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Dans les cités de Marseille, la grève des poubelles accentue le sentiment d'abandon

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Par , France Bleu Provence, France Bleu

Après bientôt deux semaines de grève des éboueurs de la société Derichebourg, les poubelles continuent de s'entasser dans les rues des 2e, 15e et 16e arrondissements. Les habitants de ces quartiers, déjà peu épargnés par la crise sanitaire, vivent cette grève comme un énième abandon.

Après 13 jours de grève les poubelles s'entassent dans les cités du 15e comme à La Castellane.
Après 13 jours de grève les poubelles s'entassent dans les cités du 15e comme à La Castellane. © Radio France - Fred Chapuis

Pour les habitants des 2e, 15e et 16e arrondissements de Marseille, la grève des éboueurs de la société Derichebourg n'en finit plus. Ce mercredi, le conflit entre dans son 14e jour. Selon les informations de France Bleu Provence, une réunion est prévue ce mercredi matin entre la direction et les syndicats. Entrevue favorisée par des représentants de la Métropole Aix-Marseille à laquelle pourrait participer un représentant de la préfecture. C'est en tout cas une première depuis le début de la grève des éboueurs qui réclament le départ du directeur jugé trop autoritaire. Hypothèse jusque-là écartée par la direction de Derichebourg. 

Un bras de fer judiciaire ?

En attendant une éventuelle issue, l'affaire prend une tournure judiciaire. La préfecture de police qui a pris un arrêté de réquisition obligeant les éboueurs à travailler, invoque sa mission de sécurité et de salubrité publique. 

Plusieurs grévistes ont bien reçu des SMS mais aucun des 221 salariés n'a répondu à l'injonction. Ce qui constitue un délit passible jusqu'à six mois de prison et 10.000 euros d'amende. En théorie. Encore faut-il que le procureur soit saisi, ce qui n'est pas encore le cas selon nos informations. De son côté, Force Ouvrière avance le droit de grève. La réquisition de salariés du privé est illégale selon le syndicat. À la justice de trancher. Le tribunal administratif examine ce mercredi à 15 heures un référé-liberté. 

Près de 1.000 tonnes de poubelles dans les rues

Ce mardi deux camions-bennes avec des personnels privés (selon nos informations) ont tourné dans le 15-16, sous escorte policière. Une goutte d'eau insignifiante dans cet océan de poubelles. On approcherait selon plusieurs sources des mille tonnes de déchets accumulés dans les rues des trois arrondissements concernés par la grève. 

Une décharge à ciel ouvert qui rend la vie des habitants encore plus difficile, surtout en temps d'épidémie. C'est encore plus criant dans les cités, où le sentiment d'abandon est général. Comme à La Castellane (15e) où les guetteurs nous interdisent d'entrer. C'est donc cette habitante qui décrit le tas d'ordures à l'intérieur : "C'est comme une grande montagne, explique la jeune femme le pas pressé, quand on passe, on a peur qu'il y ait un rat ou un chat". Juste à l'entrée de la cité, des centaines de poubelles longent la voie d'accès sur une dizaine de mètres. 

Un tas de poubelles à l'entrée de La Castellane
Un tas de poubelles à l'entrée de La Castellane © Radio France - Fred Chapuis

Les voitures peuvent encore circuler car les habitants s'organisent. "Mes poubelles, je les met bien dans le coin, détaille Mohamed, un habitant de La Castellane, "les autres font pareil pour que ce soit plus facile de ramasser"

Un peu plus haut, à La Bricarde, un habitant partage le sentiment d'abandon : "On n'est pas au Vieux-Port, ils (sic) s'en balancent. Ils préfèrent nettoyer le Vieux-Port que les quartiers nord, lâche désabusé un autre jeune homme. 

Pour cette femme, plus de 40 ans de vie dans la cité, la grève des poubelles, est vécue comme une double peine : "Non seulement les appartements sont insalubres, mais en plus de ça, on a l'environnement qui va avec. Là on a la totale, le quartier on n'a pas envie de rentrer".

La grève des poubelles renforce le sentiment d'abandon dans les cités de Marseille.

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