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Société DOSSIER : 75e anniversaire du Débarquement

D-Day : "en Limousin, la résistance s'est retrouvée brutalement avec des centaines de volontaires prêts à se battre"

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Par , France Bleu Limousin

Pour l'historien limougeaud Michel Kiener, le 6 juin 44 reste une date-clé de la seconde guerre mondiale pour les Limousins, même si le Débarquement se passait loin de chez eux. L'événement a d'ailleurs eu des conséquences importantes, explique-t-il.

L'historien Michel Kiener a recueilli de nombreux témoignages en Limousin sur la Seconde guerre mondiale.
L'historien Michel Kiener a recueilli de nombreux témoignages en Limousin sur la Seconde guerre mondiale. © Radio France - Françoise Ravanne

Limousin - France

Comment les Limousins ont-ils appris le Débarquement allié en Normandie ? Quelle a été leur réaction ? Quelle place prend cette date dans la mémoire limousine ? Questions posées à 8h15 ce 6 juin, à Michel Kiener, historien, spécialiste du Limousin, par Françoise Ravanne.

Vous avez recueilli beaucoup de témoignages en Limousin. Quels sont les souvenirs des personnes qui ont vécu le Débarquement, même à des centaines de km de distance ?

Chaque fois que j'ai interrogé des témoins de cette époque, les deux dates dont ils me parlaient, c'était d'une part en 1940 le discours de Pétain, souvent en évoquant les larmes du père qui pleurait pour la première fois. Et d'autre part, non pas la libération de Limoges, car dans les campagnes, on est loin de tout ça, mais c'est vraiment le jour du débarquement. Il y avait une sorte de frémissement dans la population, on sentait d'ailleurs que la BBC était très excitée. Tout le monde l'attendait !

Et justement, comment s'est répandue la nouvelle ?

D'abord parce qu'il y avait toujours des gens qui écoutaient la BBC, et même si tout le monde n'avait pas de poste de radio, il y avait toujours dans les environs des gens qui... Et dès que la nouvelle a été acquise, des gamins sont partis à vélo dire ça à leurs voisins, au village d'à côté. En Haute-Vienne, en Limousin, les Allemands étaient très peu nombreux. Ils étaient en garnison, à Limoges, un petit poste à Bellac, un autre à St Junien, mais pas ailleurs !

Ecoutez le récit de Lucien Sage, un Limougeaud qui avait 12 ans en 1944, sur l'annonce du débarquement.

C'est à ce moment-là que la résistance s'est encore plus réveillée ?

Alors, il se passe plein de choses ! Jusque-là, il était très clair que les FTP, y compris Guingouin, ne pouvaient pas nourrir des hommes comme ça, les entretenir à ne rien faire. Finalement, rares étaient les jeunes partis vraiment pour le maquis... Mais les 6-7 juin, plein de jeunes quittent leurs familles, leur ferme, leur travail et s'en vont rejoindre les contacts qu'ils imaginent ou qui sont connus, dans les forêts. Brutalement, un homme comme Guingouin, avec sa petite bande, se retrouve avec des centaines de volontaires prêts à se battre, auxquels on distribue des armes qu'ils ne connaissent pas ! N'oublions pas qu'on est en 44 et qu'il n'y a plus de service militaire depuis 1940 : ces gamins de 17-18 ans, qui rêvent d'aventure, vont participer à l'Histoire, c'est extraordinaire !

"Les FTP s'emparent de Tulle, la réaction allemande est foudroyante...

C'est un des grands mouvements de l'époque. Et il y en a un deuxième, c'est que le parti communiste, qui sait que De Gaulle existe, qu'il y a "une autre France", a donné les instructions nécessaires pour que les insurgés prennent le pouvoir, une fois le débarquement acquis. C'est ainsi qu'ici ou là, à Tulle par exemple, des FTP s'emparent d'une ville et c'est la libération. La réaction allemande est foudroyante : on ne peut pas se permettre de lâcher une préfecture et Tulle est reprise avec le drame qu'on connaît. 

Oui, le drame des pendus. Le lendemain, il y a Oradour-sur-Glane. Est-ce que ces événements tragiques n'ont pas occulté finalement l'espoir donné par le débarquement ? 

C'est tellement vrai que souvent on attribue des événements à la Das Reich. Les combats qui ont eu lieu un mois et demi après le débarquement, comme la bataille du Mont Gargan, des gens d'ici continuent de les attribuer à la division Das Reich, alors qu'elle était partie depuis longtemps en Normandie. Mais globalement, à l'échelle du grand Sud-Ouest, c'est quand même l'annonce du D-Day qui a représenté pour tout le monde l'exact inverse du discours du Maréchal Pétain. 

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