Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour

"Daniel Cordier ne se prenait pas pour un héros" : le témoignage de l'Orléanaise Véronique Galliot-Rateau

-
Par , France Bleu Orléans, France Bleu

Un hommage national sera rendu ce jeudi à Daniel Cordier, l'ancien secrétaire de Jean Moulin, décédé vendredi 20 novembre. Daniel Cordier fut l'ami de Pierre Rateau, lui aussi Compagnon de la Libération, dont la fille Véronique a longtemps travaillé au musée des Beaux-Arts d'Orléans.

Véronique Galliot-Rateau, chez elle, en compagnie d’œuvres de Daniel Cordier
Véronique Galliot-Rateau, chez elle, en compagnie d’œuvres de Daniel Cordier © Radio France - François Guéroult

C'est une cérémonie d'hommage national à Daniel Cordier qui aura lieu, ce jeudi après-midi, aux Invalides. Ancien Résistant et secrétaire de Jean Moulin, Daniel Cordier s'est éteint vendredi dernier à l'âge de 100 ans, il était l'avant-dernier Compagnon de la Libération encore en vie. Après la guerre, il était devenu un galeriste d'art réputé.

L'ami de Pierre Rateau

Véronique Galliot-Rateau, conservateur au Musée des Beaux-Arts d'Orléans de 1985 à 2019, l'a particulièrement bien connu : son père, Pierre Rateau, lui aussi Compagnon de la Libération, était un ami très proche de Daniel Cordier - les deux hommes s'étaient rencontrés à Londres en 1941 au BCRA (Bureau central de renseignement et d'action) ; ils se croisèrent plusieurs fois pendant le conflit, partageant même un appartement londonien pendant 3 mois en 1944. Cette relation d'amitié perdura après guerre, Daniel Cordier sera même le parrain du fils de Pierre Rateau, Olivier, né 2 ans avant Véronique.

Lorsque son père décède en 1956, Véronique Galliot-Rateau a 2 ans et demi. Et tout au long de son enfance, les visites de Daniel Cordier à la famille sont nombreuses et affectueuses. "C'était vraiment quelqu'un de très agréable, de très joyeux, se souvient-elle au micro de France Bleu Orléans. Il nous emmenait à la campagne, il inventait des jeux, il était très spirituel. Et puis maman était contente quand il était là, car il nous racontait des anecdotes sur papa."

"Il nous racontait Jean Moulin"

Des anecdotes parfois liées à la guerre, bien sûr. "Il a réussi à nous parler de la guerre en s'adaptant à nos âges, car nous étions alors trop jeunes pour tout comprendre, explique Véronique Galliot-Rateau. J'ai par exemple en mémoire qu'il relatait l'épisode où il avait déplié son pyjama en soie, dans un train, pour s'installer confortablement pendant la nuit, alors que ses camarades étaient tous en tenue de combat... Il nous racontait aussi l'héroïsme de notre père, il nous racontait Jean Moulin et les risques qu'ils affrontaient ensemble."

Daniel Cordier en 2013, lors de la projection à Paris du téléfilm "Alias Caracalla", tiré de son autobiographie
Daniel Cordier en 2013, lors de la projection à Paris du téléfilm "Alias Caracalla", tiré de son autobiographie © Maxppp - Tiboul Peex

Le tout avec une grande simplicité : "Il ne se posait pas du tout en héros, c'est à mille lieues de l'image qu'il voulait qu'on ait de lui." Aurait-il apprécié, dès lors, l'hommage d'aujourd'hui aux Invalides ? "Je ne sais pas, Daniel Cordier a toujours dit qu'il ne voulait pas être le dernier Compagnon de la Libération qui remplira le caveau vide de la crypte du Mont Valérien - "Tu comprends, disait-il à mon frère, personne ne viendra me voir là-bas !" - et c'est pour cela qu'il a acheté une concession au Père Lachaise. Mais je pense néanmoins que l'hommage national lui aurait fait plaisir."

La visite de Daniel Cordier au musée des Beaux-Arts d'Orléans

Outre la mémoire de son père, Véronique Galliot-Rateau doit aussi à Daniel Cordier une autre transmission : la passion de l'art. "Il nous a fait découvrir des artistes contemporains comme Dubuffet, Dado, Michaux... Lorsque nous allions chez lui, il y avait partout des œuvres d'art, des peintures, des sculptures, des objets d'art brut, cela a sûrement joué dans mon propre goût pour l'art."

En retour, un jour de 1989, Véronique Galliot-Rateau fit visiter à Daniel Cordier le musée des Beaux-Arts d'Orléans. "Ce fut un moment de grand bonheur pour l'un comme pour l'autre : lui faire parcourir les salles, en lui révélant des trésors, à lui qui ne demandait pas mieux... Il avait la main sur mon épaule, et me disait : "Ma petite Véronique, quel plaisir tu me fais !" Je me souviens qu'il avait été particulièrement ému par le "Saint Thomas" de Vélasquez, à la lumière si intense..."

L'interview de Véronique Galliot-Rateau est à écouter ici :  

Véronique Galliot-Rateau raconte Daniel Cordier

Choix de la station

À venir dansDanssecondess