Société

Nancy : refusé dans un car, un voyageur non-voyant crie à la discrimination

Par Angeline Demuynck, France Bleu Sud Lorraine et France Bleu lundi 13 novembre 2017 à 18:12

C'était la première fois que Jean-Michel Gonçalves testait un "autobus Macron"
C'était la première fois que Jean-Michel Gonçalves testait un "autobus Macron" © Maxppp - Jean-François Frey

Jean-Michel Gonçalves, un voyageur non-voyant, s'est vu refuser à deux reprises l'accès au car Flixbus entre Nancy et Strasbourg. Il dénonce un cas flagrant de discrimination envers les personnes à mobilité réduite. L'entreprise évoque "une mauvaise interprétation" du règlement.

Il se rendait à Marseille pour le travail. Jean-Michel Gonçalves n'a pas été déçu du voyage. Cet habitant non-voyant de Saint-Max près de Nancy s'est vu refuser l'accès au car Flixbus entre Nancy et Strasbourg, mardi 7 novembre. Même chose au retour, deux jours plus tard.

"Le chauffeur m'a dit que je ne pouvais pas monter parce que je n'avais pas coché la bonne case au moment de l'inscription et que je n'avais pas signalé mon handicap", raconte le Maxois. "J'ai été surpris", ajoute t-il. "Je prends les transports tout seul, je suis autonome, je n'ai pas besoin d'un élévateur ou autre, je n'avais rien à cocher." Or, selon le conducteur du car, "une personne aveugle non accompagnée ne peut pas monter à bord". Finalement, une passagère se porte garante pour lui, et Jean-Michel peut poursuivre son trajet sans encombre jusqu'à Strasbourg d'abord puis jusqu'à Marseille.

Je suis un passager comme un autre" - Jean-Michel

Entre-temps la compagnie l'appelle pour s'excuser. Mais au retour, rebelote. "Le conducteur m'a dit que les règles n'avaient pas changé et que je n'avais pas le droit de monter dans ce bus là non-plus", explique le voyageur. Il décide de monter malgré tout, et le conducteur le laisse faire. A peine arrivé, Jean-Michel Gonçalves file au commissariat de Nancy déposer une main courante, "pour que la prochaine fois qu'un déficient visuel reste à quai, il y ait une trace". "Pour moi c'est de la discrimination pure et dure", ajoute t-il. "Je suis un passager comme un autre".

Une "mauvaise interprétation"

L'entreprise Flixbus déplore un "événement regrettable". Selon le règlement, explique Raphaël Daniel, son porte-parole, "si vous n'avez pas besoin d'assistance vous pouvez voyager normalement mais comme c'est un cas assez exceptionnel, les conducteurs ont eu une mauvaise interprétation." "En aucun cas, il ne s'agit d'une discrimination ou d'un acte délibéré", assure t-il. La compagnie a présenté ses excuses au voyageur et assuré que ses conducteurs auraient droit à une petite piqûre de rappel.