Société DOSSIER : Le « vivre-ensemble » : un enjeu électoral 2017

Dans le Doubs, des ateliers citoyens préparent les personnes handicapées mentales à aller voter

Par Olivia Chandioux, France Bleu Besançon mercredi 19 avril 2017 à 18:19

En France, on compte 400 000 handicapés mentaux en âge d'être inscrits sur les listes électorales.
En France, on compte 400 000 handicapés mentaux en âge d'être inscrits sur les listes électorales. - Association "Nous aussi"

Ce dimanche, 43 millions de Français sont appelés à voter. Parmi eux, 400 000 handicapés mentaux, en âge d'être inscrits sur les listes électorales. A l'approche des élections, les associations s'efforcent de les sensibiliser à la citoyenneté, comme l'Adapei du Doubs.

Comme 400 000 handicapés mentaux, Marilyne a le droit de voter. Et dimanche 23 avril, ce sera son tout premier scrutin. Alors elle est très enthousiaste : "C'est la toute première fois cette année que je vais voter à l'élection présidentielle. Avant cela ne m'intéressait pas et puis je trouvais ça trop compliqué." Et si Maryline s'est décidée cette année, c'est qu'elle a participé à des ateliers citoyens mis en place par l'association Nous aussi. Elle regroupe des personnes handicapées intellectuelles, qui veulent donner leur avis et participer aux décisions qui les concernent, et l'Adapei du Doubs.

L'idée c'est de simplifier, vulgariser le programme des candidats à l'élection présidentielle." Romaric Vieille, coordinateur SLCV à l'Adapei du Doubs

Trois ateliers ont été organisés, explique Romaric Vieille, coordinateur du service Loisirs Culture (SLCV) de l'Adapei : "Le premier a permis d'expliquer le rôle du président de la République. La deuxième séance, c'était pour expliquer les programmes des candidats, et le troisième atelier, c'était pour leur expliquer concrètement comment on votait. On a fait une simulation avec un isoloir, des bulletins de vote et une urne." L'objectif n'est pas de les influencer, mais de rendre la politique plus accessible, poursuit le coordinateur : "L'idée c'est de simplifier, vulgariser la politique. Les handicapés mentaux sont tout à fait capables de comprendre, il faut simplement prendre un peu plus le temps de leur expliquer ce qui va se passer."

On est des citoyens comme tout le monde." Maryline, 37 ans

L'Adapei du Doubs a également reçu dans ses locaux les délégations des candidats à la présidentielle qui ont bien voulu venir présenter les différents programmes. Et maintenant que Maryline a bien décortiqué les programmes, elle sait très bien pour qui elle va voter dimanche. Mais le nom de l'heureux élu, elle le garde pour elle : "Même sous la torture je ne le dirai pas !". Pour elle, les handicapés mentaux ne sont pas assez au courant de leur droit de citoyen : "On n'est pas beaucoup à aller voter. Pourtant on est des citoyens comme tout le monde qu'on soit handicapé ou une personne valide, et je trouve que c'est bien d'aller voter. "

Un droit pas si accessible

Mais ce droit n'est pas toujours facile à exercer explique Maryline. D'abord parce que les programmes ne sont pas faciles à comprendre : "Aller voter ce n'est pas toujours accessible pour nous. C'est difficilement accessible pour les gens qui ne savent pas bien lire ou écrire, donc ce n'est pas toujours facile." Autre difficulté, quand le handicap est plus lourd et qu'il faut être accompagné pour aller voter. "Moi je vais pouvoir y aller toute seule, mais certaines personnes ont besoin du soutien d'une personne pour les aider. L'accompagnant va les aider, alors pas pour choisir à leur place, mais pour les aider à mettre le bulletin dans l'enveloppe et parfois même signer à leur place avec l'accord du votant", explique Maryline.

Parmi les 400 000 personnes handicapées intellectuelles, elles sont encore nombreuses à ne pas pouvoir voter. Les personnes bénéficiant d’une mesure de tutelle peuvent encore se voir retirer le droit de vote lors de la mise en place ou de la révision d’une mesure de tutelle.

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