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Société DOSSIER : L'affaire Vincent Lambert

Daniel Emery, ancien délégué de l'Association pour le droit à mourir dans la dignité : "Il faut un cadre"

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Par , France Bleu Cotentin

Hospitalisé à Reims dans un état végétatif depuis onze ans, Vincent Lambert est devenu le symbole du problème de la gestion de la fin de vie en France. Pour Daniel Emery, ancien délégué de l'Association pour le droit à mourir dans la dignité de la Manche, la loi actuelle est trop imprécise.

La mère de Vincent Lambert pendant un rassemblement pour protester contre l'arrêt des soins, à Reims, le 19 mai 2019.
La mère de Vincent Lambert pendant un rassemblement pour protester contre l'arrêt des soins, à Reims, le 19 mai 2019. © Maxppp - Rémi Wafflart - L'Union L'Ardennais

Après des années de bataille juridique entre certains proches de Vincent Lambert, partisans d'en finir avec l'acharnement thérapeutique, et ses parents opposés à l'interruption des soins, les médecins de Reims ont entamé le processus, lundi 20 mai. 

Cette situation, avec une famille qui se déchire, c'est tout ce contre vous vous battez au sein de l'ADMD... Comment en arrive-t-on là en France ?

On se bat surtout pour obtenir une loi. Je ne sais pas trop comment réagir à ce feuilleton. Nous nous battons depuis tellement d'années, quarante ans, pour une loi. Vous vous rendez compte, 2001, les lois Kouchner pour traiter la douleur, et puis les trois lois Leonetti, on fait à chaque fois avancer un petit pas... Je ne suis pas sûr que les derniers éléments concernant Vincent Lambert fassent encore avancer. Mais il va bien falloir en discuter.  Il y aura des gens qui seront toujours pour et des gens qui seront toujours contre. 

La fin de vie en France ne peut pas être le résultat de batailles juridiques. Il faut un cadre qui permette aux gens qui le veulent, qui ont décidé à l'avance, d'organiser leur fin de vie. Dans le cas de Vincent Lambert, qui a eu un accident, il y a une absence de directive anticipée. Combien de personnes dans ce pays ont rempli leur directive anticipée ? Et peuvent donc générer des situations de ce genre ? Aujourd'hui, si les personnes n'ont pas de directive anticipée, on n'a même pas une liste des tiers pour savoir qui est la personne qui va prioritairement décider. 

Pour vous, la loi est donc trop floue ?  

On est dans le flou complet. On a des tas de pays autour de nous qui ont précisé les choses, qui ont fourni un cadre juridique. Ensuite le citoyen, libre, se décide. De notre côté, à chaque fois, on va avoir un événement qui va faire ressortir la problématique en France. Voilà où on en est.  

Selon vous, faudrait-il définir plus précisément "l'obstination déraisonnable" ?  

On a déjà remplacé acharnement thérapeutique par obstination déraisonnable. Ce que chacun peut comprendre. C'est l'obstination à la fois de la personne et puis surtout bien sûr du personnel soignant. En l’occurrence, s'agit-il d'une obstination de la part des parents qui veulent le maintenir à tout prix artificiellement en vie ? C'est ce que répondent les médecins. Est-ce qu'à chaque fois, on va avoir un tribunal qui va décider la loi ? On a un problème de dialogue avec les autorités médicales, d'autant qu'en France, beaucoup de gens finissent leurs jours à l'hôpital, ce qui n'est pas le cas dans d'autres pays.   

Les politiques sont-ils à la hauteur sur le sujet ?  

Je n'ai pas à juger les politiques, mais ça fait tellement d'années qu'on nous lanterne... La problématique, c'est qu'on voudrait que tous les politiques soient d'accord. C'est d'abord à chaque citoyen de se déterminer, et que la loi l'y autorise. Ensuite il y aura des gens qui seront favorables à l'euthanasie. Mais il faut au moins que chacun connaisse les conditions pour préparer sa fin de vie.