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Société

La saison des mariages dans l'Yonne (3/5) : les photographes font de la résistance

mercredi 9 mai 2018 à 4:06 Par Delphine Martin, France Bleu Auxerre

Les mariages représentent une véritable économie et font vivre des dizaines de prestataires, notamment les photographes. Des professionnels qui arrivent, malgré le numérique et les smartphones, à tirer leur épingle du jeu, en misant notamment sur l’originalité.

Titouan Rimbault est photographe professionnel depuis 5 ans à Auxerre.
Titouan Rimbault est photographe professionnel depuis 5 ans à Auxerre. © Radio France - Delphine Martin

Auxerre, France

En ce début du mois de mai, c'est aussi le début de la saison des mariages, qui va se poursuivre jusqu’en septembre. Dans l'Yonne comme ailleurs, le nombre de mariages baisse au fil des ans, mais on en compte toujours, selon l'Insee, environ 1 300 chaque année, dans le département.

Les dépenses engagées par les couples et les familles varient beaucoup, mais on estime que le coût moyen d’une cérémonie de mariage se situe entre 15 000 et 20 000 euros. Cela créé de l’activité économique, et fait vivre de nombreux prestataires : fleuristes, traiteurs, organisateurs de mariage, DJ… mais aussi les photographes ! 

Entre 4 et 6 mois de travail régulier

Pour les photographes, la saison des mariages, c'est du travail régulier pendant au moins quatre mois. Et contrairement à ce qu'on pourrait penser, malgré le développement et la démocratisation de la photo numérique, alors que tout le monde (ou presque) prend des photos avec son téléphone, de nombreux couples font encore appel à des professionnels

"On a beau avoir tous les appareils photo du monde, le cadrage ou la post-retouche sur ordinateur reste le boulot d’un photographe", analyse Titouan Rimbault, un jeune photographe de 27 ans installé à Auxerre. "En faisant des dizaines de mariages par an, on peut anticiper. On sait quand arrive le moment des alliances, on peut aussi réduire le temps des photos de groupe. Nous, on n’est pas là pour danser ou manger, on est là pour faire les photos", ajoute le jeune homme. 

Des photos plus originales après le jour J

Ce photographe réalise, selon les années, entre un tiers et 50% de son chiffre d'affaire grâce aux mariages. Souvent, en plus de la prestation classique (la séance des mariés, la cérémonie, le vin d’honneur), les couples reviennent quelques jours après, pour une séance plus décontractée : "Là, on peut vraiment s’éclater. Parce qu’on n’a plus peur de tâcher la robe, on a du temps, on est moins stressé, et on peut faire des photos décalées"

Cela donne des photos originales : des mariés qui sautent dans une rivière, ou qui posent dans un entrepôt abandonné, ou sur un canapé rouge dans un champ.

Le photographe Titouan Rimbault propose des séances originales et décomplexées à ses clients. - Aucun(e)
Le photographe Titouan Rimbault propose des séances originales et décomplexées à ses clients. - Crédit : Titouan Rimbault

Des séances photo en mode "reportage"

A Escamps, Adeline Dupré mise elle aussi sur l’originalité. Elle est photographe depuis 2011 (à temps plein depuis 2017), et les mariages représentent les trois quarts de son activité. Loin des images posées, un peu convenues et figées, elle propose des photos de mariages en immersion, façon "reportage". "L’idée est de choper des moments très spontanés de cette journée, dès l’instant où la future mariée se fait maquiller jusqu’à l’entrée dans la salle de réception. On saisit l’instant présent. Je ne veux pas que mes clients aient la même photo "devant les ballots de paille" que leurs parents, et les parents de leur parents".

Adeline Dupré réalise les trois quarts de son activité sur des mariages. - Radio France
Adeline Dupré réalise les trois quarts de son activité sur des mariages. © Radio France - Delphine Martin

Chez ces deux jeunes photographes, il faut compter environ 1 000 euros au minimum pour une prestation de mariage. Un prix qui ne comprend pas les tirages, puisque les photos sont livrées sur CD.

Il faut aussi être diplomate

Mais un photographe de mariage, en 2018, doit aussi composer avec tous les smartphones tendus en permanence, et les invités qui veulent tous immortaliser eux-mêmes le passage des alliances ou l’arrivée de la mariée dans l’église. "Parfois, on demande au maire ou au curé de dire un petit mot, pour que les gens ne se placent pas devant nous", glisse Adeline Dupré. 

Les photographes doivent aussi, parfois, négocier avec des invités, persuadés d’être eux-aussi de grands faiseurs d’images. "On rentre parfois dans une négociation pour essayer de se débarrasser du tonton, qui a un super appareil, et qui vous colle toute la journée", se souvient Adeline en riant. "Oui, moi aussi j’ai le souvenir d’une tata, qui a passé l’après-midi à côté de moi à faire les mêmes photos que moi, et à me montrer les siennes." Regard, créativité et diplomatie, donc... voilà les trois outils principaux d'un photographe de mariage.

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- Crédit : Adeline Dupré

La saison des mariages : notre série sur francebleu.fr