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Déconfinement : enfin rapatriés du Maroc à Sète, les ressortissants français estiment avoir été "abandonnés"

Un quatrième bateau transportant des rapatriés est arrivé ce 28 mai depuis le Maroc jusqu'au port de Sète. À bord une majorité de retraités français piégés sur place par le confinement décidé en mars pour lutter contre le coronavirus. Ils dénoncent les mesures tardives de la France pour les ramener.

Parmi les 525 rapatriés débarqués à Sète le 28 mai, de nombreux retraités français piégés au Maroc par le confinement. Parmi les 525 rapatriés débarqués à Sète le 28 mai, de nombreux retraités français piégés au Maroc par le confinement.
Parmi les 525 rapatriés débarqués à Sète le 28 mai, de nombreux retraités français piégés au Maroc par le confinement. © Radio France - Marie Ciavatti

De longues files de camping-cars s'étirent au pied du bateau arrivé à 9h ce matin du 28 mai dans le port Sète. 525 rapatriés, pour la plupart des retraités français, partis pour passer une partie de l'hiver au Maroc et piégés par le confinement décidé en mars dernier pour limiter l'épidémie de Covid-19. Une longue attente qui a valu beaucoup de critiques au gouvernement français accusé d'abandonner ses ressortissants. Il a annoncé cette semaine une accélération des rapatriements.

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"Deux mois et demi de voyage, deux mois et demi de confinement".

Au débarquement, un important dispositif attend les passagers. D'abord répondre à un questionnaire santé. Fièvre, maux de ventre, perte de goût... Il faut détecter d'éventuels symptômes de la Covid-19. Corinne et son mari, masques sur le visage dans leur camping-car, s'y prêtent volontiers. "Tellement contente de rentrer. Cinq mois, c'est bon.... on a donné. Deux mois et demi de voyage, deux mois et demi de confinement".

Départs reportés

Obtenir ce billet retour n'a pas été une mince affaire. "Premier billet annulé, deuxième annulé. Le troisième, on nous a demandé un supplément sur le tarif qu'on avait payé. On est rendu à 800 euros. On aime beaucoup le Maroc, mais là, c'était plus des vacances..." Elle garde le sourire. Pour d'autres, à cet instant, la colère l'emporte sur le soulagement. 

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Impossible de joindre l'ambassade

"Je peux vous dire que ça a été l'horreur, jusqu'à ce qu'on ait ce billet" lâche Ono. Elle et son mari interpellent le sous-préfet présent sur place. "Je peux vous dire que le ministre des affaires étrangères.. il a été complètement nul ! Impossible de joindre les ambassades, le consulat. Aux abonnés absents. On avait ni le son ni l'image. Aucune réponse, pas d'interlocuteur... Rien du tout. Les retraités qui sont là, sont en colère."

Abandonnés

Le confinement a été dur pour certains. Depuis 22 ans, Christian et sa femme, deux habitants de la Mayenne, partent chaque hiver au Maroc. Cette fois était peut-être la dernière. "On a vu personne de l'ambassade. On a dû se débrouiller seuls pour un billet. J'ai 79 ans, figurez-vous qu'avec 45 degrés dans le camping-car, c'est difficile à supporter. Quand il y a une canicule, nos responsables demandent de s'occuper des personnes âgées. Nous, on nous a abandonnés. À la limite de non-assistance à personne en danger. Et il en reste beaucoup là-bas". 

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On estime qu’il reste 4.000 ressortissants européens partis en camping cars au Maroc et aujourd’hui bloqués sur place. En majorité des Français. Quatre nouvelles rotations sont prévues avec Sète au mois de juin pour les rapatrier.

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