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Société

Dépôts sauvages d'ordures : contre l'incivisme, les élus du Pays d'Olmes haussent le ton

mardi 7 août 2018 à 5:05 Par Sarah Mansoura, France Bleu Occitanie

Dans le Pays d'Olmes, à Lavelanet (Ariège), comme dans d'autres villes de la région, certains habitants jettent depuis quelques mois leurs déchets à même le sol, hors des containers. Le maire Marc Sanchez en appelle au civisme, et n'hésite désormais plus à appliquer une politique plus répressive.

Cartons, sacs et autres objets s'accumulent à Lavelanet depuis plus de deux mois.
Cartons, sacs et autres objets s'accumulent à Lavelanet depuis plus de deux mois. © Radio France - Sarah Mansoura

Lavelanet, France

Sous 35 degrés, les mouches volent sans cesse au dessus des ordures. Depuis la fin du mois de mai, les détritus s'amoncellent sur les trottoirs de Lavelanet. Depuis, précisément, que le Smectom, l'organisme qui gère la collecte et le traitement des déchets dans l'Ariège, a commencé à équiper les habitants des douze communes du Pays d'Olmes en bacs à ordures individuels, pour remplacer progressivement les bacs collectifs. De quoi excéder la municipalité, et les habitants de cette commune de près de 7 000 habitants. 

Des poubelles au milieu des rats... et des chiens errants

Chaque lundi, Thierry Pelous se rend dans le bureau du maire, Marc Sanchez, pour lui dresser le rapport des policiers municipaux chargés de recenser ces incivilités. Pour le responsable de la police municipale, la situation devient intenable. "Certains agents ont manqué de se faire mordre par des rats", décrit-il. "On trouve des cartons, des sacs jaunes, mais aussi des sacs noirs". Des sacs pleins d'ordures ménagères, et donc périssables. Avec la chaleur estivale, l'odeur devient pestilentielle dans certaines parties du centre bourg de Lavelanet. "La situation ne s'arrange pas, au contraire : elle s'aggrave. En tant qu'agents sur le terrain, nous sommes pris à parti", regrette le policier.

Chaque semaine, les policiers municipaux, sous la supervision de Thierry Pelous, recensent les débordements. - Radio France
Chaque semaine, les policiers municipaux, sous la supervision de Thierry Pelous, recensent les débordements. © Radio France - Sarah Mansoura

Pourtant, ce sont bien ces agents qui tentent de réguler ces excès d'incivisme. Missionnés par la municipalité, les policiers effectuent une ronde chaque semaine dans les rues de la commune. Et fouillent ces dépôts sauvages, à la recherche d'indices sur leurs propriétaires. "On cherche des factures, des adresses, pour identifier les contrevenants. Cela nous permet ensuite de dresser des procès-verbaux". Plus de 15 PV dressés en un mois, adressés directement au tribunal de police de Foix. "Le problème c'est que maintenant les gens ont compris, ils enlèvent leurs noms des cartons", déplore Thierry Pelous. 

Un gouffre financier pour la municipalité

Le maire, Marc Sanchez, a décidé de sévir. Après "de nombreux efforts", selon lui, pour inciter les habitants de Lavelanet à respecter "les règles basiques de civisme", l'élu s'agace. "Ce n'est plus de l'incivilité, c'est de la malveillance à ce stade, ce sont des comportements imbéciles et égoïstes", tempête le maire, qui a décidé de renforcer et systématiser le dressage de procès-verbaux. Les contrevenants s'exposent à une amende pouvant aller jusqu'à 1 500 euros, et la confiscation du véhicule ayant servi au dépôt sauvage. Aucune pitié, explique Marc Sanchez : "Je ne veux pas savoir qui c'est, ce n'est pas important. Ceux qui ne jouent pas le jeu seront sanctionnés. A un moment donné, il faut des sanctions, quand la prévention n'a pas fonctionné", justifie-t-il.

"Il faudra que quelqu'un paie", prévient le maire de Lavelanet, Marc Sanchez

Car les pertes de la commune se comptent déjà en dizaines de milliers d'euros. "D'ici la fin de l'année, on arrivera sans doute à plus de 100 000 euros", calcule Marc Sanchez. Pourquoi ce chiffre ? Parce que la municipalité de Lavelanet a dû faire appel à trois de ses agents municipaux, d'ordinaire affectés au désherbage, pour aller ramasser ce surplus de déchets jonchant les trottoirs. Cette somme est une perte directe pour la commune : "Il va falloir expliquer aux gens que nous allons devoir arrêter certains services, pour assurer le nettoyage. Ou alors, si on ne veut pas, on augmentera les impôts locaux. C'est en réflexion", confirme l'élu.

Pas assez de place dans les containers

En attendant, les habitants de Lavelanet sont partagés sur la démarche à adopter. S'ils ont unanimes pour dénoncer une ville défigurée par les détritus, certains pointent le manque de place pour jeter ses déchets. "Tout le monde n'a pas reçu son bac individuel. Et même si on en a un, il est parfois trop petit, ou insuffisant. On n'a pas forcément la place pour tout jeter" regrette cette habitante. "Je pense que la mairie devrait faire un effort", renchérit son mari. "Il faut que les ramasseurs passent plus souvent", ajoute-t-il. 

Tous les habitants du Pays d'Olmes ne sont pas encore équipés de ces bacs individuels. - Radio France
Tous les habitants du Pays d'Olmes ne sont pas encore équipés de ces bacs individuels. © Radio France - Sarah Mansoura

Pour pallier ce manque de place, la mairie a pris les devants. Elle s'est accordée avec le Smectom pour que le ramassage se fasse désormais tous les jours de la semaine en centre-ville. La mairie engage aussi une concertation avec l'organisme pour équiper au maximum les habitants en containers individuels, et réfléchit à mettre des caméras pour dissuader les dépôts sauvages. Tout en appelant au civisme de chacun.

"Quand certains jouent hors-jeu, il faut un arbitre", assure Marc Sanchez, le maire de Lavelanet

Dépôts sauvages d'ordures : reportage de Sarah Mansoura à Lavelanet