Société

De nouveaux locaux à Rennes pour les mineurs non accompagnés

Par Alexandre Frémont, France Bleu Armorique lundi 28 août 2017 à 19:22

Véra Briand, la vice-présidente du département Ille-et-Vilaine et Jean-Luc Chenut, le président ont présenté les nouveaux locaux ce lundi matin
Véra Briand, la vice-présidente du département Ille-et-Vilaine et Jean-Luc Chenut, le président ont présenté les nouveaux locaux ce lundi matin © Radio France - Alexandre Frémont

Les mineurs non accompagnés déménagent. Logés temporairement dans les bâtiments du CROUS sur le campus de Beaulieu cet été, ils intègrent l'ancienne caserne de Gendarmerie Guillaudot, dans le centre-ville de Rennes. Même si ce n'est qu'un logement temporaire, tout a été rafraîchi cet été.

De nouveaux locaux pour les mineurs non accompagnés. Ils ont été présentés ce lundi par le président du conseil départemental d'Ille-et-Vilaine, Jean-Luc Chenu. C'est donc dans l'ancienne caserne de Gendarmerie Guillaudot, au centre ville de Rennes, que ces jeunes poseront leurs valises. Les 78 mineurs ont d'ailleurs déjà emménagé la semaine dernière et ils ont l'air plutôt satisfait de leurs nouvelles chambres.

Les locaux ont été rafraîchis cet été car la caserne n'avait pas servie depuis août 2013, quand les gendarmes ont quitté les lieux. Ce sont surtout des travaux de modernisation et d'aménagement de la sécurité qui ont été réalisés. Les chambres sont sobres: un lit et une armoire, le réfectoire est assez spacieux et il y a même une salle dédiée aux devoirs. Le tout pour un total de 187 000 euros.

Tout est là, sauf quelques petites choses

Il reste tout de même quelques petites choses à faire selon certains pensionnaires. "Il manque juste le WIFI dans les chambres", précise Brahim, un guinéen de 16 ans. Lui est arrivé du pays il y a maintenant six mois et pianote très souvent sur son téléphone, mais uniquement au réfectoire. Car c'est le seul endroit où il capte le partage de connexion. "Mais sinon, on est très bien accueilli. On peut pas satisfaire tout le monde, bien-sûr, alors je peux dire que on est content à 80%", ironise-t-il.

Tout le monde est à l'aise dans ce nouvel environnement. Souleymane, 17 ans, vient lui aussi de Guinée et parle d'un autre petit hic: "Toutes les portes ne se ferment pas, alors quand on dort, on a un peu peur. Et puis il y a nos affaires importantes, on a peur qu'on nous les vole", s'inquiète le jeune homme. Il trouve quand-même que l'ambiance est très bonne, voire fraternelle. "Je partage ma chambre avec un malien, Ali, et on lit souvent ensemble, on partage", sourit-il.

"Je dois me battre pour arriver à obtenir mon brevet!", écoutez le témoignage de Souleymane, 17 ans

L'ambition du département: mieux intégrer ces jeunes à la société

Alors même si les locaux de la Gendarmerie ont été rénovés, ce ne sont que des logements temporaires pour ces mineurs non accompagnés. D'une part parce que le département souhaite ouvrir de nouveaux centres et de nouvelles places, ailleurs, en Ille-et-Vilaine. D'autre part, parce que ces jeunes vont bientôt avoir 18 ans et ils ne feront plus parti du projet "mineurs non accompagnés". Le but donc, pour le directeur adjoint de ce projet, Mahmoud Saïdi, est de former ces jeunes pour qu'ils soient le mieux intégré dans la société. "On met un point d'honneur à ce que tous les jeunes qui nous arrivent soient vite scolarisés dans un cursus scolaire ou professionnel", détaille Mahmoud Saïdi.

Écoutez Mahmoud Saïdi, le responsable adjoint de la mission "mineurs non accompagnés" auprès du département

Les jeunes vont maintenant se pencher sur la rentrée scolaire et les achats des fournitures avec leurs éducatrices. "Parce qu'il va falloir décrocher le brevet à la fin de l'année" pour Souleymane, qui a hâte d'attaquer dans sa classe de 3ème.

Sur les 3 000 enfants accueillis par l'aide sociale à l'enfance en Ille-et-Vilaine, un peu plus de 300 sont des mineurs non accompagnés et plus de 130 ont été accueillis dans le dispositif "mineurs non accompagnés". Pour comparaison, le Finistère en a accueilli 106, presque 80 pour le Morbihan et environ 70 pour les Côtes-d'Armor.