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Société DOSSIER : Mouvement des "gilets jaunes"

Des associations dénoncent les "armes de guerre" utilisées par les forces de l'ordre dans les manifestations

mercredi 9 janvier 2019 à 0:19 Par Suzanne Shojaei, France Bleu Occitanie

Faut-il interdire les armes des forces de l'ordre pendant les manifestations ? La question se pose de nouveau avec le mouvement des gilets jaunes et ses nombreux blessés. Une conférence de presse s'est tenue ce mardi matin à Toulouse.

Photo d'illustration montrant un lanceur de balles de défense.
Photo d'illustration montrant un lanceur de balles de défense. © Maxppp - Jan Schmidt-Whitley/Le Pictorium

Toulouse, France

Ils sont de plus en plus à s'équiper pour manifester. Masques à gaz, casques, sérum physiologique et autres outils. Chaque samedi depuis près de neuf semaines, il y a des blessés des deux côtés, chez les manifestants et chez les CRS. Ce mardi, au tribunal correctionnel de Haute-Garonne, un gendarme a été condamné à de la prison avec sursis pour avoir lancé en 2014 une grenade de désencerclement dans une caravane, sur le site du projet de barrage de Sivens, dans le Tarn. Une zadiste avait failli perdre une main. Citoyens et associations profitent donc de cette actualité judiciaire pour relancer le débat, avec une conférence de presse qui s'est tenue ce mardi matin à Toulouse.

"Les soins de base ne sont plus suffisants" - Gabrielle, infirmière

Présente chaque samedi dans les manifestations toulousaines pour soigner les blessés, Gabrielle constate une escalade de la violence. "À Toulouse, il y a eu plusieurs blessures très graves qui ont entraîné des comas ou des hospitalisations longues. Il ne faut pas s'étonner du fait que les gens se préparent et s'équipent."

Équipé, Laurent ne l'était pas du tout lorsqu'il a été blessé en 2016. Cet aide-soignant manifestait à Paris contre la loi travail. "Il n'y avait aucun affrontement à ce moment-là. Lors d'un mouvement de CRS, une grenade de désencerclement a été lancée. Elle a explosé à mes pieds, en m'éclatant le globe oculaire droit."

Laurent a perdu un œil. "Je viens de sortir d'une deuxième opération et une troisième est à venir."

"Une grenade peut vous arracher la main." - Yann, du collectif Désarmons-les

Car ces armes sont considérées comme des "armes de guerre", selon certaines associations. "La grenade de désencerclement, par exemple, disperse des plots en caoutchouc à une vitesse de 471 km/h, explique Yann, l'un des membres du collectif Désarmons-les. Ces plots fondent avec la chaleur de l'explosion et s'enfoncent dans les chairs."

Yann rappelle que depuis le début du mouvement des gilets jaunes, quatre manifestants ont eu la main arrachée par une grenade GLI F4.

Les mauvais usages de ces armes

Les associations pointent également le non-respect de certaines règles d'usage. "Il faut faire rouler une grenade par terre et non la jeter, précise Yann. Hors, on constate que dans les manifestations, les forces de l'ordre ne respectent pas toujours les consignes d'utilisation."

Ces armes doivent également être utilisées en cas de légitime défense, lorsque les forces de l'ordre sont en grande difficulté. "Malheureusement, certaines armes sont utilisées de manière offensive."

Selon le décompte du collectif Désarmons-les, 53 personnes ont été gravement blessées par ces armes ces vingt dernières années en France. Ce chiffre augmente fortement ce dernier mois, avec le mouvement des gilets jaunes et 12 personnes éborgnées par des tirs de balles de défense.