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Société
Dossier : Retirada, l'exil républicain espagnol

"Mes parents pensaient qu'on allait rentrer en Espagne" : 80 ans après la Retirada, l'émotion des fils de Républicains

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Par , France Bleu Occitanie

Dans tous les départements d'Occitanie, les descendants de Républicains Espagnols commémorent avec émotion la Retirada de 1939, qui a vu près de 500.000 personnes quitter leur pays pour fuir les franquistes. Et atterrir dans une France vite débordée, qu'ils n'ont plus jamais quittée.

La "marche de la Retirada", en 2005 à Cerbère
La "marche de la Retirada", en 2005 à Cerbère © Maxppp - GEORGES BARTOLI

Septfonds, France

Le début de la fin, c'est le 26 janvier 1939, avec la prise de Barcelone par les franquistes. Les Républicains remontent vers le nord, et passent la frontière côté catalan, à Cerbère, au Perthus, ou par la Cerdagne. Soldats et familles sont mélangés dans des conditions épouvantables, en plein hiver. Mais l'idée, à ce moment là, ce n'est pas du tout de s'installer en France, du moins pour les soldats, explique José Gonzalez Ocaña, de "Mémoire de l'Espagne Républicaine" dans le Tarn-et-Garonne : "D'ailleurs le terme « Retirada » qui est militaire, ne consistait pas à fuir, mais à reculer pour mieux rentrer en Espagne. On a des témoignages, notamment des soldats, qui disaient : « Moi je pensais qu'on allait repartir ». C'était ça l'idée : continuer à se bagarrer."

"Reculer pour mieux rentrer en Espagne. C'était ça l'idée" - José Gonzalez Ocaña, du CIIMER 82

Des réfugiés d'abord parqués sur les plages du Roussillon, à Argelès ou au Barcarès, puis éparpillés dans des camps dans le grand sud de la France : Le Vernet-d'Ariège, Bram dans l'Aude, ou Septfonds dans le Tarn-et-Garonne. Des conditions d'accueil déplorables pour Henri Farreny, le président de l'Amicale des Anciens Guerilleros Espagnols en France : "Ce sont des camps qui pour la plupart sont démunis d'installation. À Septfonds, il n'y a pas de locaux pour les accueillir. Ils sont à l'air libre pendant quelques semaines. Puis on construit des baraques qui curieusement n'ont que trois murs. Le quatrième est à l'air libre, et ça dure très longtemps. De même au Vernet-d'Ariège, où 35.000 personnes au total sont internées. Prisonnières, privées de liberté, dans des conditions misérables."

Le reportage de Mathieu Ferri dans le Tarn-et-Garonne, avec les descendants de Républicains Espagnols

Le retour en Espagne si longtemps attendu... et jamais venu

Mais le passage par les camps n'est qu'un épisode dans l'exil : les Espagnols sont très vite utilisés pour les moissons, puis ensuite placés dans les industries, ou les sites miniers, comme dans le Tarn et l'Aveyron. Une intégration lente, et la patience de voir mourir Franco, mais petit à petit le retour en Espagne se fait moins évident.

"On m'a naturalisé, et mes parents ont posé les valises" - Henri Farreny, de l'Amicale des Anciens Guerrilleros Espagnols

"Mes parents pensaient qu'on allait rentrer en Espagne",  explique Henri Farreny. "Mais quand j'ai eu 12 ans [il est né en 1946], il fallait demander des bourses scolaires. Pour les avoir, il fallait être Français. On m'a naturalisé, et mes parents ont posé les valises, et beaucoup de parents ont fait pareil."

"Maintenant, nos parents sont morts. Mais nous, on reprend les valises, en quelque sorte, et on se dit que cette histoire ne peut pas être inachevée", poursuit-il. Les descendants des républicains espagnols luttent désormais pour la sauvegarde des lieux de mémoire dans la région... mais là non plus, la bataille n'est pas encore gagnée.

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