Société DOSSIER : Le projet Center Parcs à Roybon

Décision le 22 novembre sur l'avenir du Center Parcs de Roybon

Par Maxime Bacquié, France Bleu Drôme-Ardèche, France Bleu Isère et France Bleu jeudi 3 novembre 2016 à 17:44

La salle d'audience de la Cour administrative de Lyon était comble ce jeudi
La salle d'audience de la Cour administrative de Lyon était comble ce jeudi © Radio France - Maxime Bacquié

La Cour administrative de Lyon se prononcera le 22 novembre prochain concernant l'avenir du Center Parcs de Roybon. Les juges ont écouté pendant trois heures, ce jeudi, les arguments des différentes parties. La salle était comble, preuve que la mobilisation dans les deux camps ne faiblit pas.

Ils sont arrivés en bus, quelques minutes avant le début de l'audience. Une cinquantaine d'habitants de Roybon ont fait le déplacement à Lyon ce jeudi, pour assister aux débats, dans la petite salle d'audience de la Cour administrative de Lyon, bien trop petite pour une telle affluence. Avec des pancartes et des banderoles à la main, ces habitants qui soutiennent le projet de Center Parcs à Roybon depuis près de dix ans voulaient montrer que la mobilisation reste entière dans le village.

"95% des habitants de Roybon sont pour le projet"

"95% des habitants sont pour le projet," jure le maire Serge Perraud, lui aussi bien présent. "Quand on voit le nombre d'emploi que ça pourrait créer, c'est quand même malheureux de voir autant d'opposition," se lamente Annie, habitante de Roybon depuis 30 ans.

Les habitants de Roybon, mobilisés devant la Cour administrative d'appel de Lyon. - Radio France
Les habitants de Roybon, mobilisés devant la Cour administrative d'appel de Lyon. © Radio France - Maxime Bacquié

"Ce qu'on va détruire avec ce projet, ce sera irrémédiable"

Du côté des opposants, l'association Pour des Chambarans Sans Center Parcs (PCSCP) était représentée par son président, Serge Perrond, qui a rappelé à l'issue de l'audience combien il était important de ne pas jouer avec la nature. "Ce qu'on va détruire avec ce projet, ce sera irrémédiable. Même si Pierre et Vacances recrée des zones humides ailleurs, ça ne résout pas le problème. C'est comme si je vous blessais et que je mettais un pansement à votre voisin".

Les zones humides au cœur du débat

Les débats ont essentiellement tournés autour de cette question des zones humides, protégées par la loi sur l'eau. Le projet de Center Parcs prévoit d'impacter 76 hectares de zones humides dans la forêt des Chambarans. La loi oblige le groupe à en recréer le double ailleurs, dans une zone géographique proche des travaux. C'est sur ce point que ça bloque. Jusqu'à présent, Pierre et Vacances proposait de recréer ces zones humides dans la Drôme, l'Ain et l'Isère. Des propositions trop éparpillées pour le rapporteur public, qui demandait la confirmation de la décision du tribunal administratif de Grenoble, d'annuler les travaux.

Hors, l'avocate de Pierre et Vacances, Maître Cassin, a assuré aux juges que le groupe avait revue sa copie et proposait dorénavant de recréer 40% des zones humides détruites en Isère. "Ces propositions ne sont pas validées par les services techniques et ne peuvent donc pas être prises en compte," a réagi l'avocat de la Fédération des pêcheurs de la Drôme, qui revendique 17.000 adhérents dans le département, et qui est farouchement opposée au Center Parcs.

La tendance est en faveur des opposants

Étant donné que le rapporteur public penche pour l'arrêt des travaux, la tendance est donc plutôt en faveur des opposants. L'avis du rapporteur est souvent suivi par les juges, qui rendront donc leur décision le 22 novembre prochain.

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