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Société

Dans le Loiret, l'Union nationale des combattants rend hommage au général Massu

dimanche 8 avril 2018 à 6:37 Par François Guéroult, France Bleu Orléans

Ce dimanche à Lorris, le général Jacques Massu va devenir, à titre posthume, président d'honneur de l'Union nationale des combattants du Loiret. Un hommage, bien loin des polémiques sur la torture en Algérie qui restent attachées à son nom.

Jacques Massu en octobre 1971, lors de la sortie de son livre "La vraie bataille d'Alger"
Jacques Massu en octobre 1971, lors de la sortie de son livre "La vraie bataille d'Alger" © Maxppp - Archives Maxppp

Loiret, France

Un hommage inédit sera rendu au général Massu ce dimanche à Lorris. Jacques Massu, décédé en 2002, va devenir, à titre posthume, président d'honneur de l'UNC du Loiret, l'Union nationale des combattants, lors d'une cérémonie officielle, en présence de la directrice de cabinet du préfet.

De Genevoix à Massu

Pourquoi un tel hommage ? Pour deux raisons, explique Yves-Marie Larivière, l'actuel président de l'UNC dans le Loiret. D'abord en raison des liens qu'a entretenus le général Massu avec le Loiret. En juillet 1969, il prend sa retraite et s'installe à Conflans-sur-Loing, dans sa maison du Prieuré, un ancien presbytère, où il vit jusqu'à sa mort en 2002. Pendant toute cette époque, il est aussi un adhérent discret à l'Union nationale des combattants, dans la section de Conflans, raconte Yves-Marie Larivière : "Le général Massu avait un très fort attachement à Conflans-sur-Loing ; deux ans après s'être installé dans cette commune, il est entré à l'UNC, comme simple adhérent. Il faut dire que l'UNC est ouverte à tout le monde, nous avons des sans grade, des gradés..."

Seconde raison : la distinction de président d'honneur de l'UNC du Loiret a déjà été attribuée, dans le passé, à Maurice Genevoix - l'écrivain, ancien Poilu, symbolise ainsi la Grande Guerre de 14-18. En rendant le même hommage à Jacques Massu, Compagnon de la Libération, l'UNC du Loiret tient là sa référence au conflit mondial de 39-45 : "Le général Massu va rejoindre Maurice Genevoix au Panthéon de l'UNC du Loiret, se réjouit Yves-Marie Larivière. Deux personnages hors du commun, l'un représentant la première guerre mondiale, l'autre la seconde guerre mondiale. C'est très puissant, parce qu'il faut montrer qu'il y a eu des grands hommes qui ont servi la France." Interview de Yves-Marie Larivière à écouter ci-dessous :

"Jacques Massu va entrer au Panthéon de l'UNC du Loiret" - Yves-Marie Larivière

Un hommage sans référence au passé algérien

En revanche, un autre aspect de la mémoire ne sera pas du tout évoqué lors de cet hommage : les polémiques sur la torture en Algérie, polémiques auxquelles le nom du général Massu reste indéfectiblement lié. Lors de la guerre d'Algérie, Jacques Massu est à la tête de la 10ème division parachutiste. C'est sous ses ordres qu'est menée en 1957 la bataille d'Alger pour démanteler les réseaux du FLN - grâce au renseignement et surtout au recours à la torture... Une pratique que le général Massu reconnaît et revendique en 1971, dans un livre ("La Vraie bataille d'Alger") et à la télévision. Une torture assumée puisque la fin justifie les moyens  ("La guerre dans ces circonstances m'oblige à recourir à ce procédé") - et minimisée puisque comparée à un acte quasi-chirurgical ("Je ne considère pas que ce procédé, malgré le mot affreux dont on le qualifie, soit plus inhumain que de balancer des bombes.. C'est un procédé qui se résume à peu de choses et qui laissait beaucoup moins de traces sur les individus qu'une balle dans le cœur"). Ces propos lui valent alors la réplique cinglante de l'historien Pierre Vidal-Naquet, qui fut professeur au lycée Pothier d'Orléans (dans le livre "La Torture dans la République").

Et puis, coup de théâtre, en 2000, Massu devient le général repenti.  Dans une interview publiée en juin 2000 dans le Monde, le général Massu exprime ses regrets : "Quand je repense à l'Algérie, cela me désole" déclare-t-il, "on aurait pu faire les choses différemment". Il avoue qu'avec le recul "La torture n'est pas indispensable en temps de guerre", et qu'"on pourrait très bien s'en passer". Un revirement qui n'étonnait pas cette habitante de Conflans-sur-Loing que France Bleu Orléans avait rencontrée lors de la mort du général Massu en 2002 : "A propos des tortures en Algérie, il m'expliquait que parfois il y était obligé pour éviter d'autres catastrophes encore plus grandes mais que ce n'était pas de gaieté de cœur ; jusqu'à la fin de sa vie, ça lui a posé des gros problèmes de conscience." Jacques Massu, rattrapé par sa foi chrétienne, à la fin de sa vie - c'est ce que pense aussi Yves-Marie Larivière : "On l'appelait le général chrétien, il était très croyant ; quand on prend de l'âge, on prend du recul." C'est bien au regard de sa bravoure pendant la seconde guerre mondiale que le général Massu est aujourd'hui hororé à Lorris - mais "On ne parlera pas de l'Algérie", précise Yves-Marie Larivière. A retrouver ci-dessous le décryptage que France Bleu Orléans a consacré à ce sujet, à l'aide d'archives sonores :

Le "Décryptage" de France Bleu Orléans diffusé vendredi 06 avril 2018