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Société

A Grostenquin, le rassemblement de la communauté des gens du voyage fait grincer des dents

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Par , France Bleu Lorraine Nord

La communauté des gens du voyage doit se réunir à Grostenquin du 27 août au 3 septembre. Un troisième rassemblement d'environ 30 000 personnes qui fait grincer les dents des élus locaux. Ils se mobilisent pour préserver la salubrité des lieux classés patrimoine naturel.

Les maires des communes de Grotenquin, Bistroff, Lelling et Guessling-Hemering ainsi que des habitants mobilisés contre la tenue d'un rassemblement de gens du voyage sur un site protégé.
Les maires des communes de Grotenquin, Bistroff, Lelling et Guessling-Hemering ainsi que des habitants mobilisés contre la tenue d'un rassemblement de gens du voyage sur un site protégé. © Radio France - Jordan Muzyczka

Grostenquin, France

"Regardez ces photos", montre, non sans décolérer Gérard Jacob, maire de la commune de Guessling-Hémering. A ses côtés, les élus des autres communes limitrophes acquiescent. "Quelle commune accepterait cela? Nous, nous nous sentons abandonnés par l'Etat".

Une photographie prise par des riverains après le départ de la communauté des gens du voyage de l'aérodrôme de Grostenquin - Aucun(e)
Une photographie prise par des riverains après le départ de la communauté des gens du voyage de l'aérodrôme de Grostenquin

Pour la troisième fois, le rassemblement de la mission évangélique Vie et Lumières doit se tenir à Grostenquin, soit 30 000 membres de la communauté des gens du voyage.
Octave Matz, maire de Lelling, tient à mettre les choses au clair: "Attention, nous n'avons absolument rien contre les gens du voyage. Seulement, la tenue, de cette façon de ce rassemblement, ce n'est pas possible".
Son homologue rajoute: "Il n'y a pas de turn-over sur les sites en France, personne n'est concerté. Ils font cela dans leur coin, et à la fin, quand c'est terminé, nous les maires, sommes là, seuls, avec tout sur le dos".

Des déchets dans un site protégé

Grostenquin rassemblement gens du voyage © Gendarmerie nationale - Aucun(e)
Grostenquin rassemblement gens du voyage © Gendarmerie nationale - Gendarmerie nationale

"On a pas envie de déplacer le problème ailleurs, assure Gérard Jacob. Il faut que cette communauté puisse se réunir, mais sur un site adapté ". Les 30 000 futurs locataires seront installé sur l'aérodrome de Grostenquin, dans une zone classée Natura 2000. "Après ce passage, vous avez des mouvement de gibiers qui s'en vont, des insectes, les plantes sont laminées", fait remarquer Norbert Weber, habitant et membre de l'association intercommunale de sauvegarde de l'environnement de Harprich.

Ces sites sont déterminés par l'Union Européenne. Ils font partis d'un régime particulier et servent à la conservation des espèces animales et végétales.
Mais il existe deux poids, deux mesures selon un autre habitant de la commune: "Vous construisez un habitat, l'Etat vous oblige une étude d'impact sur l'environnement. Là on installe un chapiteau pour 30 000 personnes et on ne demande aucune étude d'impact".

Les élus du secteurs en colère par ce qu'ils juge comme un abandon des pouvoirs publiques.

Une mobilisation jusqu'au Sénat

Samedi 8 juillet, ils étaient 150, dont une majorité d'élus, à manifester sur le parvis du tribunal de Sarrebourg. Ils ont également décidé de lancer un collectif citoyen pour partager leur colère. Quelques jours auparavant, c'est le sénateur-maire Les Républicains de Woippy, François Grosdidier qui s'emparait de la question, interpellant le gouvernement. Dans le même camp, le député Fabien Di Filippo, élu en juin 2017, interpellait également sur cet dossier le ministère de l'écologie.

Le maire de Guessling-Hémering, Gérard Jacob, est excédé. Il arrive au point de non-retour: "En 2015, nous avons subi les gens du voyage. En 2016, les odeurs de la décharge de Téting-sur-Nied. 2017, on recommence avec les gens du voyage. S'ils veulent encore avoir un nouveau site, à ce moment là, mon village ne vaut plus rien", relate t-il comme abattu.

Qui voudra venir s'installer chez nous? Dans ce cas je fais une simple proposition, ramenez les déchets nucléaires de Bure, qu'on les mette directement à Guessling. Vu que le village sera mort, alors un peu plus, un peu moins..."

Des habitants pas hostiles

Le tableau est-t-il si noir ? Non, selon les habitants. Mathieu a 27 ans. Ce footballeur amateur garde un plutôt bon souvenir du dernier rassemblement: " Les gens du voyage s'étaient accaparés le terrain de football. Avec le club, on leur a laissé les vestiaires, pour que les enfants puissent se doucher. Ils étaient tout heureux. Du coup, ils nous ont fait une cagnotte pour rembourser le club". Même discours auprès d'Aurélie et de sa sœur: "Ils ont construit un marché à l'entrée du village où il vendent leurs productions artisanales. Nous on y est allé, par curiosité". Brigitte la soixantaine n'a en revanche rien a leur reprocher "pour le moment", hormis le "défilé de caravanes sur la route. C'est infernal...infernal...".

Les habitants rencontrés accueillent avec plutôt de la sympathie les gens du voyage.

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