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Déconfinement : la réouverture partielle du conservatoire de Dijon sème le trouble

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La réouverture partielle du conservatoire de Dijon depuis le 13 mai, première phase du déconfinement, pour des cours individuels d'instrument va à l'encontre d'un décret national. Les enseignants sont dans le flou et la direction donne peu de réponses.

Le 12 mai, le gouvernement a publié un décret interdisant à tous les lieux d’enseignement artistique publics d'accueillir du public jusqu'à nouvel ordre Le 12 mai, le gouvernement a publié un décret interdisant à tous les lieux d’enseignement artistique publics d'accueillir du public jusqu'à nouvel ordre
Le 12 mai, le gouvernement a publié un décret interdisant à tous les lieux d’enseignement artistique publics d'accueillir du public jusqu'à nouvel ordre © Maxppp - Patrick Lefevre

La réouverture partielle du Conservatoire à Rayonnement Régionale de Dijon sème le trouble au sein du corps enseignant, elle n'est en réalité pas autorisée. En effet, les cours individuels ont repris le 13 mai au CRR Jean-Philippe-Rameau : une décision non réglementaire au vu du décret publié la veille , qui interdisait à tous les lieux d’enseignement artistique publics d'accueillir du public jusqu'à nouvel ordre, sauf pour les examens et concours. La Ville de Dijon a donc envoyé des directives qui vont à l'encontre des mesures gouvernementales à la direction de l'établissement. 

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Des enseignants pleins de questions et une direction sans réponse 

Les enseignants qui témoignent sous-couvert d'anonymat, sont perdus. Ils parlent d'une "situation irréelle." D'abord, on leur a dit : "reprenez les cours collectifs", "puis en fait non." Désormais, ils peuvent donner des cours individuels d'instrument sur la base du volontariat. Néanmoins, cela se fait à leurs risques et périls : en cas de contamination au coronavirus lors d'un cours par exemple, ils engageraient leur responsabilité pénale

Au sein du corps enseignant, ils sont partagés : certains ne veulent pas reprendre, d'autres sont pour mais voudraient qu'on leur donne des règles claires, que la direction n'apporte pas. Aux questions : "que peut-on faire, ou ne pas faire? Le masque est-il obligatoire pour les auditions de danse du week-end?", "eh bien faites comme vous voulez" répond la direction, nous explique une enseignante. "C'est une lourde responsabilité pénale et mentale qu'ils font peser sur nous, ajoute-t-elle. On est employé par la Ville et on nous demande de faire quelque chose d'illégal."

Un enseignant indique qu'il y a du gel hydro-alcoolique à l'entrée des salles, un système pour aérer les pièces et qu'ils ont des masques à disposition. En revanche, pour les auditions de danse, aucune obligation de porter un masque n'est prononcée. De plus, il est impossible de mettre en place le sens de circulation préconisé dans l'ensemble d'un bâtiment annexe. 

Une responsabilité pénale "partagée" en cas de contamination 

Le SNEA-UNSA (syndicat nationale des enseignants et artistes) , a donc écrit à François Rebsamen le maire de Dijon, ainsi qu'au préfet pour leur rappeler les règles le mercredi 20 mai. Une semaine plus tard, ils n'ont obtenu aucune réponse. 

C'est leur responsabilité, rappelle Michel Vendula, le secrétaire général du syndicat : "cette pagaille est due au fait que le maire ne respecte pas les textes du gouvernement. C'est la responsabilité partagée de la Ville, qui oblige évidemment la direction à organiser des examens ou autre. Dans ce cas précis, la direction prend ses responsabilités pénales puisqu'elle déroge sans autorisation possible aux règles. Si un parent estime que son enfant a été contaminé lors de l'audition, ce sera leur problème."

Les enseignants ont le droit de dire non

Les enseignants ont le choix, rappelle Michel Vendula : "s'ils souhaitent ne pas être présents, ils écrivent à leur hiérarchie pour dire 'ce n'est pas légal, pas conforme au décret je ne viens pas'." Mais ça c'est la théorie, dans la pratique cela se passe différemment : "c'est compliqué humainement, il faut que les relations restent correctes après le passage de la crise." En tous cas, rien ne peut être reproché à un enseignant qui exercerait son droit de retrait. Il s'abriterait derrière le décret, sur lequel aucun maire ou préfet ne peut revenir, à moins de le rendre plus strict.

Nous avons contacté la direction de l'établissement et la Ville qui n'ont pas souhaité s'exprimer pour l'instant. François Rebsamen le maire de Dijon a répondu une fois à la polémique, dans sa vidéo du 20 mai , expliquant qu'"une activité de moins de 5 % serait compatible avec les dispositions générales encadrant le déconfinement (...)Le conservatoire, ce sont environ 450 élèves, et qu’environ 45 ont pris des cours. Maintenant si la Direction Régionale des Affaires Culturelles, nous l’impose, nous les renverrons chez eux !" 

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