuel... la loi va permettre de distinguer la diffusion et si le projet de loi passe ce sera passible de deux ans de prison et 60.000 euros d'amende et c'est important de le faire connaitre.

Ecoutez l'interview d'Aurélie Latourès

Aurélie Latourès

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