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Société

Des allées de parcs porteront les noms des victimes de Mohamed Merah à Toulouse

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Par , France Bleu Occitanie, France Bleu

Après l'inauguration à Paris dimanche d'allées au nom des trois enfants tués par le terroriste à Toulouse en 2012, la Ville Rose s'apprête à baptiser plusieurs lieux des noms des sept victimes, civiles et militaires. Des allées de parcs ont été privilégiées à des rues habitées.

Hommage devant "l'arbre de vie" aux quatre victimes de l'école Ohr Torah à Toulouse.
Hommage devant "l'arbre de vie" aux quatre victimes de l'école Ohr Torah à Toulouse. © Radio France - Rémi Vallez

Toulouse, France

Toulouse s'apprête à son tour à baptiser des rues du nom des victimes de Mohamed Merah. Sept ans après les sept assassinats terroristes à Toulouse et Montauban, la Ville Rose doit le voter en conseil municipal le 14 juin prochain. France Bleu Occitanie vous révèle les emplacements choisis.

Il s'agira d'une allée centrale du jardin Michelet dans le quartier du Faubourg Bonnefoy à proximité de l'école Ohr Torah, qui portera les noms des quatre victimes civiles de l'école juive Ozar Hatorah : Jonathan Sandler et ses deux fils Arié et Gabriel Sandler, et la petite Myriam Monsonégo. Pour les trois militaires assassinées, trois allées du jardin du Palais Niel, porteront chacune le nom d'Imad Ibn Ziaten le seul soldat tué à Toulouse, Abel Chennouf et Mohamed Legouad abattus près de leur caserne à Montauban. Le Jardin Michelet est situé près de l'école Ohr Torah et Edmond Michelet était un "Juste Parmi les nations". La famille Monsonégo voulait une démarche collective, une allée pour les quatre victimes. Quant au jardin Niel, il s'agit d'un ancien site de l'Armée, pour les trois militaires. 

"Nous y songions depuis deux ans, il fallait trouver des endroits qui conviennent aux familles. On n'a pas voulu choisir des noms de rues habitées car il aurait fallu prendre des nouvelles voiries, donc dans des quartiers périphériques. Ça n'aurait pas eu de sens" — Jean-Michel Lattes, adjoint au maire et président de la Commission des noms de rue à Toulouse

Le jardin Michelet pour les quatre victimes civiles, le jardin Niel pour les trois victimes militaires. - Radio France
Le jardin Michelet pour les quatre victimes civiles, le jardin Niel pour les trois victimes militaires. © Radio France - Oanna Favennec

Peu de rues en France portent le nom d'une des sept victimes du terroriste toulousain

La démarche fait écho à l’inauguration à Paris dimanche de deux allées dans un square du XVIIe arrondissement, une au nom d'Arié et Gabriel Sandler, l'autre pour Myriam Monsonégo, les trois enfants assassinés par le terroriste. Consensus politique autour du sujet. À Toulouse, si la mairie affirme penser le projet depuis deux ans, c'est la demande du conseiller d'opposition François Briançon il y a quelques semaines qui a relancé le processus, avec l'accord du maire. "Il n'y a pas de course politique, ni de course entre villes pour savoir qui aura ses rues en premier. Toulouse a largement fait sa part de commémorations et cérémonies, à la Halle aux Grains et chaque année devant la plaque au square De-Gaulle", maintient le socialiste.

En France, des plaques, des stèles ont été posées çà et là pour commémorer la mémoire des victimes de Mohamed Merah. En revanche, peu de rues ont été baptisées du nom d'une ou de plusieurs victimes. On peut citer les initiatives de Woippy en Moselle avec une rue Imad-Ibn-Ziaten, une place Imad-Ibn-Ziaten à Sotteville en Normandie, ville d'origine du soldat ; un square Jonathan-Sandler à Versailles où la famille Sandler a des liens ; ou encore à Sarcelles, une place Sandler et Monsonégo.

La communauté juive de Toulouse voit plutôt la démarche d'un bon œil. "On rend hommage partout en France au Colonel Beltrame, je pense qu'il serait nécessaire de faire quelque chose pour les enfants morts ce 19 mars 2012, au moins. Nous avons l'obligation morale de nous souvenir", plaide Marc Friedman, porte-parole du CRIF en Occitanie et représentant des parents d’élèves de l'école Ozar Hatorah. "Je m'interroge sur la protection des mineurs, sur la mise en lumière à rebours des actes de barbarie. Faut-il une rue pour chaque victime du terrorisme, celles du Bataclan, celles de Nice, etc ?", se demande Simon Cohen, l'avocat des familles Sandler et Monsonégo. 

En 2015, quelques mois seulement après la tuerie à Charlie-Hebdo, Toulouse avait décidé de donner à une avenue du quartier Montaudran le nom de l'économiste haut-garonnais Bernard Maris. À Montauban où les deux militaires Abel Chennouf et Mohaled Legouad ont été tués, une stèle a été installée près du lieu du crime, non loin de leur caserne. Mais il n'existe pas de projet de baptême de rues à leurs noms.