Société

Les caméras dans les abattoirs : la mesure n'est pas prioritaire, il faudra attendre

Par Jacques Pons, France Bleu Pays Basque vendredi 13 janvier 2017 à 17:25

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Des caméras de surveillance installées dans les abattoirs. La proposition de loi a été adoptée jeudi par l'Assemblée Nationale mais ne sera pas appliquée.

Jeudi soir, l'Assemblée Nationale a donc adopté une proposition de loi portée par le député (divers gauche) Olivier Falorni. Les mesures préconisées surviennent à la suite de films choquants diffusés l'an dernier par l'association L214. On y voyait des bêtes à peine étourdies, accrochées vivantes à des crochets.

Certaines de ces images provenaient d'un des abattoirs du Pays Basque. Bref, la vision de cette vidéo avait alors suscité un choc dans l'opinion. Le gouvernement devait alors lancer un plan en faveur du bien-être animal.

Une mission parlementaire était alors constituée. Des députés dont Sylviane Alaux (6ème circonscription des Pyrénées-Atlantiques) effectuaient un tour de France des abattoirs pour tenter de mieux comprendre la situation faite aux animaux. La proposition adoptée jeudi à l'Assemblée Nationale est la conséquence de cette enquête. Elle impose des caméras de surveillance dans certaines parties des abattoirs.

Des caméras aux points stratégiques des abattoirs

Le principe : d'abord une phase d’expérimentation, puis à partir du 1er janvier 2018 des caméras dans tous les établissements. Des caméras installées à des endroits précis : "dans les lieux d'acheminement, d'hébergement, d'immobilisation, d'étourdissement, d'abattage et de mise à mort des animaux". Dans ce projet, les directions des abattoirs ne peuvent pas avoir d'accès aux images enregistrées. Les images sont uniquement réservées aux services vétérinaires de l’État. Seulement il y a un souci, et de taille ! Il n'est pas sûr que la proposition aille plus loin, en raison du calendrier parlementaire.

L'amertume de la député PS, Sylviane Alaux

La député PS de Saint-Jean-de-Luz Sylviane Alaux explique :"Vous savez que nos travaux parlementaires s'achèvent le 25 février. Qu'à l'heure actuelle on essaye de faire passer certains textes. Or, après coup, ce texte voté jeudi soir, a été estimé non prioritaire. Donc il faut avoir l’honnêteté intellectuelle de dire qu'avant la fin de la mandature le texte a peu de chance de faire son petit bonhomme de chemin et d'arriver jusqu'à une application stricte de la chambre."

La défenseure des animaux que je suis ne se satisfait pas de cette situation, c'est évident — Sylviane Alaux

L'amertume de la député PS, Sylviane Alaux

Sylviane Alaux, député PS de la 6ème circonscription des Pyrénées-Atlantiques, avait créé avec la député Geneviève Gaillard le groupe d’étude parlementaire sur la maltraitance animale.

Une chance sur deux que le texte aille plus loin

Contactée par nos soins, Geneviève Gaillard s'avoue, elle aussi, très pessimiste sur la mesure votée jeudi à l'Assemblée Nationale : "elle n'aura pas le temps de passer par le Sénat mais elle peut éventuellement être reprise au moment de la nouvelle législature".

Il y a une chance sur deux qu'elle reste en l'état. — Geneviève Gaillard, député PS des Deux-Sèvres

Peu d'espoir d'appliquer la mesure, selon la député Geneviève Gaillard