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Société

De Strasbourg à Mayence, Rosen Hicher va marcher 210 kilomètres pour dénoncer la prostitution

Une marche franco-allemande pour lutter contre la prostitution. C'est la troisième marche de Rosen Hicher, aujourd'hui 62 ans et prostituée pendant 22 ans, qui milite aujourd'hui pour son abolition. Elle est partie cette fois-ci de Strasbourg pour rallier Mayence en Allemagne.

Rosen Hicher (au centre de la photo) s'est lancée dans une marche de 210 kilomètres accompagnées de plusieurs "survivantes" de la prostitution.
Rosen Hicher (au centre de la photo) s'est lancée dans une marche de 210 kilomètres accompagnées de plusieurs "survivantes" de la prostitution. © Radio France - Solène de Larquier

Strasbourg, France

À 62 ans, Rosen Hicher ne se prépare pas à un marathon mais à une marche de 210 kilomètres pour dénoncer la prostitution. Après sa première marche de 800 kilomètres à travers la France en 2014 et une marche à travers le Grand-Est l'an dernier à l'appel du Mouvement du Nid Strasbourg, la sexagénaire se lance dans une troisième marche, franco-allemande cette fois-ci. Rosen Hicher est partie de Strasbourg lundi 25 mars au matin et ralliera Mayence le 2 avril. Une trajectoire tout sauf symbolique puisque la prostitution est autorisée outre-Rhin, ce que dénonce la militante.

Les cheveux grisonnants, Rosen Hicher marche d'un bon pas. Son premier message : faire entendre que la prostitution n'est pas un choix. "J'ai cru au frigo vide... et en fait, quand j'ai refait le chemin à l'envers de ma vie, j'ai été kidnappée par mon père, agressée sexuellement par un oncle quand j'étais enfant, j'ai été violée, je suis passée en tournante... Tout ça a fait qu'un jour, j'ai fait ce mauvais choix." Sortie de 22 ans de trottoir, Rosen Hicher milite pour une meilleure prise en charge des mineurs agressés et pour que la pénalisation des clients, votée en France en 2016, soit appliquée.

La sexagénaire veut aujourd'hui attirer l'attention des élus européens. À ses côtés pour cette marche, Sandra Norak. Cette Allemande a été recrutée à 17 ans par ce que l'on appelle un lover boy : "Il m'a approchée sur internet. La méthode du lover boy c'est de jouer une relation amoureuse au début et ensuite il vous pousse à la prostitution", détaille la jeune femme qui s'est prostituée pendant six ans. "En Allemagne, c'est courant de se faire approcher sur internet comme moi, ou même devant les écoles où les lover boys attendent."

La méthode du lover boy c'est de jouer une relation amoureuse au début et ensuite il vous pousse à la prostitution." Sandra Norak, prostituée pendant six ans en Allemagne

Les militantes veulent une harmonisation de la loi au niveau européen et sont soutenues par Grégoire Théry, directeur de la Coalition pour l'Abolition de la prostitution : "En Allemagne, il y a 3.500 bordels légaux et leurs propriétaires ne sont pas considérés comme des proxénètes mais comme des entrepreneurs, des agents économiques et ils exploitent, avec la bénédiction de l'État, des milliers de femmes." 

Sur son parcours, dénoncer "autant de bordels que possible"

Selon la Coalition pour l'abolition de la prostitution, la légalisation de la prostitution outre-Rhin impacte directement l'Alsace. "Si d'un côté de la frontière, le proxénétisme est interdit, l'achat d'un acte sexuel est interdit maintenant aussi, mais que de l'autre côté tout ça est légal, et bien les proxénètes, les réseaux se jouent des frontières. Et donc on voit comment les femmes, par exemple victimes de la traite d'êtres humains, vont être hébergées en Allemagne et ensuite exploitées sur le territoire strasbourgeois", explique le directeur exécutif de CAP international. Pour Grégoire Théry, "la seule solution est une harmonisation par le haut. Ce qui passe par la reconnaissance de la prostitution comme une violence et c'est ce qu'a commencé à faire le Parlement européen en adoptant en 2014 une résolution qui reconnait la prostitution comme une violence et un obstacle à l'égalité entre les femmes et les hommes."

La première étape de cette marche se fera à Rheinau en Allemagne, devant le bordel Pussycat, à 20 kilomètres à peine de Strasbourg. Les militantes feront plusieurs étapes tout au long de leur parcours "pour dénoncer autant de bordels que possible" insiste Rosen Hicher, avant d'arriver à Mayence le 2 avril pour le troisième congrès mondial contre l’exploitation sexuelle des femmes et des filles.

Une collecte est organisée pour soutenir cette marche.

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