Société

Démantèlement de Calais : où iront les 134 réfugiés accueillis dans le Puy-de-Dôme

Par Jade Peychieras, France Bleu Pays d'Auvergne lundi 24 octobre 2016 à 6:00

Le centre d'accueil et d'orientation de Pessat-Villeneuve.
Le centre d'accueil et d'orientation de Pessat-Villeneuve. © Radio France - Valentine Letesse

Alors que le démantèlement de la jungle de Calais doit commencer ce lundi, des bus s'apprêtent à acheminer les réfugiés dans les centres d'accueil et d'orientation de toute la France. Dans le Puy-de-Dôme, c'est officiel, il y en aura trois.

La jungle de Calais vit ses derniers instants. Le démantèlement du camp doit commencer ce lundi. Entre 6.400 et 8.100 migrants vont trouver refuge dans les quelques 102 centres d'accueil et d'orientation de France.

Dès cette semaine, deux centres ouvriront leurs portes dans le Puy-de-Dôme : l'un à Clermont-Ferrand, qui accueillera cinquante-quatre migrants, l'autre à Pessat-Villeneuve qui en accueillera cinquante. Dans un second temps, un troisième centre sera mobilisé à Loubeyrat, petite commune de 1.200 habitants, avec une capacité d'accueil d'une trentaine de personnes.

Vendredi soir, une réunion publique a d'ailleurs eu lieu à Loubeyrat, pour informer les habitants, qui restent pour le moment partagés sur la question. "Je crois que les Français ont d'autres problèmes à régler", indique par exemple Olivier. Sandrine, quant à elle, est plus conciliante : "Ces gens sont nés au mauvais endroit, ils ne font que subir. Je n'ai aucun a priori sur eux". Anette, elle, regrette simplement ne pas avoir été mise au courant plus tôt : "Je trouve cela un peu cavalier de la part de la municipalité de nous apprendre ça seulement maintenant".

La décision a été prise en étroite concertation avec les maires des communes concernées, précise la Préfecture du Puy-de-Dôme, des élus "qui ont accepté de répondre à l'appel de solidarité lancé par le gouvernement".

Un temps de répit pour demander l'asile

"Il s'agit d'une mise à l'abris temporaire des migrants de manière à ce qu'ils réfléchissent à la suite de leur parcours migratoire", explique Béatrice Steffan, secrétaire générale de la préfecture. "Ils n'ont pas vocation à rejoindre la Grande-Bretagne, puisque aujourd'hui Calais est une impasse. Ici nous allons donc les aider à faire leurs demandes d'asile en France. Ils devraient rester entre un et trois mois avant d'être redirigés vers des CADA (Centre d'accueil de demandeurs d'asile ndlr)".

Et pour rassurer les plus réticents, Béatrice Steffan rappelle justement le cas de Pessat-Villeneuve, qui avait déjà accueilli des migrants l'année dernière : "Tout de monde n'était pas d'accord pour accueillir des réfugiés, et cela a très bien fonctionné. La meilleure preuve que je puisse vous donner, c'est que cette année, la commune a décidé de récidiver, et d'accueillir à nouveau des migrants. Il y a des peurs irrationnelles, et jamais nous ne réussirons à obtenir un consensus. Pour autant je crois qu'après l'arrivée des migrants, beaucoup de doutes seront dissipés, et je ne doute pas que les réfugiés seront accueillis comme ils l'avaient été l'année dernière. Ça avait été une formidable aventure humaine".

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