Société

Dans le Loiret, un plan d'action pour faire face à l'arrivée des mineurs isolés

Par Cyrille Ardaud et Eric Normand, France Bleu Orléans dimanche 12 novembre 2017 à 19:54

Un match de foot à Orléans le samedi 5 novembre pour sensibiliser les habitants au sort des mineurs isolés
Un match de foot à Orléans le samedi 5 novembre pour sensibiliser les habitants au sort des mineurs isolés © Radio France - Éric Normand

Le Loiret lance un plan d'action pour faire face à l'arrivée des mineurs non accompagnés. Ce sont ces jeunes qui ont fui seuls leur pays. Dans le Loiret, ils sont près de 300.

298. C'est le nombre de mineurs non accompagnés dans le Loiret. Ils ont fui seuls leur pays et espèrent une vie meilleure en France. Ce sont essentiellement des garçons (seulement 22 filles parmi eux) et ils sont de plus en plus nombreux à arriver dans le département : trois fois plus qu'en 2014.

L'accueil des mineurs non-accompagnés est une vraie question ici, dans le Loiret. Le département vient d'ailleurs d'organiser une journée de réflexion avec tous les partenaires de l'action sociale et éducative.

Le Loiret accueille 1,11% des mineurs isolés de France

Cette problématique n'est pas récente. En 2013 par exemple, Eric Doligé, l'ancien président du département avait pris un arrêté pour stopper l'accueil de ces mineurs. Les choses ont depuis bien changé, et le Loiret prend davantage sa part. Il faut dire qu'il existe désormais une clé de répartition nationale. Le Loiret accueille donc 1,11% des mineurs non-accompagnés de France.

Des jeunes provenant pour la plupart de Guinée, de Côte d'Ivoire ou encore du Mali. En France, ils espèrent trouver un peu de sérénité et de sécurité. Ils espèrent aussi étudier, apprendre. Mais trouver une place à l'école est parfois difficile : une petite centaine d'entre eux ne sont pas scolarisés. C'est par exemple le cas de David. Il vient d'arriver dans le Loiret après un parcours chaotique : "Je suis parti du Cameroun. Je suis passé par le Nigeria, le Niger et la Libye où j'ai eu beaucoup de difficultés. Dans mon pays j'ai arrêté la classe en seconde générale. J'aimerais bien pouvoir reprendre l'école ou faire une formation. Pouvoir apporter quelque chose à la France, montrer ce que je peux faire !"

C'est le poids de la famille qui les incite à partir

Car la plupart des jeunes isolés souhaitent réussir à l'école et s'intégrer. Ils sont très investis sur le plan scolaire et avec de vrais projets. Martine Aurus chef du service d'aide sociale à l'enfance, détaille : "On a des jeunes qui sont essentiellement liés à une migration économique. Souvent, ce n'est pas une décision individuelle. C'est plutôt le poids familial qui les incite à partir. Ils portent les espoirs de leur famille pour un meilleur avenir."

Un budget de 5,2 millions d'euros

Il y a un autre enjeu, celui du logement. À leur arrivée dans le Loiret, les jeunes sont hébergés à la maison de l'enfance. Ils y restent normalement cinq jours. Le temps d'évaluer s'ils sont bien mineurs, car il y a parfois des doutes.

Aller plus loin : Comment vérifier que les jeunes sont bien mineurs ? La réponse de Sonia Pallin, magistrate coordinatrice au tribunal pour enfants d’Orléans.

Après cette période, la plupart vont à l'hôtel. Mais cette solution coûte cher à la collectivité. Les autres vont en foyers ou restent en maisons d'enfants à caractère social. Le budget consacré par le département aux mineurs non accompagnés est pour cette année de 5,2 millions d'euros. Il était de 3 millions en 2016. Sauf que ce n'est sans doute pas encore assez : en septembre le personnel de la maison de l'enfance d'Orléans s'était mis en grève pour dénoncer les conditions de travail et pour réclamer d'avantages de moyens.

Autant de questions qu'il est urgent de régler : de nombreux jeunes isolés pourraient arriver d'ici le début de l'année prochaine en raison de la fin de l'état d'urgence et de l’ouverture des "zones tampons" aux frontières. Ce chiffre de 298 mineurs non-accompagnés pourrait doubler dans les prochaines semaines.

Réécoutez le décryptage de France Bleu Orléans et l'invitée de la rédaction sur la question des mineurs isolés.