Société

Des commerçants du Territoire de Belfort mis en demeure d'enlever leurs panneaux publicitaires au bord des routes

Par Hugo Flotat-Talon et France Bleu, France Bleu Belfort-Montbéliard et France Bleu lundi 31 octobre 2016 à 3:51 Mis à jour le lundi 31 octobre 2016 à 7:57

Á Pérouse, les deux panneaux au bord de la rue principale vont devoir être démontés.
Á Pérouse, les deux panneaux au bord de la rue principale vont devoir être démontés. © Radio France - Hugo Flotat-Talon

Les panneaux publicitaires sont de notoriété publique aux bords des routes mais pourraient bientôt disparaître pour beaucoup d'entre eux. La direction départementale des Territoires à Belfort multiplient les mises en demeure auprès des commerçants. Avec des amendes salées si les panneaux demeurent.

Ils font partie du quotidien des habitants et des automobilistes du Nord Franche-Comté et de toute la France. Mais les panneaux publicitaires au bord des routes du Territoire de Belfort pourraient bientôt être moins nombreux. "Nous avons un agent qui s'occupe depuis peu de faire respecter la nouvelle réglementation", explique le directeur de la direction départementale des Territoires à Belfort, Jacques Bonigen. Depuis un mois et demi, cinq à six mises en demeure par semaine sont envoyées aux commerçants et société de publicité pour retirer des panneaux. "Les panneaux scellés au sol sont interdits dans les agglomérations de moins de 10.000 habitants ne faisant pas partie d'une unité urbaine de plus de 100.000 habitants", explique Jacques Bonigen.

"Le panneau était installé depuis 25 ans"

Pour beaucoup de commerçants, l'application de la réglementation est une surprise. "Ça fait 25 ans que le panneau était installé au bord de la route", raconte Eric Bretagne, le patron du Restaurant les Sapins. Il a reçu une mise en demeure de la préfecture de le retirer il y a quelques jours. "Ce n'est même pas à nous ce panneau, il y a encore le nom de l'ancienne propriétaire dessus", raconte incrédule le restaurateur. Reste qu'il était bien pratique pour les clients qui ne connaissent pas la maison. "On est un peu retiré du centre de la commune, ça donnait une indication aux gens qui venaient manger chez nous". Même surprise pour le dirigeant d'une casse automobile des environs. "Je n'ai jamais cru être hors la loi, un ami en retraite venait même de me refaire un panneau plus beau", explique le patron.

Plus de 200€ d'amende par jour de retard

A Delle, Damien Chiesa a déjà retiré son panneau. "Si on ne le démonte pas sous 15 jours quand on reçoit la lettre, l'amende est d'un peu plus de 200€ par jour de retard. Ca fait cher la communication, il faut trouver d'autres moyens", ironise le commerçant qui exploite une société de pompes funèbres depuis l'an dernier. "Il y a d'autres moyens, sur Internet notamment, mais là ça permettait d'être vu par les passants nombreux et pour un jeune entrepreneur comme moi c'est encore plus important", explique Damien Chiesa. "Les commerçants peuvent mettre d'autres panneaux, mais en respectant des règles, on peut les aider éventuellement s'ils veulent des conseils", conclue Jacques Bonigen.

Les commerçants qui ne retirent pas les panneaux risquent jusqu'à 202.85€ d'amende par jour de retard. - Radio France
Les commerçants qui ne retirent pas les panneaux risquent jusqu'à 202.85€ d'amende par jour de retard. © Radio France - Hugo Flotat-Talon

Une amende de 200 euros par jour

"Chaque commerçant concerné à déjà enlevé son panneau" explique Christine Belon, fleuriste et présidente de l'association des commerçants de Delle-Joncherey-Grandvillars. En même temps, ils n'ont pas trop le choix selon elle, puisque chaque commerce qui maintient sa publicité au sol, risque une amende de 200 euros par jour. Pour elle, l'argument de la "pollution visuelle" n'est pas valable et ce sont les petites entreprises et les nouveaux commerces, peu connus qui vont en payer le prix. "Aujourd'hui, on a besoin de communiquer. Les gens ont une mémoire visuelle. Quand vous ne connaissez pas le nom d'un commerçant, comment le trouver s'il n'y a pas de panneaux dans la ville ?" s'interroge la fleuriste.

Christine Belon, présidente de l'association des commerçants de Delle-Joncherey-Grandvillars : "Les commerçants ont besoin de ces panneaux publicitaires"

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