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Société

Dans le Poitou, la Croix rouge recherche des familles pour de l'hébergement citoyen de réfugiés

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Par , France Bleu Poitou

Alors que les parlementaires se penchent sur la loi immigration, les associations poursuivent leur travail sur le terrain. Dans le Poitou, la croix rouge recherche des familles volontaires pour accueillir des réfugiés chez elles pendant trois mois à un an, dans le cadre d'un hébergement citoyen.

Photo d'illustration
Photo d'illustration © Maxppp - Maxppp

Poitiers, France

Le gouvernement rouvre le dossier migratoire. Les débats sur la loi immigration ont commencé ce lundi à l'assemblée et arriveront ce mercredi devant le Sénat. Au bout des discussions : pas de vote des parlementaires, mais des décrets du gouvernement qui pourraient intervenir d'ici plusieurs semaines. En attendant, sur le terrain, les associations, elles, continuent leur travail. 

25 famillles dans chaque département

Dans le Poitou par exemple, la Croix rouge lance un appel à l'hébergement citoyen. L'association recherche 25 familles dans la Vienne et tout autant dans les Deux-Sèvres,  pour accueillir bénévolement un réfugié chez elles. Et ce, pour une durée de 3 mois à un an.  La seule obligation pour les familles volontaires c'est d'avoir une chambre à disposition pour que le réfugié puisse avoir son intimité. 

Des réfugiés en immersion dans des familles

Les demandeurs d'asile concernés par le dispositif ont obtenu le statut de réfugié et rêvent désormais de s'intégrer au mieux dans leur pays d'accueil. Thierry Gheerhaert, est le directeur du pôle lutte contre les exclusions à la Croix rouge de la Vienne. Il a déjà testé ce dispositif dans un autre département et en reconnaît tous les bénéfices. 

"J'ai vu des personnes qui ne parlaient pas le français ou très peu, et qui au bout de 4 mois parlaient couramment le français de tous les jours."

Pour lui, "être en immersion dans une famille, c'est ce qu'il y a de mieux pour apprendre les usages, pour apprendre à s'intégrer"

L'association n'est jamais bien loin

Dans les faits, la famille ouvre sa porte, sa table et son réseau amical et familial, mais c'est l'association qui gère l'accompagnement social, culturel et citoyen, de même que la paperasse administrative, l'intendance et la mobilité du réfugié.  

"S'il faut l'emmener à un rendez-vous à la préfecture, c'est nous qui l'emmenons et le ramenons. Si un réfugié trouve un travail et que la maison de sa famille d'accueil se trouve à 4 km d'une gare, on s'arrange pour lui trouver un vélo"

L'objectif, c'est de développer son autonomie, pas de faire de l'assistanat, précise Thierry Gheerhaert qui ajoute au passage que l'association dispose d'une équipe pour le suivi de ces réfugiés : deux volontaires en service civique et une travailleuse sociale

Une première rencontre en lieu neutre

Le succès de ce genre de dispositif tient aussi au casting. 

"On ne va pas mettre un réfugié timide et réservé dans une famille avec un gros réseau, et qui reçoit beaucoup. Non ! on va essayer d'adapter les choix aux personnalités du réfugié et de la famille accueillante."

Pour ce faire, les membres de la Croix rouge discutent avec les uns les autres, cernent leurs profils, leurs envies, leurs attentes. Puis organisent une première rencontre en lieu neutre. Le réfugié et la famille prennent un café, discutent, et ce n'est que le lendemain que l'association revient vers eux pour recueillir leurs sentiments respectifs. Si la première rencontre s'avère concluante, l'association organise un hébergement temporaire : deux jours pendant lesquels le réfugié prend ses parques au sein de la famille. Au terme de l'expérience, rebelote : l'association attend le lendemain pour demander à chaque partie son avis. Et ce n'est qu'ensuite, si tout le monde est d'accord, que l'hébergement citoyen est mis en place. 

Intégration et pédagogie

Pour les réfugiés qui travaillent, l'association demandent à ce qu'ils versent 15% de leurs revenus à leur famille d'accueil. "On sait que ces familles ne font pas cela pour l'argent, mais pour nous, c'est aussi un moyen de faire de la pédagogie et de l'intégration", explique le directeur du pôle lutte contre les exclusions de la Croix rouge dans la Vienne. 

"Certains réfugiés n'ont jamais payé de loyer, parce que ce n'est pas en usage dans leur pays. Leur montrer qu'ici il y a des loyers et des charges, c'est le préparer à sa vie d'après", conclut Thierry Gheerhaert. 

En cas de problème

Pendant tous ces mois d'accueil, l'association reste en lien avec le réfugié et la famille. En cas de souci comme il peut y en avoir dans chaque famille, l'association prend le relais pour permettre au réfugié et à ses hôtes de souffler. Un hébergement temporaire est proposé ailleurs. Et après, cette pause, chacun peut dire s'il souhaite reprendre comme avant ou pas. Dans tous les cas, une situation est trouvée. 

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