Société

De plus en plus de "Tanguy" en Ile-de-France

Par Samuel Aslanoff, France Bleu Paris mercredi 30 septembre 2015 à 15:58

Affiche du film "Tanguy"d'Étienne Chatiliez
Affiche du film "Tanguy"d'Étienne Chatiliez

Depuis la crise économique de 2008, les jeunes Franciliens quittent de plus en plus tard le logement familial. Aujourd'hui, un francilien sur deux habite encore chez ses parents après 25 ans.

Les jeunes Franciliens mettent plus de temps à quitter la maison de leurs parents que les autres et surtout depuis la crise économique de 2008, ils quittent de plus en plus tard le logement familial. C'est ce qui ressort de la note de l'Institut d'Aménagement et d'Urbanisme d'Ile-de-France (IAU-IDF) publiée ce mercredi. Aujourd'hui, un jeune Francilien sur deux, parmi ceux qui sont nés dans la région, habite toujours chez ses parents à 25 ans, soit trois ans plus tard qu'en province. Pire, entre 2006 et 2011 l'âge médian du départ des jeunes a reculé de 5 mois.

Cette tendance des jeunes Franciliens à rester chez leurs parents s'explique d'abord parce qu'en Ile-de-France, ils n'ont pas forcement à changer de ville pour poursuivre leurs études ou faire leurs premier pas dans la vie active. Le coût du logement et notamment celui des studios, qui a fortement augmenté ces dernières années dans la région, décourage aussi les jeunes qui souhaitent prendre leur indépendance. Sans surprise, ce sont d'ailleurs les étudiants et les chômeurs, deux catégories à faibles revenus, qui habitent le plus longtemps chez leurs parents. Le CDI n'est cependant pas toujours synonyme d'envol loin du nid parental. Ainsi 29 % des jeunes qui habitent le foyer familial ont un emploi en contrat à durée indéterminée. 

Autre enseignement de l'étude, les enfants des familles parisiennes et de celles logeant en HLM restent plus longtemps chez leurs parents. Pour les familles parisiennes, cela s'explique encore une fois par le coût des logements, et pour les familles d'origine modestes, "les parents, écrit l'étude, n'ont pas la possibilité de d'aider leurs enfants à financer un premier logement autonome, ou de se porter garants lors d'une location". En 2011, un tiers des familles d'Ile-de-France hébergeaient un jeune majeur, soit 621.000 familles.