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Société

Grand débat : la prison de Belfort donne la parole aux détenus

vendredi 1 mars 2019 à 11:47 Par Wassila Guittoune, France Bleu Belfort-Montbéliard

La maison d'arrêt de Belfort a organisé jeudi un débat dans l'enceinte de l'établissement. Sur les 42 détenus de la prison, une quinzaine d'entre eux ont pris la parole et débattu à propos de transition écologique, fiscalité, citoyenneté ou encore démocratie .

La maison d'arrêt de Belfort prend en charge 42 détenus actuellement
La maison d'arrêt de Belfort prend en charge 42 détenus actuellement © Radio France - Wassilla Guittoune

Belfort, France

"On est les prisonniers, les taulards, on pointe le doigt sur nous, mais nous on a envie de croire qu'on a une place dans la société. On a le droit à la parole, et on a le droit d'être pris au sérieux" résume Nabil, détenu à la maison d'arrêt de Belfort. Nabil, mais aussi Michel, Laurent, Thomas, Yani, Mohammed, Franco, Ziegler, Billie, Bryan, Mathieu ont tous participé au Grand débat national organisé jeudi par la maison d'arrêt. Le plus jeune des détenus présent a 18 ans, le plus âgé, 63 ans : tous ont été condamnés à des courtes peines d'en moyenne 3 mois de prison. Certains sont en détention provisoire, en attendant leur procès. L'administration pénitentiaire refuse qu'ils expliquent pour quelle raison ils ont été amenés à faire un passage derrière les barreaux. 

Les détenus, légitimes pour parler transition écologique ?

Peu importe la raison pour laquelle "ils sont derrière des murs, enfermés, cachés", estime Sandra Dollin, directrice de la maison d’arrêt de Belfort par intérim : "Ils n'ont qu'une seule privation, c'est la privation de liberté donc ils ont le droit de s'exprimer pour le débat national. Ils font partis de la Nation, du pays. Pourquoi ne seraient-ils pas légitimes ? _Ce sont des citoyens comme nous_. Je le vois aujourd'hui et je le vois tous les jours qu'ils ont des idées, qu'ils ont envie d'apporter leur pierre à l'édifice. Même s'ils ont fait des fautes ou des erreurs, ils ont envie que le pays avance avec eux et pas sans eux".

Des propositions concrètes formulées 

Fiscalité, transition écologique, citoyenneté ou encore démocratie : quatre thèmes ont été abordés par la quinzaine de détenus pendant près de deux heures, et animé par le député LR Ian Boucard, ainsi que l'administration pénitentiaire. 

A propos de la transition écologique, l'un d'eux estime qu'il faut travailler sur la sensibilisation : "Moi je suis fumeur, je jette mon mégot dans la rue, je ne me pose même pas la question si cela pollue ou pas. Il faut qu'on fasse plus de débats pour sensibiliser les gens". 

Un autre souhaite que les pouvoirs publics obligent "les grands groupes à mener des actions. Alstom par exemple c'est une grosse usine, il n'y aucun panneau solaire, rien pour économiser l'énergie". 

Au sujet de la citoyenneté, un détenu aimerait que le vocabulaire utilisé par les pouvoirs publics soit plus accessible, il prend ainsi l'exemple des élections européennes à venir : "Les personnes en politique, quand elles commencent à parler, je me dis que je n'ai pas le niveau. _Je n'arrive pas à comprendre. Forcément on va décrocher_. Et c'est là qu'on perd notre citoyenneté, parce qu'on ne va plus voter, on se donne plus la peine de comprendre les choses".

Un débat pris en compte dans la grande consultation nationale

A l'issue du débat, un procès-verbal sera transmis à la direction nationale, "pour que la parole des détenus soit prise en compte de la même manière que lors des débats dans les communes" explique Sandra Dollin, directrice de la maison d'arrêt de Belfort. "Après ce débat, je me suis senti un peu plus citoyen, un peu plus humain" conclut Nabil : "La prison c'est la sanction, mais demain on peut peut-être apporter quelque chose de positif à la société".