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Société DOSSIER : Mouvement des "gilets jaunes"

"On demande un steak, ils nous donnent une cacahuète" les gilets jaunes du Loiret répondent aux annonces du gouvernement

mardi 4 décembre 2018 à 18:18 Par Cyrille Ardaud, France Bleu Orléans

Le gouvernement a fait une série d'annonces ce mardi pour tenter de calmer la grogne des gilets jaunes. Mais dans le Loiret, les manifestants sont loin d'avoir été convaincus.

IMAGE D'ILLUSTRATION. Ils étaient une quinzaine de gilets jaunes mobilisés à Baule ce mardi.
IMAGE D'ILLUSTRATION. Ils étaient une quinzaine de gilets jaunes mobilisés à Baule ce mardi. © Maxppp - PHOTOPQR/NICE MATIN/MAXPPP

Baule, France

Un moratoire de six mois sur la hausse des taxes du carburant, le gel du prix de l'électricité et du gaz  jusqu'au printemps, la suspension de la réforme du contrôle technique ou encore la mise en place de concertations locales sur les impôts : voici les mesures annoncées ce mardi par le Premier ministre Édouard Philippe pour tenter de sortir de la crise des gilets jaunes. Des annonces effectuées plus de deux semaines après le début du mouvement.

Sur le rond-point de l'Hyper U de Baule, ces mesures sont loin de convaincre les gilets jaunes. René est mobilisé depuis le début : "On demande un steak ils nous donnent une cacahuète. Ce n'est pas ce que l'on demande. On ne veut pas un moratoire mais la suppression des taxes sur le carburant. Dans six mois on sera de nouveau dans la rue ! Il nous répond complètement à côté de la plaque." Il poursuit : "On veut gagner notre vie correctement, avoir un salaire décent. Avec ces annonces, il ne fait que durcir le mouvement... C'est carrément nous prendre pour des cons."

"Que l'on arrête de nous pomper, de nous taxer tout ce que l'on a !" René, gilet jaune

La plupart des gilets jaunes n'ont même pas suivi l'intervention d'Édouard Philippe, estimant d'avance que le compte n'y serait pas. Pour Raoul : "Il peut nous annoncer un gel de trois ou six mois, il peut même nous balancer un sac de cacahuète toutes les semaines, on s'en fout ! C'est pas ça qu'on demande." Ce manifestant d'une soixantaine d'années détaille : "On s'aperçoit qu'il y a de l'évasion fiscale, qu'on retire les taxes aux grandes entreprises, que le fric se barre de la France et ne sert pas à payer le petit ouvrier."

"Qu'il s'en aille. Il faut donner le pouvoir au peuple !"

Comme depuis le début du mouvement, les gilets jaunes ne portent pas tous exactement les mêmes revendications. Mais tous ont le sentiment de ne pas avoir été entendu et que ces annonces interviennent beaucoup trop tard. Maud veut à présent une solution plus radicale ; la démission d'Emmanuel Macron : "Qu'il s'en aille. Il faut donner le pouvoir au peuple, faire des référendums. Faut arrêter ce système qui nous oppresse."

Vers un durcissement du mouvement ?

Pour Raoul, comme pour tous les autres manifestants en jaune fluo, ces annonces ne sont rien d'autre que des provocations : "Ça va allumer le feu. Moi tous les soirs je rentre chez moi, je prends ma douche et ça me détend. Sinon bien sûr que j'aurais envie de tout péter. On demande des choses et on ne nous répond pas !"

Ces annonces ne devraient pas calmer les gilets jaunes du Loiret, encore moins les déloger. Ils souhaitent rester mobilisés le plus longtemps possible.

Réécoutez le reportage de France Bleu Orléans