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Dans les déserts médicaux de l’Ariège, les jeunes médecins manquent à l’appel

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Par , France Bleu Occitanie

Selon une enquête de l’Association des maires ruraux de France dévoilée par France Bleu, se faire soigner en milieu rural devient de plus en plus problématique. Dans le Pays de Tarascon-sur-Ariège, les derniers médecins ne trouvent pas de remplaçants.

Les médecins de l'Ariège se regroupent, mais ne trouvent pas de jeunes pour les remplacer
Les médecins de l'Ariège se regroupent, mais ne trouvent pas de jeunes pour les remplacer © Maxppp - FRANCOIS DESTOC

C’est une grande injustice. Dans les territoires ruraux, le manque de médecins s’aggrave. 10 millions de français vivent aujourd’hui dans des déserts médicaux. C’est ce que montre l’enquête de l’Association des maires ruraux de France dévoilée par France Bleu. Des territoires où les médecins qui partent à la retraite ne sont plus remplacés, et où l’on compte deux fois moins de médecins spécialistes qu’à la ville.

Des déserts médicaux autour de Toulouse

Le Lot, le Gers, l’Aveyron et l’Ariège font partie de ces 14 départements "hyper ruraux" où les médecins se font rares et où il faut aller à la ville pour les soins hospitaliers.

Le pays de Tarascon-sur-Ariège souffre de la désertification médicale
Le pays de Tarascon-sur-Ariège souffre de la désertification médicale © Radio France - Olivier Lebrun

"Tous les jours, j’ai de moins en moins de clients à voir, puisqu’il y a de moins en moins de médecins généralistes" constate Isabelle Bernard, visiteuse médicale, elle connait bien les cabinets médicaux de ces territoires ruraux. "C’est le cas sur l’Ariège, mais aussi sur le Comminges , voir sur la banlieue toulousaine. Ils se regroupent en maisons de santé pluridisciplinaires, mais si le médecin part à la retraite, ce n’est pas évident de trouver un jeune médecin qui veuille s’installer en milieu rural. 

Isabelle Bernard - visiteuse médicale "En montagne, à la campagne, il n'y a plus de médecins"

Quant aux médecins spécialistes, ils restent sur la banlieue toulousaine, près de la ville,  près d’un hôpital ou une clinique. C’est problématique pour les patients, car le peu de médecins spécialistes qui restent, il faut un délai de six à dix mois pour avoir un rendez-vous. On a la chance d’être proche d’une grande Métropole, on peut quand même se déplacer pour se faire soigner. Ce qui peut mettre en danger, c’est vraiment dans la campagne, voir la montagne où il n’y a rien du tout."

"Pour voir un spécialiste, il faut attendre six mois." - confirme cette habitante de Tarascon-sur-Ariège.

"Un dentiste, c’est la même chose, ils sont tous partis sur Toulouse. Il faudrait que les jeunes médecins reviennent en Ariège."

Le médecin de Tarascon fait des journées de 14 heures

Le docteur Bernard Laguerre est l’un des trois derniers médecins généraliste du village, il ne trouve pas de successeur. "On était 12 ou 13 médecins, nous ne sommes plus que quatre pour une population de 20.000 à 25.000 habitants l’hiver, le double l’été. Avec des patients qui sont lourds, qui sont âgés, grabataires pour beaucoup. Cela fait des journées à rallonge. Je commence à 7h30 le matin, je finis à 21h30, 13 à 14 heures par jour. Je sais quand je commence la journée, je ne sais jamais quand elle finit."

Le cabinet médical réunit les trois médecins généralistes de Tarascon-sur-Ariège
Le cabinet médical réunit les trois médecins généralistes de Tarascon-sur-Ariège © Radio France - Olivier Lebrun

Le Docteur Laguerre fait partie d’un cabinet de groupe. «  Nous nous sommes organisés en pôle de santé pluri-professionnel, avec un travail de coordination avec les infirmières, les kinés et les pharmaciens du secteur, pour essayer d’avoir une prise en charge plus cohérente du patient, de travailler en amont de la consultation médicale. Mais il nous manque des médecins. »

Les derniers médecins de l'Ariège ne trouvent pas de jeunes pour les remplacer

Comme ses trois collègues, le Docteur Laguerre n’arrive pas trouver de successeur. « On est trois médecins assez âgés, les jeunes se disent qu’en arrivant ici, ils vont se retrouver tout seul à court terme, donc  ça leur fait un peu peur.

On a des petites solutions, essayer de fixer des médecins remplaçant en leur proposant un travail différent et collaboratif avec les paramédicaux du secteur. Cela les intéresse, après pour les fixer, c’est une autre histoire ! »

L’hôpital régional d’Ariège ferme des lits

L’Ariège tente de remédier à ce manque de médecins en ouvrant des cabinets médicaux de groupe comme à Tarascon, Saint Girons, Mercus ou Ax-les-Thermes. À Lavelanet, la mairie salarie des médecins, pour tenter d’attirer des jeunes médecins. Mais les médecins spécialistes manquent à l’appel, d’autant que l’hôpital régional réduit ses prises en charge, constate Sandrine Prax, élue CGT au CHIVA, le Centre Hospitalier des Vallées de l’Ariège.

"Depuis des années, on supprime des lits, on voit disparaitre des spécialités. En cardiologie par exemple, vous avez six mois à un an d’attente pour pouvoir faire ces examens. Il ne reste plus qu’à aller sur Toulouse, voir dans des cliniques privées. »

Sandrine Prax, déléguée CGT au CHIVA "On ferme des lits à l'hôpital"

Cette perte d’activité de l’hôpital serait selon elle l’une des causes du manque d’attractivité des jeunes médecins. "Les médecins généralistes quand ils prescrivent un examen, ils ont besoin d’un plateau technique pour que leurs patients puissent se faire soigner correctement. C’est pour ça que les médecins préfèrent s’installer sur les métropoles pour profiter d’une prise en charge correcte de leurs patients à l’hôpital."

"C’est dramatique que l’on ne puisse pas se soigner correctement en Ariège." – s’insurge cette déléguée CGT au CHIVA

Une pénurie de médecin qui risque de durer 10 ans

Pour attirer les jeunes médecins, on ouvre des cabinets de groupe, mais il n’y a pas de solution miracle constate Philippe Pujol, le président de la communauté de communes du pays de Tarascon qui réfléchit avec l’ARS, l’Agence Régionale de Santé,  à une nouvelle organisation du système de soin.

"Pour attirer les jeunes médecins, d’après ce qu’on entend, il faut les regrouper. Mais ce n’est pas la recette miracle. Dans certains endroits, ça marche, dans d’autres ça ne marche pas."

Le problème de fond ajoute l’élu, c’est le numerus clausus qui limite la formation des jeunes médecins. "Maintenant, il a été ouvert. Mais on aura un retour sur dix ans, parce qu’il faut à peu près dix ans pour former un docteur. Peut-être que dans dix ans, les choses iront mieux. En attendant, nous avons dix ans à passer qui vont être très difficiles."

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