Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour

Des centaines de Tchétchènes défilent à Rennes et Strasbourg contre la stigmatisation de leur communauté

Des rassemblements ont eu lieu ce samedi 27 mars à Rennes et Strasbourg pour protester contre la stigmatisation de la communauté tchétchène. Les participants ont aussi honoré la mémoire d'un jeune tchétchène, tué par balle la semaine dernière.

Une marche blanche de la communauté tchétchène en hommage à Hamzat Labazanov, un jeune abattu par balle à Rennes (Ille-et-Vilaine), a eu lieu dans le quartier Cleunay, ce samedi 27 mars 2021.
Une marche blanche de la communauté tchétchène en hommage à Hamzat Labazanov, un jeune abattu par balle à Rennes (Ille-et-Vilaine), a eu lieu dans le quartier Cleunay, ce samedi 27 mars 2021. © Radio France - Evan Lebastard

"Nous sommes des réfugiés politiques qui avons laissé notre patrie pour vivre EN PAIX." Tel est le message de la communauté tchétchène, écrit sur une pancarte lors d'une manifestation ce samedi 27 mars. Car arrivés en France, certains Tchétchènes déplorent de devoir faire face à une forte stigmatisation. Deux rassemblements contre les préjugés ont donc eu lieu, l'un à Strasbourg, avec environ 150 personnes, l'autre à Rennes, avec 400 manifestants. Certains avaient fait le déplacement depuis l'autre bout de la France.

Cette stigmatisation est selon eux exacerbée ces derniers jours, après la mort d'un des leurs, Hamzat Labazanov, 23 ans, tué par balle le 17 mars à Rennes. Le rassemblement visait aussi à honorer sa mémoire.

Les membres de notre communauté meurent et c'est nous qui sommes accusés. - Magomed, membre de la communauté tchétchène

"On tire sur nous deux fois: la première fois pour nous tuer, la deuxième fois pour nous salir", a dénoncé Magomed, 30 ans, voisin du jeune homme. Deux hommes d'une vingtaine d'années, connus de la justice, ont été mis en examen pour meurtre en bande organisée et complicité et incarcérés. Le jour des faits, le procureur de Rennes Philippe Astruc a évoqué un "possible règlement de comptes sur fond de trafic de stupéfiants". "Dès qu'il se passe quelque chose avec un Tchétchène, on nous colle cette étiquette", a regretté Magomed. "Les membres de notre communauté meurent et c'est nous qui sommes accusés."

Une marche blanche de la communauté tchétchène en hommage à Hamzat Labazanov, un jeune abattu par balle à Rennes (Ille-et-Vilaine), a eu lieu dans le quartier Cleunay, ce samedi 27 mars 2021.
Une marche blanche de la communauté tchétchène en hommage à Hamzat Labazanov, un jeune abattu par balle à Rennes (Ille-et-Vilaine), a eu lieu dans le quartier Cleunay, ce samedi 27 mars 2021. © Radio France - Evan Lebastard

Les manifestants se sont rassemblés près de l'immeuble de la victime. Ils ont observé un temps de prière puis ont marché jusqu'au Carrefour City devant lequel il a été tué. Selon ses proches, Hamzat a été tué parce qu'il a voulu chasser des dealeurs du hall de son immeuble. Lue pendant le rassemblement, une résolution de l'association Paix et droits de l'homme a dénoncé les "informations erronées" et "accusations tendancieuses à l'encontre des réfugiés tchétchènes". Le père de la victime a appelé au calme et demandé aux plus jeunes de se tenir à distance des points de deal.

Des rassemblements pour combattre les préjugés

"Nous sommes nous-mêmes assimilés à des trafiquants. C'est quelque chose que nous ne comprenons pas", a dénoncé Chamil Albakov, porte-parole de l'Assemblée des Tchétchènes d'Europe. "Ce n'est pas parce que nous vivons dans des quartiers populaires que nous pouvons être dénigrés, ou que des jeunes peuvent être tués". 

"Nous demandons que l'origine tchétchène ne soit pas associée systématiquement à la criminalité. Dans les médias, le mot "Tchétchène" est systématiquement associé à la violence ou à la criminalité", a abondé l'avocat Zelimkhan Chavkhalov. Pour Ousman Artchakov, porte-parole de l’association Daymohk, "notre seule faute, c'est que nous ne cédons pas devant ces dealers".

Plusieurs associations ont adressé samedi une lettre ouverte au ministre de l'Intérieur. "Notre origine ne cesse d’être trainée dans la boue (...) Nous n’aurons de cesse de nous battre pour nos droits pour réfuter ces préjugés", écrivent-elles notamment.

Choix de la station

À venir dansDanssecondess